‹ Critique de la philosophie de Thomas ReidChapitre 23 sur 56 · INSTINCTS · texte numérisé non relu

INSTINCTS

181. La respiration , la succion , la déglutition, le cri, l'effroi de la solitude, burtout dans les ténèbres ; le tressaillement au moment de la chute , Tappréhension d'une figure sévère ou d'un ton de voix menaçant, et le plaisir à l'aspect d'un air de bonté et au son d'une voix douce et caressante sont des instincts (i).

1^82. La nature a départi à certains animaux divers instincts propres à leurs besoins : l'usage naturel de leurs armes de défense, la construction du nid et le choix du gite ; le tissage des toiles et des cocons , la formation des magasins , la construction des ruches , des maisons et des écluses (2).

183. Instincts propres à l'homme, qui survivent à l'enfance : le mouvement qui suit la volonté , mais dont nous ignorons la cause prochaine, et qui, en conséquence , est attribué à l'instinct ; le mouvement des paupières; le mouvement pour recouvrer l'équilible; l'acte de fermer les yeux, quand un objet les menace, exemple dans lequel l'instinct lutte contre la volonté (3); le mouvement instinctif et parallèle des yeux en variant un peu leur inclinaison pour faire tomber les deux axes visuels surl'objetque nous regardons (4) ; le mouvement des muscles qui élèvent et qui abaissent les paupières , et qui modifient la conformation de l'œil pour l'accommodera la distance variable des objets (5).

(1) T VI, p 910 (4) T. II, p. aoV8 et 273-74.

(a) T. VI, p II. (5) T. II, p. ao7.

(3) T VI, p i5-Î8.

1 84. Le penchant à Timitation est en partie , sinon tout à Tait, instinctif. L'imitation parle ciseau , le pin-ceau, la prose, la poésie, la pantomime, est Feffet de notre volonté; elle n'est pas instinctive; mais nous imitons les personnes qui vivent avec nous, sans qu'il j ait de notre part ni désir, ni volonté d'imiter, et nous reproduisons leur ton, leur accent, leurs locutions, leur bégaienient et leurs gestes ( i ).

185. Ce ne sont pas les paroles de témoin qui déterminent les enfants à croire, c'est sa croyance; leur croyance se règle sur la sienne; s'ildoute^ ils doutent de même; s'il est assuré, ils partagent son assurance (2).

1 86. La croyance à la stabilité de la nature est aussi un instinct (3).

1 87. Nous avons un penchant naturel à dire la vérité. Ce principe agit sur les plus menteurs, car pour une fois qu'ils mentent, ils disent cent fois la vérité..,. Sans cet instinct, aucune connexion n'aurait pu être établie entre tel mot et telle pensée (4).

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