SUR THOMAS RHOWN. XXXI
et de philosophie à l'Université de Saint -Andrews. « Thomas Brown , dit-il , porta dans l'étude des phénomènes intellectuels une finesse et une subtilité dont on ne trouve peut-être point d'exemple dans toute l'histoire de la philosophie. Quelques-unes de ses dissertations psychologiques sont des chefs-d'œuvre d'analyse. Mais il se soucie fort peu des opinions de ses prédécesseurs ; aussi ne s'est-il jamais arrêté pour se demander à lui-même si une vérité qu'il paraît avoir découverte ne pourrait pas être en contradiction avec quelque autre point de doctrine sur lequel il s'était déjà prononcé avec la même confiance. Malgré sa prodigieuse sagacité , son génie manque entièrement d'étendue. Il a été prouvé aussi que, dans ses recherches précipitées , il s'était mépris sur le véritable état des questions métaphysiques les plus importantes. De plus, la doctrine qu'il emprunte à des écrivains antérieurs , et qui sert de clef de voûte à son système symétrique de psychologie , savoir : (que tous les phénomènes intellectuels ne sont que des modes variés d'association ou de suggestion), est une doctrine dont il ne serait point téméraire de dire qu'au lieu de résoudre les difficultés , elle les élude simplement. Son style, quoique dénué de vigueur et laissant à désirer sous le rapport du goût, ne manque cependant ni de couleur ni de vivacité. Ses leçons sont en général d'une lecture facile et pleine d'intérêt. Il est probable que jamais ouvrages de psychologie ne furent si populaires (I). »
(\) The history of english littérature , bij William Spalding. I vol., Edimburg, 1853, pag. 394.