DU CONCEPT DU SOUVERAIN BIEN
considérée ou comme analytique (conDexion logique) d'après la loi de l'identité, ou comme synthétique (liaison réelle) d'après la loi de la causalité. La connexion de la vertu et du bonheur peut donc être comprise de deux manières différentes : ou l'effort pour être vertueux {Bestrebung tugendhaft %u sein), et la recherche rationnelle du bonheur ne seraient pas deux actions distinctes, mais complètement identiques, et alors il n'y aurait besoin, pour servir de principe à la première, d'aucune maxime autre que celles qui servent de principe àlaseconde ; ou bien cetteconnexionestsupposée par ce fait' que la vertu produit le bonheur comme quelque chose de tout à fait distinct de la conscience de la vertu, à la manière dont la cause produit un effet.
Parmi les anciennes écoles grecques, il n'y en a à proprement parler que deux qui ont suivi dans la détermination du concept du souverain bien, une même méthode, en tant qu'elles n'ontpas admis la vertu et le bonheur comme deux éléments différents du souverain bien, qu'elles ont par conséquent cherché l'unité du principe, suivant la règle de l'identité; mais, sur ce point, elles se sont séparées à leur tour en choisissant différemment leur concept fondamental, h' Epicurien disait : avoir conscience de sa maxime conduisant au bonheur ; c'est là la vertu ; le Stoïcien : avoir conscience de sa vertu, voilà le bonheur. Pour le premier la pru-
• Traduction littérale de jme Verkniipfung wird darauf ausgesetzt dass Tugend; Bom dit iUa coujunctio hoc condilione ponatur, ut; Barni supprime le passage et dit ou bien la vertu produit, etc.; Abbot donne or the connexion consista m this, that. (F.P.)
dewce équivalait à la moralité; pour le second, qui choisissait une plus haute dénomination pour la vertu, la moralité était seule la sagesse véritable.
Il faut regretter que la pénétration de ces hommes (que Ton doit cependant en même temps admirer parce qu'ils ont tenté dans des temps si reculés toutes les voies imaginables pour des conquêtes philosophiques)* ait été malheureusement employée à rechercher [ergrû" bèln) de l'identité entre des concepts extrêmement différents, celui du bonheur et celui de la vertu. Mais il était conforme à l'esprit dialectique des temps où ils vivaient^ et cela séduit parfois encore maintenant des esprits subtils, de supprimer dans les principes, des différences essentielles et qui ne peuvent jamais être conciliées, en cherchant à les changer en querelle de mots et ainsi à produire artificiellement (erkiinstelt) en apparence l'unité du concept simplement sous des noms différents; et ceci se rencontre ordinal* rement dans les cas où la combinaison de principes hétérogènes se fait si profondément ou si haut (so tief oder hoch liegt), ou exigerait un changement si complet des doctrines admises d'ailleurs dans le système philosophique, que l'on craint d'entrer profondément dans la différence réelle et qu'on aime mieux la traiter comme une dissidence dans de simples formules.
Les deux écoles, cherchant à simuler (ergrubeln) l'identité des principes pratiques de la vertu et du
* Le texte porte aile erdenMichm Wege philosophischer Eroberungen ; Born dit omnes... vias occupationum philosophicarum Barni, toutes les routes possibles du domaine philosophique; Abbol rend mieux le texte par aU... ways of extending the domain of philo sophy. (F. P.)