‹ Critique de la raison pure (volume 3)Chapitre 7 sur 57 · DEUXIÈME CONFLIT DES IDÉES TRANSCENDENTALES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CONFLIT DES IDÉES TRANSCENDENTALES

Toute substance composée dans le monde Test de parties simples, et il n'existe absolument rien que le simple ou le composé du simple.

Aucune chose composée dans le monde ne l'est de parties simples, et il n'y existe absolument rien de simple.

PREUVE

En effet, supp<^sez que les substances comi)Osées ne le soient pas de parties simples:

Si voua supprimez par la pensée toute composition, aucune partie composée ne subsistera, et (puisqu'il n'y a point de partie simple), il n'y aura non plus aucune partie simple, c'est-à-dire qu'il ne restera plus rien, et que par conséquent aucune substance ne sera donnée. Ou bien donc il est impossible de supprimer par la pensée toute composition, ou bien il faut qu'après cette suppression il reste quelque chose qui subsiste indépendamment de toute composition, c'est-à-dire le simple. Or, dans le premier cas, le composé ne serait pas formé de substances (puisque la composition n'est

PREUVE

Supposez qu'une chose composée (comme substance) le soit de parties simples. Puisque toute relation extérieure et par conséquent toute composition de substances ne sont possibles que dans l'espace, autant il y a de parties dans le composé, autant il doit y en avoir aussi dans l'espace qu'il occupe. Or l'espace ne se compose pas de parties simples, mais d'espaces. Chacune des parties du composé doit donc occuper un espace. Mais les parties absolument premières de tout composé sont simples. Le simple occupe donc un espace. Or, puisque tout réel, qui occupe un espace, renferme en lui des parties diverses placées les unes en dehors^

DEUXIÈME ANTINOMIE

e relation accidentelle de mces, qai peuvent subsisms elle, comme des êtres nts par eux-mêmes). Mais, e ce cas contredit la supon, il ne reste plus que ond, à savoir que le commbstantiel dans le monde •rraé de parties simples, mit de là immédiatement 3s choses du monde sont ; des êtres simples, que uposition n'est qu'un état eur de ces choses, et que, ae nous ne paissions jafaire sortir les substances ntaires de cet état d'union isoler, la raison n'en doit oins les concevoir comme remiers sujets de toute )sition, et par conséquent e des êtres simples, anrement à cette composi-

des antres, et par conséquent est composé, et cela non pas d'accidents, puisqu'il est un composé réel (car les accidents ne peuvent être extérieurs les uns aux antres sans substance), mais de substances, il suit que le simple est un composé substantiel; ce qui est cont^radictoire.

La seconde proposition de l'antithèse, à savoir que dana le monde il n'existe rien de simple, ne signifie pas ici autre chose, sinon que l'existence de quelque chose d'absolument simple ne peut être prouvée par aucune expérience, ni au»

cune perception, soit extérieure, soit intérieure, et qu'ainsi la simplicité absolue n'est qu'une pure idée, dont aucune expérience possible ne saurait jamais démontrer la réalité ob-^ jective, et qui par conséquent est sans application et sans objet dans l'exposition des phénomènes. En effet, si l'on admettait que l'on peut trouver dans l'expérience un objet correspondant à cette idée transcendentale, il faudrait que l'intuition empirique de quelque objet fut reconnue pour une intuition ne contenant absolument aucune diversité d'éléments placés les uns en dehors des autres et ramenés fi l'unité.

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Or comme, de ce que noas n'avons pas conscience d*aiie diversité de ce genre, on ne peut conclure qu'elle soit entièrement impossible dans quelque intuition d'un objet, mais que, d'un autre côté, celte dernière condition est tout à fait nécessaire pour pouvoir affirmer l'absolue simplicité, il suit que cette simplicité ne peut être déduite d'aucune perception, quelle qu'elle soit. Pais donc que rien ne peut être donné dans aucune expérience possible comme un objet absolument simple, et que le monde sensible doit être regardé comme l'ensemble de toutes les expériences possibles, il n'y a rien de simple qui soit donné en lui.

Cette seconde proposition de l'antithèse a plus de portée que la première : tandis que celle-ci ne bannit le simple que de l'intuition du composé, elle l'exclut de toute la nature.

Aussi n'a-t-elle pu être démontrée par le concept d'un objet donné de l'intuition extérieure (du composé), mais par son rapport à une expérience possible en général.

DEUXIÈME ANTINOMIE

Remarques sur la deuxième antinomie

» Sur la tbèse

!^o e^ur l'antithèse

d je parle d'un tout qui )ose nécessairement de simples, j'entends par lement un tout substanime le composé propre, lire l'unité accidentelle Iversité qui, donnée seit (du moins en pent unie par une liaison ue et forme ainsi quelse d'un. L'espace n'est proprement parler, un 5, mais un tout, puisque :ies ne sont possibles Qs le tout, et que le l'est point par les partout cas, ce ne serait ompositum idéale , ei :ompositum reale. Mais t une pure subtilité, l'espace n'est pas un ) de substances (pas l'accidents réels), dès supprime en lui toute tion, il ne doit plus ter, pas même un point; i-ci n'est possible que imite d'un espace (par ent d'un composé). L'esle temps ne se compose pas de parties simî qui n'appartient qu'à

Le principe de* la division infinie de la matière, dont la preuve est purement mathématique, a été attaqué de telle sorte par les partisans des monades qu'on a pu les soupçonner de ne pas vouloir admettre que les preuves mathématiques les plus claires nous fassent connaître la nature de l'espace, en tant qu'il est en réalité la condition formelle de la réalité de toute matière, mais de les regarder comme des conséquences dérivées de concepts abstraits, mais arbitraires, qui ne sauraient s'appliquer à des choses réelles. Gomme s'il était possible d'imaginer une autre espèce d'intuition que celle qui est donnée dans l'intuition originaire de l'espace, et comme si les déterminations à priori de cet espace ne touchaient pas en même temps tout ce qui n'est possible qu'à la condition de le remplir ! Si l'on écoutait ces philosophes, il faudrait, outre le point mathématique, qui est simple et n'est pas une partie, mais uniquement la limite d'un espace , concevoir

DIALECTIQUE TRAMSGEMDENTALE

Tétat d^aue sabstance (par exemple, le changement), bien qa^ayant ane quantité, ne se compose pas non plus du sim* pie, c'est-à-dire qu^un certain degré de changement ne résalte pas de Taddition de plusieurs changements simples.

Notre conclusion du composé au simple ne s'applique qu'à des choses existantes par ellesmêmes. Or des accidents d'état n'existent point par euxmêmes. Ou court donc le risque de ruiner la preuve de la nécessité du simple, comme formant les parties constitutives d.e tout composé substantiel, et de perdre ainsi sa cause, en étendant cette preuve outre mesure et en l'appliquant «^ tout composé sans distinction, comme on l'a déjà fait plus d'une fois.

Je ne parle d'ailleurs ici du simple qu'autant qu'il est nécessairement donné dans le composé, puisque celui-ci y peut être résolu comme dans ses parties constitutives. Le mot monade^ dans sa signification propre (suivant le langage de Leibnitz), ne devrait s'entendre que du simple qui est immédiatement donné comme substance simple (par exemple dans la conscience), et non comme élément du composé, élément qu'il vaudrait mieux

encore des points phyi qui à la vérité sont s aussi, mais ont l'avante remplir l'espace par h agrégation, comme part cet espace. Sans répéter réfutations aussi clain vulgaires de cette abs réfutations qui se présen foule, comme il est d'£ inutile de vouloir obscur des concepts purement i sifs l'évidence des math ques, je me bornerai à fa marquer que, si la philc chicane ici les mathéma c'est qu'elle oublie que cette question, il s'agit i ment des phénomènes leur condition. Il ne sul ici de trouver, pour le c du composé pur que nous V entendement y le conce simple, mais il s'agit de ver, pour ^intuition di posé (de la matière), l'in du simple, et cela est fait impossible suivant 1 de la sensibilité, et par quent aussi eu fait d'obj< sens. On peut donc bit d'un tout composé de si ces, conçu par l'entenc pur, que nous devons a simple antérieurement i composition de ce tout cela ne s'applique pas au svbstantiale phœnomem

DEUXIÈME ANTINOMIE

er atome. Et, comme je mx démontrer l'existence abstances simples qae par )rt aax composés dont elles les éléments, je pourrais ner T antithèse de la se- B antinomie sous le nom mistique transcendentale.

, d'un antre côté, comme expression est depuis longs employée pour désigner explication particulière des omènes corporels (molecu- 9)), et qu'elle suppose ainsi concepts empiriques, on l'appeler le principe diaine de la monadologie.

quel, comme intuition empirique ayant lieu dans l'espace, implique cette propriété néces'saire, qu'aucune partie n'en est simple, puisqu'aucune partie de l'espace n'est simple. Cependant, les partisans des monades se sont montrés assez avisés pour vouloir éluder cette difficulté en refusant d'admettre l'espace comme une condition de la possibilité des objets de l'intuition extérieure, et en plaçant au contraire dans celle-ci et dans la relation dynamiquedes substances en général la condition de la possibilité de l'espace. Mais nous n'avons un concept des corps qu'en tant qu'ils sont des phénomènes, et en cette qualité ils supposent l'espace comme la condition de la possibilité de tout phénomène extérieur. Le subterfuge est donc vain, comme nous l'avions déjà suffisamment montré dans l'esthétique transcendentale. Il faudrait que les phénomènes fussent des choses en soi, pour que la preuve des partisans de la doctrine des monades eût une valeur absolue.

La seconde assertion dialectique a ceci de particulier qu'elle a contre elle une assertion dogmatique, la seule, entre tontes les assertions sophisli—

qnes, qui entreprenne de proaver manifestement par an objet de Texpérience la réalité de ce qne nons avons rattaché plos haut ans idées transcendentales, en cherchant à démontrer qne Tobjet du sens intime, le moi qui pense, est nne sabstance absolument simple. Sans revenir sur ce point (qui a été suffisamment examiné plos haut), je ferai seulement remarquer que, si je conçois simplement quelque chose comme objet, sans y joindre rien qui en détermine synthétiqaement Tintuition (comme il arrive dans cette représentation toute nue : moi), je ne pais assurément percevoir rien de divers ni aucune composition dans une représentation de ce genre. D'un autre côté, comme les prédicats au moyen desquels je conçois cet objet, ne sont que des intuitions du sens intérieur, je n'y puis rien trouver qui prouve une diversité de parties placées les unes en dehors des autres, et par conséquent une composition réelle.

La conscience de soi a donc cela de particulier que, puisque le sujet qui pense est en même temp» son propre objet, il ne peut pas se diviser lui-même (bien qu'il puisse diviser les déterminations qui lui sont in-

TROISIÈME ANTINOMIE

hérentes); car, par rapport à lui-même, tout objet est une unité absolue. Mais il n'en est pas moins vrai que, si ce sujet est envisagé extérieurement, comme objet de Tintuition, il manifestera bien pourtant une composition dans le phénomène. Or c'est toujours ainsi qu'il faut Tenvisager dès qu^on veut savoir sMl y a où non en lui une diversité de parties placées les unes en dehors de&^ autres.

HOISIÈME CONFLIT DES IDÉES TRANSCENDENTALES

TTiè»e

ia causalité déterminée les lois de la nature !; pas la seule d'où puisêtre dérivés tous les lomènes du monde. Il nécessaire d'admettre i, pour les expliquer, causalité libre.

A^ntith^se

Il n'y a pas de liberté^ mais tout dans le monde arrive suivant des lois naturelles.

PREUVE

Ton admet qu'il n'y a pas re causalité que celle qui éterminée par des lois de

PREUVE

Supposez qu'il y ait une liberté dans le sens transcendental, c'est-à-dire une espèce par-

DIALECTIQUE TRANSCENDEMALE

la natare, tool ce qui arrive suppose on état antérieur, auquel il succède inévitablement suivant une règle. Or cet état antérieur doit être lui-même • quelque chose qui soit arrivé (qui soit devenu dans le temps x^e qu'il n'était pas auparavant), puisque, s'il avait toujours été, sa conséquence n'aurait pas commencé d'être, mais qu'elle aurait aussi toujours été. La -causalité de la cause par laquelle quelque chose arrive est donc toujours elle même quelque chose d'arrivé, qui suppose à son tour, suivant la loi de la nature, un état antérieur et la causalité de cet état, celui-ci un autre plus ancien, et ainsi de suite. Si donc tout arrive suivant les seules lois de la nature, il y a toujours un com»

.mencement subalterne, mais il n'y a jamais un premier commencement ; et, par conséquent, en général la série du côté des x;auses dérivant les unes des autres n'est jamais complète. Or la loi de la nature consiste précisément en ce que rien n'arrive sans une cause suffisamment déterminée à priori.

Donc la proposition qui veut <|ue toute causalité ne soit possible que suivant des lois naturelles se contredit elle-même ^uand on la prend sans res-

ticulière de causalité, suivit ^^ laquelle les événements cS-^ monde pourraient avoir lie^^»

c'est-à-dire une faculté de coo^'' mencer absolument un état ^ * par conséquent aussi une sérî ^^ d'effets résultant de cet étaC^-^ non-seulement une série com^^ mencera absolument en vertc^ de cette spontanéité, mais en^ core l'acte par lequel cette spontanéité même est déterminée à produire cette série, c'està-dire la causalité, de telle sorte qu'il n'y aura rien antérieurement qui détermine suivant des lois constantes l'acte qui arrive. Mais tout commencement d'action suppose un état de la cause qui n'agit pas encore, et un premier commencement dynamique d'action suppose un état qui n'a aucun rapport de causalité avec l'état précédent de la même cause, c'est-à-dire qui n'en dérive en aucune façon. Donc la liberté transcendentale est contraire à la loi de la causalité, et un enchaînement des états successifs des causes efficientes, d'après lequel aucune unité d'expérience n'est possible, et qui par conséquent ne se rencontre dans aucune expérience, est un vain être de raison.

Il n'y a donc que la nature où nous puissions chercher l'en-

TROISIÈME ANTmOMIB

triction dans toote son universalité, et il est impossible d'ad« mettre cette sorte de caosalité «comme la senle.

Diaprés cela, il faut admettre une causalité par laquelle quelque chose arrive, sans que la cause en soit déterminée aussi par une autre cause antérieure, suivant des lois nécessaires, c'est-à-dire une spantanéifê absolue des cslusqs ayant la vertu de commencer par ellemême une série de phénomènes, qui se déroule suivant des lois naturelles, par conséquent une liberté transcendent Je , sans laquelle, même dans le cours •de la nature, la série des phénomènes ne serait jamais complète du côté des causes.

chatnement et Tordre des événements du monde. La liberté (findépendance) à l'égard des lois de la nature affranchit, il est vrai, de la contrainte, mais elle affranchit aussi du fU conducteur de toutes les règles.

En effet, on ne peut pas dire que des lois de la liberté prennent dans la causalité du cours du monde la place des lois de la nature, puisque, si la liberté était déterminée par des lois, elle ne serait plus de la liberté, mais la nature même. Il y a donc entre la nature et la liberté transcendentale la même différence qu'entre la soumission à des lois* et l'affranchissement de toutes lois*. La première, il est vrai, importune l'entendement de la difficulté de remonter toujours plus haut dans la série des causes pour y chercher Torigine des événements, puisque la causalité y est toujours conditionnelle ; mais elle promet en revanche une unité d'expérience universelle et régulière. L'illusion de la liberté, au contraire, offre bien à l'entendement un repos dans son investigation à travers la chaîne des causes, en la conduisant à une causalité

* Gesetemàszigfceit — " Oesetzlosigkeit.

inconditionnelle, qoi commence Taction d^elie-même ; mais comme cette causalité est aveagle, elle rompt le âl des règles sans lequel il u'y a plus de liaison générale possible dans l'expérience.

Remarques sur la troisième antiiwmie

1'^ Sur la thèse

LMdéc transcendeutale de la liberté est loin de former tout le contenu du concept ps}chologique de ce nom, concept qui est en grande partie empirique :

elle se borne à présenter la spontanéité absolue de l'action, comme étant le fondement pro-r pre de Timputabilité ; mais elle n'en est pas moins la pierre d'achoppement de la philosophie, qui trouve des difficultés insurmontables ù admettre cette sorte de causalité inconditionnelle. Ce n'est donc proprement qu'une difficulté transcendentaîe qui, dans la question de la liberté de la volonté, a si fort embarrassé jusqu'ici la raison spéculative : il s'agit seulement de savoir si Ton admettra une faculté capable de

V Sui* rnntithèse

Ceux qui défendent la tontepuissance de la nature (physiocratie transcendeutale) contre la doctrine de la liberté, pourraient opposer la proposition suivante aux arguments captieux de cette doctrine : Si vous n^admettee dans le monde rien de mathématiquement premier soiis le rapport du temps, vous n'avejs pas besoin non plus de chercher quelque chose de dynamiquement premier sous le rapport de la causalité. Qui vous a priés d'imaginer un état absolument premier du monde, et, par conséquent, un commencement absolu de la série des phénomènes successifs, et d'imposer des bornes à la nature qui n'en a pas, afin de pouvoir procurer un point de

TROISIÈME ANTINOMIE

commencer d'elle-même une série de choses ou- d'états successifs. Il n'est pas aussi nécessaire de pouvoir répondre à la question de savoir comment une telle faculté est possible, car nous ne sommes pas plus avancés à T égard de la causalité qui a lieu suivant des lois naturelles : il faut également que nous nous contentions de reconnaître à priori qu'une causalité de ce genre doit être admise, bien que nous ne comprenions en aucune façon comment il est possible qu'un certain état d'une chose soit amené par celui d'une autre, et qu'à cet égard nous devions nous en tenir à l'expérience. Or nous n'avons proprement démontré la nécessité de placer dans la liberté le premier commencement d'une série de phénomènes, que pour pouvoir comprendre l'origine du monde, tandis que l'on peut prendre tous les états successifs comme dérivant les uns des autres suivant de simples lois naturelles. Mais, puisque la faculté de commencer tout à fait spontanément une série dans le temps a été une fois prouvée (bien qu'elle ne soit pas saisie en elle-même), il nous est permis aussi maintenant de faire commencer spontanément, sous

repos à votre imagination?

Puisque les substances ont toujours été dans le monde, ou que du moins l'unité de l'expérience exige cette supposition^ il n'y a point de difficulté à admettre aussi que le changement de leurs états, c'est-à-dire la série de leurs changements a toujours été, et que, par conséquent, il u'est pas besoin de chercher un premier commencement, ni mathématique, ni dynamique. Il est impossible, à la vérité, de comprendre comment les phénomènes peuvent ainsi dériver les uns des autre»

à l'infini, sans un premier membre par rapport auquel tous les autres seraient purement successifs ; mais, si vous rejetez pour cette raison ces énigmes de la nature, vous vous verrez forcés de rejeter beaucoup de propriétés synthétiques fondamentales (de forces constitutives), que vous ne pouvez pas comprendre davantage, et même la possibilité d'un changement en général cloit vous être une pierre d'achoppement. En effet, si vous ne trouviez pas par l'expérience qu'elle est réelle, jamais vous ne pourriez imaginer à priori comment est possible cette succession perpétuelle d'être et de non-être.

D'ailleurs, quand même on

le rapport de la causalité, diverses séries de phénomèues dans le cours du monde, et d'attribuer à leurs substances la faculté d'agir en vertu de la liberté. Il ne faut pas se laisser arrêter ici par ce malentendu, à savoir que, comme une série successive ne peut avoir dans le monde qu'un commencement relativement premier, puisqu'il y a toujours dans le monde un état antérieur des choses, il ne peut y avoir de commencement absolument premier des séries dans le cours du monde. En effet nous ne parlons pas ici du commencement absolument premier quant au temps, mais quant à la causalité. Si (par exemple) je me lève maintenant de mon siège tout à fait librement et sans subir l'influence nécessairement déterminante des causes naturelles, alors avec cet événement et tons les effets naturels qui en dérivent à l'intini commence absolument une nouvelle série, bien que, par rapport au temps, cet événement ne soit que la continuation d'une série précédente. Cette résoluti(m et cet acte ne sont donc pas une simple conséquence de l'action de la nature, mais les causes naturelles déterminantes qui ont précédé cet événement cessent tout à fait par rapport

reconnaîtrait une puissance transcen dentale de liberté, qui servirait de point de départ aai changements du monde, da moins cette puissance ne pourrait être qu'en dehors du monde (quoique ce soit toujours une prétention bien téméraire que celle d'admettre, en dehors de l'ensemble de toutes les intui- * tions possibles, un objet qui ne peut être donné dans aucune intuition possible). Mais il ne peut jamais être permis d'attribuer une pareille faculté aux substances qui existent dans le monde même, puisqu'alors disparaîtrait en grande partie l'enchaînement des phénomènes qui se déterminent nécessairement les uns les autres suivant des lois universelles, et, avec ce^ enchaînement, que l'on désigna sous le nom de nature, la mar^ que de la vérité empirique, qui distingue l'expérience du rêve* En effet, à côté d'une faculté affranchie de toutes lois comme la liberté, il n'y a plus guère de place pour la nature ; puis^ que les lois de celle-ci seraient incessamment modifiées par l'influence de celle-là, et que le jeu des phénomènes, au lïexx d'être régulier et uniforme 9 comme il arriverait avec la^ seule nature, serait ainsi trou^ blé et incohérent.

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à lui; et, s'il leur succède, il n'en dérive pas, et par conséquent il peut bien être appelé un commencement absolument premier, non pas à la vérité sous le rapport du temps, mais sous celui de la causalité.

Il y a une chose qui confirme d'une manière éclatante le besoin qu'éprouve la raison de chercher, pour la série des causes naturelles, un premier commencement dans la liberté, c'est que tous les philosophes de l'antiquité, à l'exception de ceux de l'école épicurienne) se sont crus obligés d^admettre, pour expliquer les mouvements du monde, un premier moteur, c'est-à-dire une cause librement agissante, qui ait commencé d'abord et d'elle-même cette série d'états. En effet ils ont désespéré de pouvoir faire comprendre un premier commencement avec la seule nature.

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