DIS LA AAI80K PU&E CXLI
La philosophie, de laquelle seule il s*agit ici, doit être envi- m^ 4^ lu. sag>ée sons deux points de vue : au point de vue de la perfection pW««wW«» logique de la connaissance dont elle représente le système, et sra point de vue du rapport de toute connaissance aux fins es» ^smHeUeê de la raison humaine. C'est ce dernier point de vue €]ii'iQdiqne le sens antique du mot philosophie et qui fait du ^h&oêophe nne sorte de type, de modèle qui n'existe qu'en idée et que par conséquent nul ne peut se flatter de réaliser. Nous concevons, en effet, an-^dessus de tous ces artistes de la raison qui s'appellent le mathématicien, le physicien, le logicien, etc., un maître en idéal, qui n'est plus seulement un artiste de la raison humaine, mais qui en est le législateur, et qui, à ce titre, 8e sert des premiers comme d'instruments pour aider aux Ans essentielles de cette raison. Seulement ce maître n'est loi-même qu'an idéal, qu'aucun philosophe, si grand qu'il soit, ne peut se VEDter d'atteindre. Ce serait peine perdue que de le chercher quelque part; mais, s'il n'existe nulle part, l'idée de cette législation de la raison humaine dont il est comme la personnification idéale se trouve partout, et c'est cette idée qu'il s'agit to déterminer.
La législation de la raison humaine, ou la philosophie, qui en Division de u est la science, a deux objets : la nature et la liberté. De là deux 'Jjiî^yîïid^' branches dans la philosophie, dont la première, la philosophie braneiu». A la nature, s'étend à tout ce qui est, et la seconde, la philO' Sophie morale, à tout ce qui doit être. Et comme cette dernière branche est celle qui doit donner à la vie humaine sa direction, et qu'elle l'emporte par là sur toute autre acquisition de la raison, on s'explique comment, sous le nom de philosophe, les anciens entendaient en même temps et surtout le moraliste, et comment aujourd'hui même la seule apparence de la domination de 80i*même par la raison suffit pour faire nommer philosophe une personne d'un savoir d'ailleurs borné.
Dans chacun de ces deux- systèmes qu'embrasse la philosophie, Division de celle-ei peut, ou bien s'occuper exclusivement de la connaissance deux'^rancbtî qui dérive de la raison pure, abstraction faite de toute donnée •" philosophie empirique, oa bien étudier la connaissance telle qu'elle résulte philosophie des données de l'expérience sous la direction des principes de P""la raison. Dans ce cas, on a la philosophie empirique ; dans le premier, la philosophie pure.
CXUI ANALYSE DB LA CHITIQUB
DiTisiondeia Celle-ci a deaz parties: la première, qai est préparatoire, Rure ra^'eriti- ^^) comme dit Eant, aDe propédeutique (an exercice prélimiqne et science naire), étadic la facalté même de la raison par rapport à tonte **""que. ^ ' la connaissance pure àpriori^ c'est la critique (c'est à cette partie qu'est consacré l'ouvrage que nous analysons en ce moment); la seconde, qui est la science dont la première n'a été que l'exercice préparatoire, est le système de la raison pure^ embrassant tout son ensemble. C'est cette dernière qu'on désigne ordinairement sous le nom de métaphysique, Eant ajoute qu'on peut entendre ce mot d'une manière plus générale en l'appliquant à toute la philosophie pure, à la critique aussi bien qu'au système de la raison pure, et en opposant en ce sens la métaphysique aux mathématiques d'une part et à la philosophie empirique de l'autre; mais il le prend ici dans le sens plus restreint qu'il vient d'indiquer.
Nature et dm- La métaphysique à son tour, suivant la distinction déjà in- "ïphysloue^ diquée entre la nature et la liberté^ se divise en deux branches, la métap]^ysique de la nature, qui correspond à la raison spéculative, et la métaphysique des mœurs, qui correspond à la raison pratique, mais fait abstraction de toute condition empirique, ou de tout élément anthropologique, et est ainsi la morale pure. Eant reconnaît que le mot métaphysique est ordinairement réservé à la première de ces deux sciences, mais il pense qu'il convient aussi de l'appliquer à la seconde, qui est également une science pure. Mais, comme c'est de la raison spéculative qu'il s'agit ici, il laisse de côté cette dernière branche de la métaphysique pour ne considérer que la première.
Suivant lui, l'idée d'une telle science est aussi ancienne que la raison humaine; mais, ajoute-t-il (p. 398), « il faut avouer que la distinction des deux éléments de notre connaissance, dont l'un est en notre pouvoir tout à fait à priori, tandis que l'autre ne peut être tiré qu'à posteriori de Texpérience, est toujours demeurée très-obscure, même chez les penseurs de profession, et qu'ainsi on n'a jamais bien pu déterminer la limite d'une espèce particulière de connaissances, et par conséquent la véritable idée d'une science qui a si longtemps et si fort occupé la raison humaine. » Tout le développement de cette pensée mérite d'être cité textuellement:
DE LA RAIBOK PUBB CXLIU
« Quand on disait : la métaphysique est la science des premiers principes de la connaissance humaine, on ne désignait point une espèce particulière .de principes, mais seulement un d^ré pins éle?é de généralité, et Ton ne pouvait les distinguer nettement par là des principes empiriques; car, même parmi ceux-ci, il y en a quelques-uns qui sont plus généraux et par conséquent pins élevés que d'autres, et dans la série d'une telle hiérarchie (où Ton ne distingue pas ce qui est tout à fait à priori de ce qui ne peut être connu qu'à posteriori), où tracer
la ligne qui sépare k première partie de la dernière, et le» membres supérieurs des inférieurs? Que dirait-on si la chronologie ne pouvait désigner les époques du monde qn*en les partageant en premiers siècles et en siècles suivants? On pourrait demander si le cinquième, si le dixième siècle, etc., font aussi partie des premiers. Je demande de même: Tidée de retendue appartient-elle à la métaphysique? Oui, répondez- vous! Eh bien, et celle du corps aussi? Oui. £t celle du corps fluide? Vous êtes étonnés, car si cela continue ainsi, tout appartiendra à la métaphysique. On voit par là que le seul degré de subordination (le particulier sous le général) ne peut déterminer les limites d'une science, mais qu'il nous faut ici une distinction radicale, une distinction d'origine. Mais ce qui obscurcissait encore d'un autre côté Tidée fondamentale de la métaphysique, c'était la ressemblance qu'elle a, comme connaissance à priori, avec les mathématiques. Cette ressemblance indique bien une certaine parenté entre les deux sciences, en tant qu'elles ont toutes deux une origine à priori; mais, pour ce qui est du mode de connaissance qui, dans J'ane, a lieu par concepts, tandis que, dans l'autre, il se fait simplement par la construction des concepts, il établit entre elles une différence si absolue qu'on l'a toujours sentie en quelque sorte, bien qu'on n'ait pu la ramener à des critériums évidentsL De là il est arrivé que les philosophes mêmes, ayant échoué dans la définition de leur science, ne purent douner à leurs tra- Tanx an but déterminé et une direction sûre, et qu'avec un plan si arbitrairement tracé, ignorant le chemin qu'ils avaient à prendre, et toujours en désaccord sur les découvertes que chacun d'eux pensait avoir faites, ils rendirent leur science méprisable aux autres et finirent par la mépriser eux-mêmes. »>
CKLIT AKAliTSB DS LA CBITICètTE
La critique indique le remède à ee double incoD?énieBt et par suite au discrédit qui en est résulté, en distinguant nettement, d'une part, les éléments à priori de la connaissance de ses éléments à posteriori; et d'autre part, la connaissance philosophique de la connaissance mathématique. La sphère de la métaphysique est maintenant parfaitement déterminée.
Il y a d'abord une .première division à y établir, suivant qu'elle est simplement le système des concepts et des principes se rapportant à des objets en général, ou qu'elle se rapporte à l'ensemble des objets donnés, en un mot à la nature. Dans le premier cas, elle s'appelle ontologie. Dans le second, elle peut être désignée sous le nom de physiologie raiionneUe^ et elle se subdivise alors enphysiqm rationnelle et psychologie rationneiRe, Suivant qu'elle se rapporte à la nature corporeUe^ objet des sens externes, ou à la nature pensante, objet du sens intime.
Ce n'est pas tout encore : comme à son tour la nature ou l'en* semble des objets de l'expérience peut être considéré suivant une liaison de ces objets qui dépasse toute expérience possible, et que cette liaison peut être tirée de la conception même de l'univers, ou être rattachée à celle d'un être élevé au-dessus de l'univers, ou aura ainsi d'une part la cosmologie rationneUe, et de l'autre, la théologie rationnelle.
Ainsi 1** ontologie, 2* physiologie rationnelle (comprenant la physique rationnelle et la psychologie rationnelle), 3° cosmologie rationnelle, 4"* théologie rationnelle; telles sont les quatre parties principales dont se compose tout le système de la métaphysique.
Mais, peut-on demander, comment est-il possible de connaître la nature des choses par des principes à priori, et d'arriver ainsi à une physiologie rationnelle? La réponse à cette question est contenue dans toute la critique de la raison pure. Eant se borne ici à faire remarquer que, dans cette science métaphysique, on ne doit prendre de l'expérience que tout juste ce qui est nécessaire pour avoir un objet, et, cet objet une fois donné, faire abstraction de tout principe empirique qui pourrait servir k porter un jugement sur sa nature.
Une autre question se présente : « où se placera désormais, demande KaUt (p. 408), \SL psychologie empirique, qui a toujours eu jusqu'ici sa place dans la métaphysique, et dont, de notre