FACULTÉS INTELLECTUELLES
CONSGIENGE.
1 1 . Les choses présentes et iiiternes sont les seules dont nous ayons conscience ; les opérations de notre âme sont accompagnées d'un sentiment intérieur que nous appelons conscience (3).
12. Fixer l'attention de l'esprit sur ses pensées, ses affections et ses autres opérations , lorsqu'elles sont pré^ sentes, ou que leur trace est encore récente dans la mémoire , c'est faire un acte de réflexion (4).
13. La conscience a pour objet nos peines présentes, nos plaisirs, nos espérances, nos craintes, nos. désirs,
(1) T. V,p. II. (3) T. m, p. 25 et 48-9.
(2) T.in,p.84-88;tVl,p.383-8. (4) T. HI, j^. 4j>>. .
8 çsijfsQmm.
Ws àmM^i nop pB^séi» iJe Aomt g^nte, m^^ mot , imx^ss^ kn^ j p^âiops , jbwte^ ,1^ flctJkMisi, ton; tç» Jes rppé-
" *14, lia réflexfon 'ê^t la seiile'yoiè^ ^iii nous ^onné.Ies notions de raisonnement, de ][>réniis6eà , dé côilclusion , de âyll6^^me,'d'enthjmtoie, de sorite, de démoinstratioQ , dëpâralogisme et; autres! semb}8â>lei3 (à^) .
•SffiMSAnnON.'
1 5. JS\ f ODgane de Itculorat » ni Iç ^nilieii par lequel )e^)Gorpls ad&cte cet joigne v 3^ duoan dès ^m^oiaiir^eiits qui; peu vent iéti|t excités ;jolaùs la %neiahrane pituitaice (MBvdans^les nài&ouclanâ les esppitsiânflaïaiiXf ne ressemble en aucune manière i^ la >sensa(ti6ndVMleuPy et cette sensation considérée en elle-même ne nous aurait jamais condui|jt:^jS<^gj^j^iL-|ie;s^ ani-
maux , et à. l'émission des particules odorantes. Supposons un homme qui éprouve tout à coup une sensation d'odeur , .en flairant une rose ; il se sent affecté d'une manière nouvelle, mais il ignore à quelle occasion, et par quéll^ cause. Ainsi ému^ il ressemble à une perisonné qiii éprouvé une peine où un plaisir dont elle n'a jamais eu Tidée , et qui sait seulement qu^eUe ne s'est pas "doniïé à eHe-même cette sensation désagréaUe ou flatteuse : elle h!en peut condlurè autre cfiosë siiioii que cet état a une cause et que cette causé lui est inconnue. On ne peut pas pfl us attribuer une pilàce à 'la sensation d^'odèur qfu^à là jpte ou à la tristesse, isi supposer ijue cetiê> sensation^ eontimce d^exist^ hrsqtûeUe cesse cCétre sentie , elle n'est donc pour nous qu'une affec-
(1) T. V. p. gè-97. ' ' • (a) T. V, p. 205.
tion simple et spédale de notr£ esprit , qjue nous ne poumiis îeiipUqaer nLrappàrter à «a cause. Il nous parai|; iimpoJBsîbie en eSet quB i cette affiicition ^existe dans ùn.co^s: c'est une sensation , et unesensaticm nepeut exister que idàns un sujet^ntant (i).
' 16. Je puis peiisét il f odeur de rose sans la sentir ad;uenement , et il est très-pos^Ie que lorsque je penÀe à cette odeur il n'y ait ni i^ose ni odeur de rosé , à dix lieues à la ronde. Mais lorsque j'éprouve la sensation , je jsiju^ iiéog^saireinont déterminé à eroir^ que cette $&i^fiLtim,%^y^. C'est ;ua fait commun à toutes les sesir sa|î<;»»^y que <^Qmme eUes ne pèUi^ent /exister sans éêre piRTçaes 9 de même e^les ne peuvent être perçues sans e^çfVi^/*. ..y iU^ë sensation telle que Todeur , par exemple, peji^ae prés^^Mter ^ Tfisprît sous trois formes. diffiésreates : op ipeuf Vj^prouver ; pn.peut se la Tsq[^Mler o^ â'eiçL soui* yç^r^ on p^ut rimagîner ou en avoir la ^conception. j[)ap9 le premier cas iètie i^t néoessaîrement acoonou pagnée dans notre esprit de' la persuasion de son «xôs? tence actuelle , dans le second, de la persuasion de son existence passée, dans le troisième, elle n'est accompagnée d'aucune croyance relative à son existence : elle est précisément ce que les logiciens appellent une simple appréhension (3}.
1 7. Je sens qu'il y a une diflFérence spécifique entre la sensation et la mémoire , et une autre entre ces deux opérations Qt Timaginatipu. Je trouve encore que la sensatip|[i atteste C existence actuelle de H odeur (3).
\ 8. Nous avons iconsidéf*^ l'p4eur conanje unç ^ensatipp pu.^ne ipapressiof^ éprp^vée par l'esprjity et c'est
(0 T. Il, p.4i-a, et p. 317. (3) T. 11, p. 46.
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THOMAS REIB
12 S^SATiQir.
; ^4. La sensation ne; peut donner ridée,.m de lé^ tendue , ni de la figure , ni de l'espace , ni dû mou^ençi,çnt(i). l . . ., ' -. '■-. f' <: ;. v; -
25. Aucui^ de nos sensations ne ressemble k aur^ Qiane^des- qualités du oorps; Ël^es sosit 1 seulement les signesj^esvqualiliés 'réelks quiexistent dans lèi^ covp8(s).
26. Leà sensations du toûcHerVdelà vi|ë , dè'fôiue, sdiit toutes dans Tesprit , et ne peiivent avôir^ d'exis-^ tence qu'au moment même où elles sont perçùés(3).
27. Pourquoi per^evons-^nQvis.les pbjpts visililes dans ]a direction 4?^ lignes 4^oi^Sy pçrp^i}4i^ulaires à la ps^rtie de la, rétine ^ur ^.aqqelle toin|>ent )es i^fiyons, taijidi^ que nqu^ xie p^r^evqps jpjpint.les pbj^t^ de l'ouïe di^ns la directj^pn des Jj^nes pfirpqndicql^^ k 1? papin- ][>rsine du.tympap ,,sqr l^quellfs agissent les vibrations de l'air ? C'est en vertu des lois de notre natuire (4).
.28.' Comment çppni^issoti^^oys que pertaii^es paires de notre <H>ipâ sout le ^iége de qertaibies dp^l^^i^i? Qe p'ei^t ijii par}e9:périenc^^ ni par j^^isonnepaen^ ^> mais.par la oonstitu tion, de not^e étire< I^ ^^en^tiom de la doûleur f^ inooi^testableinent dsuois llesprit, €tt on i^e.peut.pas dime qu'elle ait, de sa nature^ aucune relation avj^Jla partie affectée (5).
'|29. La douleur est une sensation désagréable; quand elle n'est pas sentie elle n'existe pas. ;Ge que aojas avons dit de la douleur s'applique à) toutes Jes stasatioBS : qoelquefr-unes sont désa^éaUes, id'aulrés agréables à ^fiiëvents <kgrés.; mail^/^eattcoi^jp sontinr
fi) T. II, p. 116-119. C4) T. II, p. 227.
(a) T. II, p. 16^*171. (5) T. II, p. î^;»7.
(3) T. II, p. m6. : .
SEWSàmO^.
difféiiWtes yit^ T^o^fi ies reii^arc|ùonB: si peu qu'elles ne «ont QomiAéeBr'dQns aucune lan^ue('i).
3tK Si je pàsfi(6 régèréméiit les maiîis sur lïne table, jte* sèlûb qtfelle est/ polie, qu'elle est diirè, qu'elle est fluide; ce sont déêf qfualitiés de la table i|ué \e perçois pàrlè^ tèuClieV, ittais je les jièi^bis à la suite d'aune senâatibiiqiii léë iù'diqtie. ôôMiïiè cette sensfïi'tiôn nest par dôiiibliWùsè , jfe Bi*y fais pas atkëiitîbn ; elle desigbé à' ma peiiSéigkà cftidâe qii^eile signifie , puis je l'oublie, et elle est pour moi comme si elle n^avàit^ pas étë^lnais en répéWùHV ^^êtï^iùt^ et éiï^détoùriiant'ition attemiOtt dés (jUdtités dàrif elle' e^t' k'si^ y je puis 1â rëinar^iier, eV-albrs elte lift; sèiîiblè^aûs^i di^tinctfedè là diin^té^, db poli , dë'te't(smp(érâti>rë, <(ué dads le càs'ôÙ elte'éSt^^ck^ldllfétîl^Â..' Lés^ sèhsatiùitïis iridiffefèhtÉb sonrhs j^ùi nofnbr^Usé^ {pi).
3f . Xà sensation est Pacte ou, si' Ton veut, le seut^^ ment d^un être sensible ; la âgure., la divisibilité', la solidité , ne sont ni des actes ni dés sentiments. La sensation à pour sujet nécessaire un être sentant ; car une. sensation non sentie serait une absurdité. La figure et la divisibilité supposent un sujet figuré et divisible, mais non pas un sujet seiitinil>0).
,32. Dans la perc^tion des qualités primaires , la sensation conduit immédiatement la pensée à la qualité dont elle est le signe, et à l'instant nous Toublipns ; aussi ést-elle à peu près pour nous comme si elleu'était pas sentie. Cfèst le cas dé toutes les sensations qui àccompagîiént 1^ perceptions des qualités primaires; nous ne leâ remarquons que lorsqu'elles sont assez pé^
(i) T. m, p. 42.5. (3) T. III, p. 2;6.
(2) T. m, p. 265-ÎI68. ■
l4 ' SENSATIOV.
nibles ou assez agréables pour attirer notre atteûtion. Si nous touchons doucement au corps, il nous est très* difficile d'imaginer que nous ayons senti autre chose qu'un corps dur, tant nous avons de peine à remarquer les sensations qui appartiennent aux qualités primaires, quand elles ne sont ni agréables ni pénibles. Dans ce cas Tintelligence passe rapidement à l'objet , et la sensation réduite à Injonction de signe j s'évanouit aussitôt qu'elle a rempli le ministère que la nature lui avait assigné (i).
33. Nous disons que nous sentons le mal de tête , et non pas que nous le percevons ; que nous percevons la couleur et non pas que nous la sentons. Dans les deux cas , il y a sensation et perception ; mais dans le premier cas, c'est la sensation qui fixe notre attention, parce qu'elle est douloureuse; dans le second, c'est la
perception , parce que la sensation est indifférente
Quoique tous le^ philosophes conviennent que daris la vue dune couleur il y. a sensation , il n'est pas faàle de le persuader au vulgaire, lorsque la couleur n'est pas trop forte , la lumière pas trop vive , et l'œil bien portant (2).