VOLONTÉ
rien produire. Si l'on entend par le motif le plus fort celui auquel on cède avec le plus de plaisir et l'on résiste avec le plus de peine , nous disons que le motif le plus fort ne prévaut pas toujours (i).
177. Les preuves de la liberté sont : 1° la conviction que nous avons de son existence; 2° la responsabilité de nos actions; 3° les desseins que nous poursuivons par une longue série de moyens calculés pour arriver à notrefin (2).
178. Dans le sens rigoureux et philosophique des mots, les actions d'un homme sont celles qu'il a préalablement conçues et voulues : tel est le sens dans lequel nous employons ce terme en morale; mais quand il n'est pas question d'imputation morale, le mot prend une acception plus étendue, et nous appelons actions de l'homme beaucoup d'actes qu'il n'a préalablement ni connus ni voulus... C'est dans ce sens populaire que nous entendons par principe d'action tout ce qui nous excite à agir (3).
179. Nous appelons mécaniques les principes d'action qui ne supposent ni attention, ni délibération , ni voloni-é; animaux , ceux qui sont communs à l'homme et à la brute; rationnels , ceux qui appartiennent en propre à l'homme en tant qu<; créature raisonnable (4).
l'HIM IPES Ml' IN1QI E8.
180. On peut réduire les principes mécaniques d'action a deux espèces : les instincts et les habitudes;
(i)T. VI. p. J17-.M. (3) T. \ I p H
1 T. VI p. i3Ç-58. j)T. VI p. g
PRINCIPES D'ACTION. /\>j
l'instinct est une impulsion naturelle et aveugle qui nous porte à certaines actions sans que nous ayons de but devant les yeux, sans délibération, et très-souvent sans que nous ayons aucune idée de ce que nous faisons.