‹ Critique de la philosophie de Thomas ReidChapitre 51 sur 56 · XIX. DES PRINCIPES RATIONNELS · texte numérisé non relu

XIX. DES PRINCIPES RATIONNELS

Il ne nous reste plus qu'à nous prononcer sur les principes rationnels. Nous admettons que l'homme est plus occupé , que les animaux , du soin de l'intérêt bien entendu [244] î ïw^iîs nous ne voyons ici qu'une différence de degré, et non une différence de nature. L'art de l'intérêt bien entendu consiste à négliger les minces plaisirs qui pourraient nous détourner de notre route , et à nous réserver pour un plaisir plus éloigné , mais plus solide et plus durable. Les animaux font tous les jours ce calcul , quoique d'une manière un peu moins étendue que les hommes. Le chien d'arrêt qui y au lieu d'obéir à son instinct , reste devant le gibier , le pas suspendu , la tête en arrière , suit son intérêt bien entendu. Reid nous parle lui-même d'un singe qui , après avoir été enivré, s'était fait une brûlure, et refusa désormais de boire autre chose que de l'eau [248]. Nous devons à un ingénieux observateur des animaux cette charmante peinture : « Un loup qui chasse sait par expé- M rience que le vent apporte à son odorat les émana- » tions du corps des animaux qu'il recherche; il va » donc toujours le nez au vent ; il apprend de plus à n juger , par le sentiment du même organe , si la bête » est éloignée ou prochaine; si elle est éloignée ou )) fuyante. D'après cette œnnaissance, il règle sa mar- » chë ; il va à pas de loup pour la surprendre , ou re-

(I) Voyez pins haut page 98.

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