X. DE LA THÉORIE Dl) lUGElffiKT
Cest surtout dans la théorie du jugement que nous aurons à déplorer la n^rche incertaine de notre philosophe. C'est un voyageur qui se perd dans les ronces et les taillis, et qui ne s'élève jamais assez haut pour embrasser d'un coup d'oeil le pays tout entier.
On entend par jugement, soit l'acte de connaître une réalité ou seulement d'y croire, soit le fait de saisir un rapport entre deux ou plusieurs objets^ Dans ce double sens , le jugement est un acte primitif de l'esprit. La perception, la mémoire, jugent et ne peuvent agir sans juger : il ne peut y avoir perception sans connaissance de la réalité perçue , ou sans jugement que cette réalité existe ; il ne peut y £|voir mémoire sans connaissance de Vacte passé , ou sans jugement que. cet acte a existé; en d'autres termes, le nom de jugement n'est qu'un titre commun qui convient aux actes de toutes les facultés intellectuelles primitives , par opposition aux actes ultérieurs de la conception , qui démembre tes jugements primitifs, qui nous permet de penser au mode sans penser à ^VèXxe , ou à l'être sans penser au mode, qui transforma le concret en abstrait, et produit