‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 37 sur 60 · VI. DES LOIS DE LA PERCEPTION · texte numérisé non relu

VI. DES LOIS DE LA PERCEPTION

Je toucherai encore deux points dans la théorie de la perception : i° l'énumération des lois de cette faculté ; 2° la distinction des perceptions naturelles et des perceptions acquises.

La première loi de la perception, suivant Reid, c'est que si l'objet n'est pas en contact avec l'organe, un milieu est nécessaire pour les mettre en communication; ainsi les rayons de la lumière, la vibration de l'air et les émanations odorantes , sont des intermédiaires indispensables entre l'objet et l'organe [40]. Mais dans la perception de la vue et de l'odorat, les rayons de la lumière et les émanations odorantes sont les objets mêmes de la perception , et non des intermédiaires. Quant a u*x vibrations de l'air, elles ne sont pas perçues par l'ouïe , et elles ne lui font percevoir aucun autre objet que le son lui-même, car l'ouïe ne perçoit pas l'instrument, mais seulement le son , et elle ignore d'où le son émane.

Il faut, ajoute l'auteur, que l'impression produite sur l'organe se propage jusqu'au cerveau. Cette nécessité n'est pas prouvée. Des raisons tirées de l'organologie comparée feraient plutôt admettre que l'impression sur les nerfs est l'occasion de la perception , et que l'impression sur le cerveau détermine la conception ou le souvenir. Enfin, dit-il , l'impression est suivie de la sensation, et la sensation , suivie de la perception. Mais Reid a varié lui même sur ce sujet , et il a dit

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