DE LA RAISON PUBE XCIX
plication ultérieure. Elle ne peut pas pins rejeter l'un de ces priDcipes que l'autre ; car ce n'est que grâce au premier qu'elle peat donner à l'ensemble de notre connaissance une complète aoité, et le second lui permet de tenir toujours la porte ouverte à toute explication ultérieure. Ces deux principes ont donc déjà également leur rôle dans la marche de la connaissance humaine; mais, .si l'on doit les admettre ensemble, ce ne peut être qu'à \î\Te de principes régulateurs; car autrement ils ne pourraient sobsister l'un à côté de l'autre, et il faudrait nécessairement sacrifier l'un à l'autre. Or tel est précisément le caractère de f idéal de Vêtre suprême: ce n'est autre chose qu'un principe régulateur de la raison (p. 208). Mais aussi, par cela même que nous ne pouvons concevoir l'unité de la nature sans prendre pour fondement l'idée d'un être souverainement réel, il nous arrive tout naturellement d'attribuer à cette idée une réalité objective et de convertir ainsi un principe purement régulateur en un principe constitutif. L'apparence qui nous trompe ici Tient donc d'une sorte de subreption transcendentale, qui est naturelle et inévitable, mais que découvre aux yeux de la critique la contradiction oti elle nous jette.
Reste la preuve physico-théologique. Celle-ci, au lieu de par- impaissance tir simplement, comme la précédente, de mon existence ou de pL^^Jo-îbéocelle du monde, considérées en général comme des existences logique. contingentes, se fonde sur la connaissance déterminée que l'expérience peut nous donner de l'ordonnance du monde, de Tordre et de l'harmonie qui y régnent, et elle en conclut l'existence d'une caose suprême. De là le titre que Kant lui donne. C'est ce que l'on appelle vulgairement l'argument des causes finales. Si cet argument est aussi impuissant que les deux autres, il faudra renoncer à demander à la raison spéculative une preuve de l'existence de Dieu, car il n'y a pas pour elle de voie ouverte en dehors de ces trois-là. ^
Kant ne refuse pas toute valeur à l'argument des causes finales; on peut même dire que nul philosophe ne lui a rendu un pins éclatant hommage.
« Cet argument, dit-il (p. 211), mérite d'être toujours rappelé avec respect. C'est le plus ancien, le plus clair et le mieux approprié à la raison commune. Il vivifie l'étude de la nature, en même temps qu'il en tire sa propre existence et qu'il y puise