XXX NOTICE B10GBA.PH1QUE
Cet ouvrage que Welsh venait de lire, et qu'il cessait dès lors d'admirer, était un ouvrage allemand; l'anecdote ne dit ni de qui, ni lequel, mais elle prouve au moins que Brown n'avait l'habitude de se laisser séduire ni par la pompe du style, ni par la grandeur apparente des idées dans un ouvrage de quelque part qu'il vînt.
De tous les philosophes de sa nation , Brown fut le plus populaire ; sa doctrine se répandit rapidement. en Ecosse, dans les autres parties de la Grande- Bretagne et jusqu'en Amérique, où un abrégé de ses leçons sert de base à l'enseignement dans presque toutes les écoles.
Depuis, l'opinion a eu ses retours. On a réclamé contre cette immense réputation; on a contesté ses découvertes et même sa probité d'écrivain. La réaction, dirigée surtout par William Hamilton, a été si loin, qu'on a enfin refusé à Brown des facultés qu'il possédait à un degré éminent, et qu'on a nié lesprogrès qu'il a fait faire à la science.
De toutes les qualités du métaphysicien , il en est une pourtant que ses adversaires eux-mêmes n'ont jamais osé lui disputer; c'est la plus importante peut-être dans un philosophe : je veux dire son incomparable talent d'analyse.
A l'appui de cette assertion, nous citerons un passage qui contient en même temps les principaux chefs d'accusation contre notre auteur. Ce morceau ne peut être suspect, car il est d'un partisan et d'un admirateur de W. Hamilton , de William Spalding, professeur de rhétorique