‹ Critique de la raison pure (volume 2)Chapitre 75 sur 136 · LXXXVI ANALYSE DE LA CRITIQUE · texte numérisé non relu

LXXXVI ANALYSE DE LA CRITIQUE

était la seule cause de ce conflit. C'est ce que Kant va faire maintenant pour chacune des antinomies auxquelles donnent lieu les idées cosmologiques mal interprétées. Solution de la La première antinomie est celle que soulève cette question: '^^^"nomie!"^^ le monde a-t-il ou n'a-t-il pas un commencement dans le temps et des limites dans l'espace ? Pour résoudre cette antiuumie, il faut partir de la distinction qu'il est nécessaire d'admettre entre la régression à l'infini (regresstts in infinitum) et la régression à l'indéfini {regressus in indefinitum)^ et voir laquelle des deux convient au problème cusmologique dont il s'agit ici. La seconde espèce de régression se borne à remonter d'une condition à une autre plus élevée, et ainsi de suite indéfiniment, sans déterminer aucune grandeur dans l'objet même, et c'est par là pré cisément qu'elle se distingue de la première, laquelle prêtent embrasser l'infini. Or, comme le monde ne m^est donné dan t sa totalité par aucune intuition, qu'il ne peut être pour moi qu l'objet d'un concept et que ce concept ne peut me le faire con naître tel qu'il est en soi, il ne peut être ici question que d cette espèce de régression. Tout ce que je puis dire ici, c'e! que, quelque loin que nous soyons arrivés dans la série des cor ditions empiriques, il faut encore et toujours remonter pli haut; mais je ne puis pas dire pour cela que le monde soit îi fini dans le temps et dans l'espace, puisque cela supposera une connaissance de sa grandeur absolue qui ne m'est point donn par là; et je ne puis pas dire non plus qu'il soit finiy puisqu^m limite absolue ne saurait être davantage l'objet d'aucune exi rience possible. Il suit de là que, dans la prehiière antinonn . la thèse et l'antithèse sont également fausses en tant qu'elles pi tendent déterminer la grandeur absolue du monde, puisque no ne pouvons l'admettre ni comme finie , ni comme infinie, ms seulement nous élever indéfiniment, suivant la règle de la p gression, dans la série des phénomènes. L'erreur vient ici d ce que, au lieu de se contenter d'obéir à cette règle, on s'ima ginc atteindre par la pensée pure la grandeur absolue, finie o infinie, du monde.

Solution de la La sccoudo antinomie, celle qui roule sur la question de S8 ''^^^"«l- *"^'' voir si tout dans le monde est composé ou si les éléments d monde sont simples, se résout de la même manière. Il y a, e3t vrai, entre l'idée cosmologique qui est ici en jeu et la prèc<

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