‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 43 sur 60 · DK LA MEMOIRI-;, DE LA CONCEPTION, ETC. OH · texte numérisé non relu

DK LA MEMOIRI-;, DE LA CONCEPTION, ETC. OH

qui ont voulu éelaircir ce mystère [77] : c'est un fait indécomposable qui constitue précisément la différence de la mémoire et de la perception. L'acte de la mémoire est le jugement de reconnaissance : j'ai connu , j'ai fait , etc. L'acte de la conception peut n'être pas accompagné de ce qu'on appelle la mémoire ou le jugement de reconnaissance , comme dans les plagiats involontaires. Voilà pourquoi Reid a fait avec raison deux facultés de la mémoire et de la conception. Une description qui se recommande autant par la sûreté du coup d'œil philosophique , que par l'éclat de l'imagination littéraire, nous montre la chaîne qui lie nos conceptions et les fait passer tour à tour dans notre esprit, soit sous la forme austère dune série de conséquences logiques, soit sous l'apparence plus riante des images de l'éloquence et de la poésie [84]. Reid prononce que la conception peut former des combinaisons nouvelles, mais qu'elle ne saurait introduire dans ses ouvrages un seul élément de sa création. J'accepte cet arrêt pour l'imagination poétique et oratoire, mais je doute qu'il s'applique à l'imagination du géomètre, du peintre et du musicien.

Comment un philosophe si clairvoyant et d'un esprit si judicieux , après avoir reconnu que l'abstraction est la nature même de la conception [79 , 83 , 86 , 9 1 , 93, 96], a-t-il posé la conception et l'abstraction comme deux facultés différentes, et en a-t-il traité en deux essais séparés? L'identité des détails et souvent des mots mêmes , employés dans ces deux essais, auraient dû l'avertir qu'il était là sur un seul et même terrain. Quoi qu'on enait dit , Reid n'était pas maître de la vraie méthode qui préside aux sciences d'explication. Après avoir recueilli les observations les plus instructives , et s'être fait, suivant l'un

Page 1