‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 35 sur 60 · IV. DE LA SENSATION , DE LA PERCEPTION ET DE LA CROYANCE · texte numérisé non relu

IV. DE LA SENSATION , DE LA PERCEPTION ET DE LA CROYANCE

La même mollesse de méthode a énervé dans les mains de Reid sa fameuse théorie de la perception extérieure. Sensation, perception, conception, croyance , tels sont les mots qui apparaissent dans cette théorie , s'affirmant et se niant les uns les autres , se présentant tous ensemble ou se succédant tour à tour, et s'évanouissant l'un après l'autre. La sensation , nous dit l'auteur, est nécessairement sentie ; une sensation qui n'est pas sentie, n'existe pas [ i5, 16, 26, 3i ] , et plus loin il ajoute : le plus grand nombre des sensations sont indifférentes [29, 3o, 3 1]. Si , par sensation sentie, Reid entend le plaisir ou la peine , ce phénomène devrait cesser de figurer parmi les faits intellectuels. Mais, d'une autre part, qu'est-ce que la sensation indifférente, qui n'est ni peine ni plaisir, et qui cependant est le signe au moyen duquel la qualité de l'objet tombe sous la prise de la perception [21, 25, 3i ]?

La perception est d'abord posée comme parfaitement distincte de la conception : le mot percevoir, estil dit, ne s'applique jamais aux choses de l'existence desquelles nous n'avons pas la pleine conviction , et la perception se distingue par là de la conception [36, 37]. Mais bientôt la perception contient elle-même la conception et forme avec celle-ci un phénomène indivisible. « Il y a dans la perception trois choses : i° quelque conception ou notion de l'objet perçu ; 20 une

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