DES PRINCIPES RATIONNELS. III
» double de vitesse pour latteindre. Il rencontre sur » sa route des mulots , des grenouilles et d autres petits » animaux dont il s'est mille fois nourri ; mais, quoi* )> que déjà pressé par la faim , il néglige cette nourri* » ture présente et facile , parce qu'il sait qu'il trouvera » dans la chair d'un cerf ou d'un daim un repas plus » ample et plus exquis (i). » Le soin de l'intérêt bien entendu n'est pas autre chose chez l'homme. Nous nous posons pour but un avantage supérieure tous ceux que nous trouvons sur notre route , et nous méprisons en passant les proies faciles et petites , pour nous assurer à la fin un butin plus ample ou mieux choisi.
De plus , ce soin de l'intérêt n'est pas le résultat d'une faculté spéciale. Il se forme de la comparaison de nos plaisirs ^ c'est-à-dire de la conscience, de la mémoire et d'un peu de résolution pour nous réserver au plus grand oii au plus durable de ces plaisirs. Ce n'est donc pas un principe spécial de notre organisation.
Quant au principe rationnel ou au sens du devoir , je ne connais pas de plus savante ni de plus claire exposition que celle de notre auteur sur ce sujet, mais Reid convient lui-même que cette faculté est intellectuelle; elle devait donc figurer parmi les facultés de riutelligence. Le besoin de la placer ou de la reproduire ailleurs devait aveftir ce philosophe qu'il s'était arrêté à un mauvais système de division.