‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 41 sur 60 · VIII. DES ERREURS REPROCHÉES A NOS SENS · texte numérisé non relu

VIII. DES ERREURS REPROCHÉES A NOS SENS

Reid a démêlé avec une adresse merveilleuse les perceptions propres à chacun de nos sens, et il a démontré par là qu'aucun d'eux ne nous trompe [46-49]. Je regrette qu'il ait fait une dernière concession au préjugé qui les condamne, en accordant qu'une classe des erreurs qu'on leur reproche mérite véritablement ce nom [5o]. Gomme la perception résulte du concours de la cause extérieure et de l'organe , elle est toujours ce qu'elle doit être. Lorsque l'axe visuel de l'œil est dérangé, il y a vraiment pour nous deux étendues de couleur, quoiqu'il n'y ait qu'une seule étendue tangible. Lorsque, par l'effet d'une maladie, la bile est mêlée dans les humeurs de l'œil , la couleur jaune que voit le malade existe bien réellement devant sa rétine et sa vue ne le trompe pas. La cause de l'erreur est l'induction qui fait croire que cette couleur vient des corps tangibles; mais la vue est chargée de montrer la couleur et non pas d'en indiquer la source. Ainsi encore, les couleurs qu'on aperçoit, en pressant le globe de l'œil , n'existent pas seulement dans l'imagination ; C€ sont bien des objets de perception et d'une percep-

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