ODORAT
65. L'odeur peut être assimilée à la joie ou à }a tristesse : on ne peut lui assigner de plaoe, ni supposer qu'elle existe, lorsqu'elle cesse d'être sen^e ; ce n'est donc qu'une affection simple et spéciale de l'esprit qu'il né peut raj^rter à sa cause , et dont il sait seulein^it qu'elle a une cause inconnue (â).
QOUT.
66. L'organe de ce sens garde Tentrée du canal ali-t mentaire, comme l'oigne de l'odorat garde l'entrée du canal de la respiration. La position de ces deux ^ens fait que tout ce qui passe dans l'estomac subit un examen scrupuleux de leur part^ et il est évident que la nature, en leur donnant ce poste, les chargea de di$tinguer les aliments sains d'avec les aliments vicieux. I^^ brutes n'ont pas d'autres guides pour le choix de leur nourriture , et si l'homme était dans l'état sauvage , il n'en connaîtrait pas d'autres (3).
67. Les saveurs qui affectent notre palais sont agréa* blés, désagréables ou indifférentes (4)*
QUÂirrÉS PRIMAIRES ET QUALITÉS SECONDAIRES.
68. Nos sens nous donnent une notion directe et distincte des qualités primaires ^ et nous apprennent en quoi elles consistent ; la notion qu'ils nous fournissent
(ai) T. II, p. 4a (4) T. V, p. 253-364,
QUALITÉS PRIMAIRES £T QUALITÉS S£(lbNDAIR£S. 3t3
des qualités secondaires est obscure et relative ; ils nous apprennent que ces quali^éa produisent en nous certaines sensations. Mais que sont-ellea en ellesmênfies ( i )?
69. lies qualit!^$ primaires ne spnt ni 4?^ $eiisations, ni rien qui ressemble à des sensations. Lia sensation est Yaçie ou si Ton veut )e sentiment d'un ^trq sensi-^ ble; la figure , la divisibilité , la solidité, ne fiiont ni des actes ni des sentiments (2).
70. Les sensations produites par les qualités secondaires ne ressemblent pas à ces qualités. Les vibrations d'un corps sonore n'ont aucune ressemblance avec le son (3).
71 . Les qualités primaires sont l'objet des sciences mathématiques; il n'en est pas ainsi des qualités secondaires (4).
72. La qualité secondaire et la sensation qui nous la révèle ne reçoivent qu'un seul et même nom et nous sommes portés à les confondre. Dans la perception des qualités primaires^ la sensation conduit immédiatement la pensée à la qualité dont elle est le signe. Si vous pressez fortement un corps acéré, vous éprouvez de la douleur^ et vous vous persuadez facilement que cette douleur est uiie sensation qui ne ressemble pas au corps qui la cause ; vous percevez en même temps la forme aiguë, et vous n'attribuez pas cette qualité à votre ème(5).