SUH THOMAS BROWN. XXVII
Brown croyait-il donc , comme Charles Bonnet , à une ascension graduelle dans 1 échelle des êtres, au passage successif d'un règne dans un autre et au perfectionnement indéfini de toutes les espèces ? On serait tenté de le supposer.
Nous pouvons déjà nous faire une idée des talents naturels de Brown : activité d'esprit, rapidité de conception, imagination vive, sensibilité délicate, noblesse du cœur, rien ne lui manquait. Que l'on joigne à tout cela une mémoire prodigieuse , et l'on comprendra quelle puissance devaient ajouter à ces facultés natives une application constante et une étude infatigable. Aussi sa vaste intelligence a-t-elle embrassé le cercle entier des connaissances humaines : sciences naturelles, médecine, droit, histoire, économie politique, arts et belles-lettres, tout lui était familier.
Il avait profondément étudié la méthode philosophique : la théorie dans Descartes et Bacon, la pratique dans Mallebranche et Locke. 11 connaissait dans tous leurs détails les doctrines de Condillac, de Destutt de Tracy surtout et peut-être même de Laromiguière; l'on peut affirmer, sans crainte de se tromper, que la philosophie française lui était beaucoup mieux connue que celle de son propre pays.
Si la connaissance des modernes est une préparation suffisante à l'étude de la philosophie, Brown pouvait s'approcher du sanctuaire, car il la possédait à fond; mais il faut dire aussi qu'il n'allait pas beaucoup au delà, rai il ne paraît pas avoir fait une étude bien approfondie des systèmes de l'anti-