CONCLUSION
les choses dans l'espace et daps le temps. Il se peut que tous les êtres finis qui pensent aient nécessairement cela de commun avec Thomme (bien que nous ne soyons pas en état de décider ce point) ; malgré cette universalité, cette sorte d'intuition ne laisserait pas d'appartenir à la sensibilité, parce qu'elle est dérivée [intuitus derivatus) et non originaire [intuitus originarius) , et que par conséquent elle n'est pas intellectuelle, comme celle qui, d'après la raison indiquée tout à l'heure, semble n'appartenir qu'à l'Être suprême, et non à un être dépendant quant à son existence aussi bien que quant à son intuition (laquelle détermine son existence par rapport à des objets donnés). Cette dernière remarque n'a d'ailleurs pour but que de servir d'éclaircissement et non de preuve à notre théorie esthétique.
Conclusion de l'esthétique transcendentale
Nous avons maintenant une des données requises pour la solution de ce problème général de la philosophie transcendentale : comment des proportions synthétiques à priori sont-elles possibles ? Je veux parler de ces intuitions pures à priori^ l'espace et le temps. Lorsque dans nos jugements à priori^ nous voulons sortir du concept donné, nous y trouvons quelque chose qui peut être découvert h priori^ non dans le concept, mais dans l'intuition correspondante, et qui peut être lié synthétiquement à ce concept; mais par la même raison, les jugements que nous formons ainsi ne sauraient s'appliquer qu'aux objets des sens et n'ont de valeur que relativement aux choses d'expérience possible.
THÉORIE ËLËMENTÂIRË
LOGIQUE TRANSC3an>ENTALE
IDÉE D'UNE LOGIQXTE TRANSGENDENTAIJB
De la logique en général
Notre connaissance dérive de deux sources, dont la première est la capacité de recevoir des représentations (la réceptivité des impressions), et la seconde, la faculté de connaître un objet au moyen de ces représentations (la spontanéité des concepts). Par la première un objet nous est donné; par la seconde, il est pensé dans son rapport à cette représentation (considérée comme simple détermination de l'esprit). Intuition et concepts, tels sont donc les éléments de toute notre connaissance, de telle