‹ Critique de la raison pure (volume 4)Chapitre 15 sur 39 · On voit facilement que, si toute causalité élut · texte numérisé non relu

On voit facilement que, si toute causalité élut

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simplâment oaturdUs dans le monde sensible, tout événement Gérait déterminé par un autre dans le temps, suivant des lois nécessaires; et, par conséquent, puisque les phénomënes, en tant qu'ils détermineraient l'arbitre, devraient rendre nécessaire toute action comme leur conséquence, la suppression de la liberté transcendantale ferait en m£me temps disparaître toute liberté pratique. Car celle-ci suppose que quelque chose qui n'est pas arrivé aurait cependant (^arriver, et sa cause, dans le phénomène, n'était par conséquent pas tellement déterminante qu'il n'y eût pas dans notre arbitre une causalité capable de produire, indépendamment de ces causes physiques et même malgré leur présence et leur influence, quelque chose qui est détermmé chronologiquement selon des lois empiriques, par conséquent une causalité capable de commencer d'une manière entièrement spontanée une série d'événements.

643. 11 arrive donc ici ce qui se rencontre en g^éral dans' le conflit de la raison lorsqu'elle sort des bornes de l'expérience possible, que la question n'est pas proprement physiologique, mais transcendantale. Par conséquent la question de la possibilité de la liberté attaque même la psycholo^e; mais comme elle repose sur des at^umenls dialectiques de la seule raison pure, la solution ne concerne que la philosophie transcendantale. Et pour que celle-ci, qui ne peut refuser à ce sujet une réponse 8atisfaisante,'.soit capable de la donner, je dois d'abord chercher à déterminer plus nettement par une observation la méthode à suivre dans cette question.

644. Si les phénomènes étaient des choses en soi, par conséquent l'espace et le temps des formes de l'existence de ces choses, alors les conditions et le condi-

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tioimé feraient toujours partie d'une seule et même série ; et de là résulterait aussi, dans et cas, raqtinomie . qui est commune à toutes les idées transoeDdaotales, savoir, que cette série devrait nécessairement le trouver ou trop grande ou trop petite pour l'entendement. Mais les concepts dynamiques rationnels, dont nous noue oocnpoDs dans la présente section et dans la suivante, ont cela de particulier, que, ne traitant pas d'un objet considéré comme grandeur ou quantité, mais seulement de son existence, on peut aussi faire abstraction de la quantité de la série des conditions, et envisager en elles le seul rapport dynamique de la condition au conditionné; de manière que nous rencontrons déjà, dans la question sur la nature et la liberté, la difficulté de savoir si la liberté est aenlemott possible partout, et si, dans le cas oh elle le serait, elle peut subsister avec l'universalité de la loi physique de la causalité; par conséquent si c'est une proposition légitimement disjonctive que cdleci : tout effet dans le monde doit résulter ou de la nB~ ture on de la liberté, ou bioi si les deux choses n'auraient pas plutôt lieu en même temps, suivant une proportion différente dans un seul et même événement. La vérité de ce principe, concernant l'enchalnemeAt universel de tous les événements du monde sensible suivant des lois naturelles immuables, est déjà fermement établie comme un principe de l'analytique transcendantale, et ne souffre aucune exception. Il n'est par conséquent plus question que de savoir si, ma^ré cela, par rapport au même effet qui est déterminé suivant la nature, la liberté peut aussi avoir lieu, ou si celle-ci n'est pas entièrement racine par cette loi inviolable. Et ici, la 8tippositi<Hi, la vérité générale, mais trompeuse, de la

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réalité absolue des phénomènes, montre aussitôt son inQuenoe préjudiciable pour confondre la raison. Car si les phénomènes sont des choses en soi, c'en est fait alors de ta liberté; la nature est la cause entière, et eo soi suffisaoïment détenninante, de tous les événements, et leur condition n'est jamais que dans la série des phénomènes, qui avec leurs effets sont nécessairement soumis à la loi de la nature. Si, au contraire, les phénomènes ne valent que pour ce qu'ils sont en effet, c'est-à-dire non comme des choses en soi, mais comme de simples représentations, qui s'enchaînent suivant des lois empiriques, alors ils doivent em-mèmes avoir des causes qui ne soient pas des phénomènes. Mais une telle cause intelligible n'est pas déterminée à l'égard de sa causalité par des phénomènes, quoique ses effets apparaissent et puissent ainsi être déterminés par d'autres phénomènes. Elle est donc, avec sa causaliliS, en dehors de la série. Ses effets, au contraire, se trouvent dans la série des conditions empiriques. L'eftet peut donc être considéré comme libre par rapport à sa cause intell^ible, tout en étant néanmoins regardé en même temps, par rapport aux phénomènes, comme leur couséqueuce suivant la nécessité de la nature. Cette distinction, ainsi présentée d'une manière générale et purement abstraite, doit sembler très subtile et obscure, mais elle s'éclairctra dans l'application. Nous avons seulement voulu faire remarquer ici que, l'enchaînement universel de tous les phénomènes en un seul contexte de la nature étant une loi nécessaire, toute liberté s'écroulerait infailliblement par l'effet de cette loi, si l'on voulait obstinément s'attacher à la réalité des phénomènes. Par conséquent ceux qui suivent ici l'opinion commune ne

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peuvent jamais parvenir à concilier la nature avec la liberté.

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