‹ Critique de la raison pure (volume 4)Chapitre 14 sur 39 · Une r^ression empirique déterminée qui s'é · texte numérisé non relu

Une r^ression empirique déterminée qui s'é

(1) Oa reinarqDeraquelaprenTe est ici administrée tont aatrement qne la pnnve dogmatiqae précédeate dans l'antithèse de la première tDtiaomiB. L&, noos arons soateou que le monde tensible, Bnivant la commane et dogmatique façon de penser, était une chose doonée en elle-même qaant à sa totalité, avant tonte régression, et nons loi aToos refusé, en général, nne plac« déterminée dans le temps et l'espaça, s'il n'occnpait pas tons les temps et tous les espaces; c'est poarqnoi la conclnsion a été diDérente de ce qu'elle est ici, car elle conduisait à l'infinité réelle dn monde.

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156 LOGIQUE TRANSCENDATH'Al^.

tende sans cesse |daDs une espèce de phônomènes n'est pas ici prescrite : par exemple , il n'est pas nécessaire d'avancer toujours d'un homme donné dans la série ascendante de ses ancêtres sans attendre un premier couple, ou dans la série des corps du monde sans admettre un soleil le plus excentrique : seulement il est nécessaire de passer de phénomènes en phénomènes, quoique ces phénomènes ne soient donnés par aucune perception réelle (si l'intensité en est trop faible pour qu'il y ait conscience, el par conséquent pour devenir une expérience), parce qu'ils apparliennent cependant à l'expérience possible.

627. Tout commencement est dans le temps, et toute borne de ce qui est étendu dans l'espace. Mais l'espace et le temps ne sont que dans le monde sensible. Go n'est donc que d'une manière conditionnée que les phénomènes sont dam le monde, mais le monde lui-même n'est ni conditionné, ni borné d'une manière conditionnée.

628. Par cette raison, et parce que le monde ne peut jamais être entièrement donné, non plus que la série des conditions d'un conditionné quelconque, comme série cosmique, le concept de la grandeur du monde n'est donné que par la régression, et non dans une intuition collective qui la précède. Mais cette régression n'est toujours que la détermination de la grandeur, et ne donne ainsi aucun concept déterminé, ni par conséquent aucun concept d'une grandeur qui serait infinie par rapport à une certaine mesure; elle ne va donc pas à l'infini (comnic donnée), mais h. l'indéfini, pour donner à l'expérience une grandeur qui n'est réelle que par cette

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DULEGTIQUE TRANSCENDANTALE.

Ô29. Si je divise un tout donna en intuition, je vais par là de quelque chose de conditionné aux conditions de sa possibilité. La division des parties (subdivisio ou decom/iositio) est uue régression dans la série de ces conditious. La totalité absolue de cette série ne serait doDuée qu'autant que la régression pourrait atteindre jusqu'aux parties simples. Mais si toutes les parties bont toujours divisibles de nouveau, alors la division, c'est-àdire la régression du conditionna h ses coudilions, s'étend à. l'infini, parce que les comlitioDs (les parties) sont contenues dans le conditionné mf^me; et, celui-ci étant donné entièrcmonl par une intuition renfermée dans dos limites, toutes aussi sout dounées en même temps. La régression ne doit donc pas être appelée simplement une régression â l'imîéfini, comme il était permis de le faire dans l'idée cosmologique précédente, puisque je devais alors m'avancer du conditionné à ses conditions qui étaienf en dehors de lui, et par conséquent pas données en même temps que lui, mais qui ne se présentaient que dans la régression empirique. Néanmoins on ne peut pas dire d'un tel tout, qui est divisible à l'inlini, qu'il se compose de parties en nombre infini. Car, quoique toutes lesparliessoieut comprises dans rintuition du tout, la division totale n'y est cependant pas conteime ; cette divi&ian ne consiste que dans la décomposition progressive ou dans la régression même, qui seule compose réellement la série. Or, comme cette régressiou est infinie, tous les membres (parties) auxquels elle parvient sont

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158 LOGIQUE TRANSGENDAnTAUe.

coatenus daos le tout donné comme agrégat, mais la série totale de la dimsion, qui est successivement infinie et jamais parfaite, n'y est point contenue, et ne peut par conséquent faire voir dans un tout ni une multitude infime, ni une synthèse de cette multitude en un tout.

630. Cette observation générale peut très bien s'appliquer à l'espace. Tout espace, considéré dans ses bornes, est un tout dont les parties sont toujours des espaces dans toute décomposition ; cet espace est par conséquent divisible à l'infini.

63t. Delà suit aussi très naturellement la seconde application à un phénomène extérieur (corps) renfermé dans ses bornes. La divisibilité d'un corps se fonde sur celle de l'espace qui constitue la possibilité du corps, comme d'un tout étendu. Ce corps est donc divisible à l'inlini, sans pour cela se composer départies infiniment nombreuses.

632. 11 semble, à la vérité, qu'un corps devant être conçu comme substance dans l'espace , il doit en différer quant à la loi de la divisibilité de l'espace ; car on peut très bien accorder que la décomposition ne puisse jamais épuiser la composition dans l'espace , puisque alors tout espace, qui d'ailleurs n'est rien en lui-même, disparaîtrait (ce qui est impossible). Mais que, si toute composition de la matière disparaissait par la pensée, il ne dût pliis rien rester, c'est ce qui ne paraît pas pouvoir se concilier avec le concept d'une substance qui devrait être proprement le sujet de toute composition , et qui devrait persister dans ses éléments, quoique leur union daâs l'espace pour composer un corps eût cessé. Mais il n'en est pas de ce qu'on appelle substance dans le phénomène comme d'une chose en soi, telle qu'on la conce-

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DIALECTIQUE THANSCENDAKTALE. 15d

vrait par un concept intellectuel pur. La substance dans un phénomène n'est pas sujet absolu; c'est une image durable de la sensibilité ; elle n'est qu'une intuition dans laquelle rien d'inconditionné ne se trouve nulle part.

633. Mais quoique cette r^le de la progression à l'infini ait lieu, sans aucun doute, dans la subdivision d'un phénomène comme plein pur et simple de l'espace, elle ne peut cependant pas valoir quand nous voulons l'étendre aussi à la multitude des parties déjà séparées d'une cerlune manière dans un tout donné, et qui constituent un quanium discrétion. On ne saurait admettre que dans un tout (organisé) quelconque, chaque partie soit de nouveau organisée, et que l'on trouve de cette manière dans la division des parties à l'iuBni, toujours de nouvelles parties artificielles, en un mot que le tout soit organisé à l'infini; mais on conçoit bien que les parties de la matière puissent, dans leur décomposition ji l'infini, être toutes organisées; car l'infinité de la division d'un phénomène donné dans l'espace se fonde uniquement sur ce que, par ce phénomène , la simple divisibilité, c'est-à-dire une multitude de parties absolument indéterminées en soi, est donnée; mais les parties elles-mêmes ne sont données et déterminées que par la subdivision, en un mot, le tout n'est pas déjà divisé en lui-même. Par conséquent la division peut déterminer dans ce tout une multitude qui va aussi loin que l'on veut avancer dans la régression de la division. Au contraire, dans un corps organique composé à l'infini, le tout est déjà représenté, précisément par ce concept même, comme divisé, et nue multitude de parties en elle-même déterminée, mais înBnie , s'y trouve avant toute r^ression de la division ; en quoi l'on est en con-

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100 LOaiQUE TRANSCENDANT ALE.

tradiction avec soi-mëmç, puisque l'on considère l'enveloppement infini comme une série qui ne sera jamais complète (infinie), et néanmoins cependant comme complète dans la composition. La division infinie ne désigne que le phénomène comme quantum conlmuum, et ne peut être sé{>arée du plein de l'espace, parce que ce plein est précisément la raison de ta divisibilité inOnie. Mais aussitôt que quelque chose a été pris comme çuantum discrelum , alors la multitude des unités y est déterminée, par conséquent aussi toujours égale à un nombre. Jusqu'oil peut donc aller l'orgaaisation dans nu corps composé? C'est ce que l'expéi-ience seule peut apprendre, et quoiqu'elle ne soit parvenue avec certitude à aucune partie inorganique, de telles parties cependant doivent se trouver dans l'espérience possible. Mais jusqu'où s'étend en général la division trauscendantale d'un phénomène? Ce n'est point l'affaire de l'expérience, mais un principe de la raison , de tenir la régression empirique pour jamais absolument accomplie dans la décomposition de l'étendu , conformément à la nature de ce phénomène.

OBSERVATION HNAlf for 11 HlnliOD it% idéei mitlièmitiipeineat tiuuceDdiuUlM,

ET AVERTISSEMENT m 11 «olaUoD ia IJéei tniKendinUlei dyumiqaet.

634. £n représentant dans une table l'antinomie de la raison pure par toutes les idées trancendantales, en même temps que nous avons fait connaître la cause de ce conflit et l'unique moyen de le faire cesser, moyen qui consiste en ce que deux affirmations opposées soieot

DIALECTIQUB TBANSCENDANTAIfi. 161

expliquées comme fausses, dous avons aiosi représenté partout les conditions comme appartenant à leur conditionné suivant des rapports d'espace et de temps ; ce qui est la supposition ordinaire du sens commun, et sur laquelle précisément se fondait aussi tout ce conflit. A cet égard toutes les représentations dialectiques de la totalité dans la série des conditions d'un conditionné donné se sont aussi, trouvées partout de mèma espèce. C'était toujours une série dans laquelle la condition avec le conditionné, comme membres de celte série, étaient i-éunis et par là de même espèce, puisque alors la régression ne devait jamais être accomplie; si le contraire arrivait, c'est qu'un membre conditionné en soi devait être pris faussement pour le premier, et par conséquent comme inconditionné. L'objet, c'est-à-dire le conditionné, n'était donc pas à la vérité considéré partout simplement quant à la quantité, mais il n'y avait cependant pas d'exception pour la série de ses conditions. De là la difliculté qui ne pouvait être résolue par aucun accommodement, mais seulement par la résection complète du nœud , difficulté qui consistait en ce que la raison montrait à l'entendement l'objet ou trop grand ou trop petit, de telle sorte que l'entendement ne pouvait jamais égaler l'idée delà raison.

635. Mais, à ce sujet, nous n'avons pas parlé d'une distinction essentielle qui domine dans les objets, c'està-dire dans les concepts intellectuels que la raison s'efforce d'ériger en idées, distinction tirée de la division de notre table précédente des catégories, dont deux d'entre elles indiquent une synthèse mathématique des phénomènes, et les f'eux autres une synthèse dynamique. Jusqu'ici celte omission pouvait très bien avoir lieu ,

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162 LOSIOns TBANSCENDANTiLE,

}vuiBqae de la même maniera que, dans la représentation générale de toutes les idées transceudantales, nous noue en sommes toujours tenu aux seules conditions dans le phénomène; de même aussi dans les deux idées mathémathiques transcendantales, nous n'avons eu d'autre objet que celui qui nous était donné dans le phénomène. Mais, maintenant que nous marchons aux conc^tts dynamigues de l'entendement, en tant qu'ils doivent cadrer ETOG les idées de la raison, cette distinction est importante et nous ouvre un aspect entièrement nouveau par rapport au procès dans lequel la raisOD est engagée, procès qui a été renvoyé précédemment, comme intenté et soutenu par les deux parties sous de fausses snppositions, mais qui peut avoir une issue maintenant, puisqu'il y a peut-être lieu, dans l'antinomie dynamique, à une supposition compatible de ce point de vue avec les prétentions de la raison, et que le juge pourra suppléer au défaut des moyens de droit qu'on avait mal compris de part et d'antre, de façon à pouvoir concilier les deux parties ; ce qui était impossible dans le combat que présente l'antinomie mathématique.

636. Les séries des conditions sont assurément toutes de même espèce, en ce sens que l'on voit facilement, en les rermnîant, si elles sont confonnes à l'idée , ou si elles sont trop grandes ou trop petites pour elle. Hais le concept intellectuel qui sert de fondement à ces idées contient, on simplement une synthèse de l'homogène (qiù est supposé dans toute quantité, tant dans la composition que dans la division), ou bien encore une synthèse de l'hétérogène, qui peut au moins être admis dans la synthèse dynamique, tant celle de l'union causale que celle de l'union du nécessaire avec le contingent.

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DULBCTIQDB TRAKSCEHDÂinALB. i63

037. D'où il arrive qu'il n'y a lieu, dans la liaison mathématique des séries phénoméntlei, qu'à la couditîOD sensible, c'est-^-dire b une condition qui est ellemftme uue partie de la série; tandis qu'au contraire la série dyoamique des conditions sensibles permet encore une condition hétérogène qui n'est pas une partie de la série, mais qui, comme purement irUelligibU, est en dehors de la série, conditiou au moyen de laquelle pr6cisémoit la raison est satisfaite, et riaconditionné préposé aux phénomènes, sans cependant troubler la série de ces derniers comme toujours conditionnée, et sans contredire pour cela les principes de l'entendement.

638. Or, de ce que les idées dynamiques permettent une conditiou des phénomènes hors de leur série, c'està-dire une condition qui n'est pas phénomène, quelque chose arrive qui est totalement distinct de la conséquence de l'antinomie. Celle-ci faisait que denx affirmations dialectiques opposées devaient être regardées conmie fausses. Au contraire , l'universeliemeat conditionné des séries dynamiques, qni en est inséparable comme de phénomènes, joint à la condition, à la vérité empiriquement inconditioanée, mais aussi non sensible. saUsfait d'une part à V entendement et de l'autre à la raison (f ) ; et, tandis que les ai^uments dialectiques, qui cherchaient d'une manière ou de l'autre la totalité in-

(I) Car l'entoodemeut oa permet, formi da pfténbmAui, ancaae conditioD qui serait elle-même empiriqaemeDt inconditionnée. Hais n la emditiim intelligible, qui par consëqDeot n'appartiendrait pas caoïme membre à la série des phénomènes, pent Être conçue comme correspoodant à qnelqae cbose de conditionné (dans le phénomène], sans cependant rompre par là le moins dn monde la série des conditions empiriqaes, alors ans telU condition ponrrait être admiM cobidw ojtpiriqitemeiit inconditiotinée, de manière que la régression empirique Gootioue n'éprouTflt nulle part de solution de continoité.

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104 UMJIQUB TRAKSCBHDAnTAI^.

conditionnée dans de simples phénomènes, tombœt, les propositions rationnelles, prises dans un sens ainsi rectifié, peuvent, au contraire, être toutes deux vraies. ce qui ne peut jamais avoir lieu dans les idées cosmolo- ^ques qui concernent l'unité mathématiquement inconditionnée; parce qu'aucune autre condition de la série des phénomènes n'a lieu, dans ces idées, si ce n'est celle qui est elle-même phénomène, et qui, comme telle, constitue un membre de la série.

Solation des Idé«g cuvologiqacs ralitivei ï li totiUté de li dériTatiOD du iTèMmeiitt cotmiqnei de leun cautei.

639. On ne peut concevoir que deux sortes de causalités par rapport à ce qui arrive : ou suivant la nature, ou par liberté, La première est la liaison d'un élat à un étal précédent dans te monde sensible, dont l'un suit l'autre d'après une règle. Or, comme la causalité des phénomènes repose sur des conditions de temps, et que l'état précédent, s'il eût toujours été, n'aurait pas produit un effet qui eût un jour paru dans le temps pour la première fois, la causalité de la cause de ce qui arrive ou apparaît a aussi commencé d'être, et réclame h son tour une cause suivant le principe intellectuel même.

640. Au contraire, j'entends par liberté, dans l'acception cosmologique, la faculté de commencer par soimême un état, dont par conséquent la causalité n'est pas à son tour soumise, suivant la loi de la nature, à une autre cause qui la détermine q lant au temps. La liberté est, dans ce sens, une idée traascendanlale pure.

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qui d'abord ne renfernie riea d'emprunté de l'^pérîence, et ensuite dont l'objet ne peut non plus Être donné déterni inémeat dans aucune expérience, parce que c'est une loi générale, même de la possibilité de l'expérience, que tout ce qui arrive doit avoir une cause; par conséquent aussi, la causalité de la cause, qui elle-même est arrivée, doit avoirà son tour la sienne. Parla donc tout le champ de l'expérience, aussi loin qu'il puisse s'étendre, est converli en un ensemble de la simple nature. Mais comme, de cette manière, aucune totalité absolue des conditions n'a sa raison dans le rapport de causalité, la raison so fait l'idée d'une spontanéité, qui pourrait d'elle-même commencer à agir, sans qu'une autre cause dût précéder pour la déterminer à agir à son tour suivant la liaison de la loi causale.

641. Il faut surtout remarquer que, sur cette idée transcendantale de la liberté se fonde le concept pratique de cette liberté, et qu'elle y devient [dans la liberté] le moment propre des difficultés qui ont jusqu'ici entouré la question de sa possibiliié. La liberté pratique est l'indépendance où est l'arbitre de toute coaclion par des mobiles [stimulos] de la sensibilité. Car un arbitre est sensible en tant qu'il est a/fecté pathologiquement (par des causes motrices de la sensibilité) ; il s'appelle animal (arbitrium èratum) quand il peut être nécessité pathologiquement. L'arbitre humain est. à la vérité, ua arbitrium sensitivum. mais non un arbitrium brutitm; c'est un arbitrium Hberum, parce que la sensibilité ne rend pas son action nécessaire, mais qu'il y a dans l'homme une faculté de se déterminer par soi-même, indépendamment de la coaction, par des motifs sensibles.

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