‹ Critique de la raison pure (volume 4)Chapitre 18 sur 39 · Od aperçoit facilement, à ce jugement impu · texte numérisé non relu

Od aperçoit facilement, à ce jugement impu

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184 LOGIQDE TRAItSCENDANTALE.

tatif, que l'on pense alors que la raison n'est absolument pas affectée par toute cette sensibilité, qu'elle n'en est pas changée (quoique ses phénomènes, c'est^-dire la manière dont elle se manifeste dans ses effets, varient), . qu'il n'y a en elle aucun état précédent qui détermine le suivant, qu'elle ne fait par conséquent pas partie de la série des conditions sensibles qui rendent les phénomènes nécessaires suivant des lois de la nature. Is raison est présente, et la même, à toutes les actions de l'homme, dans tous les temps, dans toutes les circonstances de temps, mais sans être elle-même dans le temps, et sans tomber dans un état nouveau, qui n'aurait d'abord pas été le sien. Elle y est déterminante, mais non détermimbîe. On ne peut donc pas demander pourquoi la raison ne s'est pas déterminée autrement, mais seulement pourquoi elle n'a pas déterminé autrement \^ phénomènes par sa causalité? Mais à cela pas de réponse possible. Car un caractère intelligible aurait donné un autre caractère empirique; et quand nous disons, sans égard à la vie qu'il a menée jusqu'à ce temps, que l'agent aurait cependant pu éviter de mentir, cela signifie seulement que le mensonge est immédiatement soumis à la puissance de la raison, et que la raison, dans sa causalité, n'est soumise à aucune condition du phénoinène ni du cours du temps, et que la différence du temps constitue, k la vérité, une différence principale des phénomènes entre eux, puisqu'ils ne sont pas des choses, par conséquent pas non plus des causes en eux-mêmes, mais qu'elle ne peut faire aucune différence de l'action par rapport à la raison.

665. Nous ne pouvons donc, en jugeant des actions libres par rapport à leur causalité, remonter que jus-

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DIALECTIQOE TRAflSCEMDANTALE. 185

qu'à la cause intelligible, mais pas au-deld; nous pouvons reconnattre qu'elle est libre, c'est-à-dire déterminée indépendamment de la sensibilité, et qu'ainsi elle peut être la condition inconditionnée sensiblement des phénomènes. Mais la cause pour laquelle le -caractère intelligible donne tout juste ces phénomènes, et ce caractère empirique dans des circonstances actuelles, est une réponse qui dépasse notre raison, ainsi que te droit de faire certaines questions, comme quand on demande d'où Tient que l'objet transcendaotal donné h notre intuition sensible extérieure ne donne précisément d'intuition que dans l'espace, et pas d'autre. Mais la question que nous avions à résoudre ne nous oblige point k cela, car elle revenait seulement h celle de savoir si la liberté répugne à la nécessité physique dans une seule et même action. A quoi nous avons sufïisammenl répondu, en faisant voir, puisqu'il est possible qu'il y ait dans la Hberté un rapport d'une tout autre espèce de conditions que dans la nécessité physique, la loi de cette dernière n'affecte point la première, et que par conséquent toutes les deux peuvent avoir lieu indépendamment l'une de l'autre, et sans être troublées l'une par l'autre.

866. On doit bien remarquer que nous n'avons pas voulu par là prouver la réalité de la liberté, comme de l'une des facultés qui contiennent elles-mêmes la cause des phénomènes de notre monde sensible. Car, outre que ce n'aurait pas été là un point de vue transcendantal, un pareil point de vue ne portant que sur des concepts, cela n'aurait pu avoir lieu par une autre raison

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(86 LOGIODB TBAHSCENDANTALE.

encore, puisque nous ne pouvons jamais coaclure de l'expérience à quelque chose qui ne doit pas être coagu suivant des lois de l'expi^rience. Nous n'avons pas même voulu démontrer la possibilité de la liberté ; car nous n'aurions pas été plus heureux, parce que nous ne pouvons en général connaître par de simples concepts a priori la possibilité d'aucun principe r^ et d'aucune causalité. La liberté n'est traitée ici que comme une idée transcendantale par laquelle la raison pense établir, d'une manière absolue la série des conditions dans le phénomène au moyen du sensiblement inconditionné ; mais elle tombe en cela dans une antinomie avec ses propres lois qu'elle impose à l'usage empirique de l'entendement. La seule chose que nous pouvions faire et qui nous importait uniquement, c'était donc de montrer que cette antinomie repose sur une simple apparence, et qu'au moins la nature de la causalité par liberté n'ùnpliquepas.

SotntiOD de l'Idée CMnologîqiie de U lottlité de li dApenduee d«i phéBOnèsn, quat k leni cinte en giotnl.

667. Dans le numéro précédent, nous avons considéré les changements du monde sensible dans leur série dynamique, en tant que chacun des changements est soumis à une autre comme à sa cause. Maintenant cette série des états nous sert uniquement à nous diriger vers une existence qui puisse être la suprême condition de tout ce qui est muable, savoir, à Yélre nécessaire. Il n'est pas ici question de la causalité inconditionnée, mais de

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DIALECTIOOE TRANSCENDAHTALE. 187

l'eodsteDce inconcUlionnée de la substanoe m6me. Par conséquent la série qui nous occupe n'est proprement qa'nne série par concepts, et non une série par intuitions, en tant que l'une est la condition de l'autre.

068. Hais on voit facilement que tout étant muable dans l'ensemble des phénomènes, tout étant par conséquent conditionné dans l'existence, il ne peut y avoir nulle part dans la série de l'existence dépendante aucun membre inconditionné, dont l'existence serait absolument nécessaire; et que, par conséquent, si des phénomènes étaient des choses en soi, mais que, par la même raison précisément, leur condition appartint toujours, avec le conditionné, à une seule et même série d'intuitions, un 6tre nécessaire, comme condition de l'existence des phénomèmes du monde seosible, ne pourrait jamais aTOii'lieu.

069. Mais la régression dynamique a cette propriété, qui la distingue de la régression mathématique, que, celle-ci n'ayant proprement affaire qu'à la composition des parties pour former un tout, ou à la décomposition dn tout en ses parties, les conditions de cette série doivent toujours être considérées comme en faisant partie, par conséquent comme homogènes, par conséquent comme phénomènes; au lieu que dans la première espèce de régression, comme il ne s'agit pas de la possibilité de la formation d'un tout inconditionnée par des parties données, ou de la possibilité d'une partie inconditionnée pour un tout donné, mais de la dérivation d'un état par rapport h sa cause, ou de celle de l'^slence accidentelle de la substance i l'yard de l'existence nécessaire, ta condition ne doit pas nécessairement constituer une série empirique avec le conditionné.

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670. Il nous reste donc encore, dans l'antiaornie apparente qui nous occupe, une issue ouverte, puisque les deux propositions contradictoires entre elles peuvent être vraies toutes deux en même temps sous différents rapports, tellement que toutes les choses du monde sen sible soient absolument contingentes, et n'aient par conséquent jamais non plus qu'une existence empiriquement conditionnée, quoiqu'il y ait aussi pour toute la série une condition non empirique, c'est-à-dire un être inconditionnellement ou absolument nécessaire. Car cet être, en tant que condition intelligible, ne ferait pas partie de la série comme un de ses anneaux (pas même comme le plus élevé), et ne rendrait non plus au> cun menibre de la série empiriquement inconditionné, mais ferait passer tout le moude sensible dans son existence empiriquement conditionnée par tous les anneaux de la série. Par conséquent, cette manière de poser pour fondement des phénomènes une existence inconditionnée différerait de la causalité empiriquement conditionnée (de la liberté), dont il a été question dans l'article précédent, en ce que, dans la liberté, la chose même, comme cause [mbstantîa pkœnomenoti), ferait cependant partie des conditions dans la série, et que sa causalité seulement serait pensée comme intelligible, tandis qii'ici l'être nécessaire devrait être conçu tout k fait en dehors de !a série du monde sensible (comme ens extramimdanum) et purement intelligible, seul moyen d'empêcher qu'il ne soit pas même soumis à la loi de la contingence et de la dépendance de tous les phénomènes.

67 1 . Le principe régulateur de la raison est donc, par rappori h notre question, que Tout, dans le monde sensible, a une existence empiriquement conditionnée, et

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DUXECTIQUE TRànSCENDAKTALE. 189

qu'il n'y a nulle part en lui, par rapport à aucune propriété, une nécesGité absolue ou inconditionnée; qu'il n'est aucun membre de la série des conditions dont on ne doive toujours attendre et chercher aussi loin que possible la condition empirique dans une expérience possible, et que rien ne nous autorise à dériver une existence quelconque d'une condition en dehors de la série empirique, ni de la répuler pour absolument indépendante et itubsistant par elle-même dans ta série, sans cependant nier pour cela que toute la série ne puisse avoir sa raison dans un être intelligible (qui, par le fait, est libre de toute condition empirique, et contient au contraire le principe de la possibilité de tous ces phéno-

672. En cela, l'intention n'est pas de prouver l'existence absolument nécessaire d'un être, ni même de Fonder seulement là-dessus la possibilité d'une condition purement intelli^ble de l'existence des phénomènes du monde sensible, mais uniquement de circonscrire la raison de manière qu'elle ne lâche pas le fil des conditions empiriques, et ne se précipite pas dans des explications transcendantes, qui ne sont susceptibles d'aucune exposition l'nconcre/o; par conséquent aussi, d'un autre côté, de circonscrire la loi du simple usage empirique de l'entendement, de manière qu'il ne décide pas de la possibilité des choses en général, et qu'il ne juge pas impossible l'intelligible, quoique nous ne puissions pas le faire servir à l'explication des phénomènes. 11 est donc seulement prouvé par là que la contingence universelle de toutes les choses physiques et de toutes leurs conditions (empiriques) peut très bien subsister avec la supposition réelle d'une condition nécessaire quoique sim-

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190 LOGIQUE TRAHSCENDANTALB.

plement intelligible; qu'on oe peut par oooséquent trouver aucune véritable contradiction entre ces assertions, qu'elles peuvent donc être vraies toute» deux. Qu'un tel être intelligible absolument nécessaire soit toujours impossible en soi, c'est cependant ce qui ne peut être conclu de la contingence générale et de la dépendance de tout ce qui appartient au monde sensible, non plus que du principe de ne s'arrêter à aucun de ses membres en particulier, en tant qu'il est contingent, et de se reporter à une cause extérieure au monde. La raison va son chemin dans l'usage empirique, et son chemin plus particuUer dans l'usage transcendantal.

673. Le monde sensible ne contient que des phénomènes, mais ces phénomènes sont de simples rqprésentations qui sont toujours h leur tour srasiblement conditionnées; et, comme nous n'avons jamais ici pour objet des choses en soi, il n'est pas étonnant que nous ne soyons jamais autorisés à passer d'un membre de la série empirique, quel qu'il soit, hors du système du monde sensible, comme s'il existait des choses en soi en dehors de leur principe transcendantal, et qu'on pût les quitter pour chercher la cause de leur existence hors d'elles; ce qui devrait certainement arriver enfîn avec des choses contingentes, msùs non avec de simples représentations de choses dont la contingence même n'est que phénomène, et ne peut conduire à aucune autre régression qu'à celle qui détermine les phénomènes, c'est-à-dire à la régression empirique. Mais concevoir un principe intelligible des phénomènes, c'est-à-dire du monde sensible, et le concevoir affranchi de la contingence de ce monde, c'est ce qui n'est ni contraire à la régression empirique non circonscrite dans la série des

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phénomènes, ni à leur contingence universelle. Mais c'est dMasi la seule cbose que nous ayons à faire pour lever l'anlinomie apparente, et la seule manière dont on puisse le faire. Car si toute condition de tout condititihné (qufmt à l'existence) est sensible, et appartient par cette raison même à la série, elle est elle-mfime h son tour . conditionnée (comme le prouve l'antithèse de la quatrième antinomie] . 11 fallait donc, ou qu'un conflit avec la raison qui requiert l'inconditionné subsistât, ou que cet inconditionné fût placé en dehors de la série dans l'intelligible, dont la nécessité n'exige ni ne permet aucune condition empirique, et, par conséquent, est inconditionnellement nécessaire par rapport aux phénomènes.

674. L'usage empirique de la raison (par rapport aux conditions de l'existence dans le monde sensible] n'est point violé par la concession d'un être purement intelligible; il va, suivant le principe de la contingence universelle, des conditions empiriques à des conditions plus élevées, qui sont de même toujours empiriques. Hais ce principe régulateur n'empêche pas non plus de son côté de reconnaître une cause intelligible, qui n'est pas dans la série, lorsqu'il s'agit de l'usage pur de la raison, par rapport aux fins. Car alors cette cause ne désigne que la raison, pour nous purement transcendantale et inconnue, de la possibilité de la série sensible en général , raison dont l'existence, indépendante de toutes les conditions de cette série et absolument nécessaire par rapport à elles, n'est point opposée h leur contingence illimitée, ni par conséquent, à la régression sans fin dans la série des conditions empiriques.

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OBSBHVAnON FINALE ■ur Uote l'uliDOiiiit de U niion i

675. Tant que nos concepts rationnels n'ont pour objet que la simple totalité des conditions dans le monde sensible, et ce qui peut tourner à l'avantage de la raison par rapport à elle, nos idées sont à la vérité transceodantales, mais cependant cosmologiques. Mais aussitôt que nous posons l'inconditionné (ce qui est toutefois proprement question) dans ce qui est complètement en dehors du monde sensible, el que nous le faisons par conséquent extérieur à toute expérience possible, alors les idées deviennent transcendantes ; elles servent, non simplement à l'accomplissement de l'usage empirique de la raison (qui reste toujours une idée incomplète, et cependant toujours à suivre), mais elles s'en séparent tout à fait, el se font elles-mêmes des objets dont la matière n'est point prise de l'expérience, et dont la réalité objective ne repose pas non plus sur l'intégralité de la série empirique, mais sur des concepts purs a priori. Ces idées transcendantes ont un objet purement intelligible qui, comme objet transceudantal dont nous ne savons rien du reste, peut sans doute être accordé, mais que, d'un autre côté, nous n'avons par devers nous aucune raison de sa possibilité (puisqu'il s'agit d'un être indépendant de tout concept d'expérience), ni même le moindre prétexte de le concevoir conuae une chose déterminable par des prédicats distinctifs et internes, et qui est par conséquent un simple être de raison. Néanmoins parmi toutes les idées cosmologiques, celle qui a donné naissance h la quatrième antinomie nous pousse à risquer ce

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DIALECTIQUE TRANSCENDAMTALB. 193

pas. Car l'eiistence des phénomènes, qui n'est point fondée en soi-même, mais qui est toujours conditionnée, exige que nous chorchioas quelque chose de différent de tous les phénomènes, par conséquent un objet intelligible, dans lequel ne se trouve plus cette contingence. Hais quand une fois nous avons pris la licence d'admettre hors du champ de toute la sensibilité une réalité existante par elle-même, de ne considérer des phénomènes que comme des espèces de représentations accidentelles d'objets intelligibles, d'êtres qui sont eux-mêmes des intelligences, il ne nous reste que l'analogie, suivant laquelle nous employons les concepts de l'expérience pour nous faire cependant un concept quelconque de choses intelligibles, dont nous ignorons absolument ce qu'elles sont en elle-mêmes. Gomme aous n'apprenons à connaître le contingent que par l'expérience, mais qu'il s'agit ici de choses qui ne doivent pas être des objets de l'expérience, nous serons obligés d'en dériver la connaissance de ce qui est nécessaire en sdï, de purs concepts de choses en général. Le premier pas que uous faisons hors du monde sensible nous oblige donc de commencer nos nouvelles connaissaoccs par la recherche d'un être absolument nécessaire, et de dériver de ces concepts ceux de toutes choses, en tant qu'elles sont purement intelligibles. C'est ce que nous tenterons dans le chapitre suivant.

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LOaiQUB TRAASCEnOÀNTALE.

CHAPITHE m.

nlÂL ni u uifOH nu.

BECnON 1.

D« lldfal en gfiiénl.

676. Nous avons vu précédemment que des objets ne peavent être représentés par des concepts inielleciuels purs sans toutes les coudilions de la sensibilité, parce que autrement les conditions de leur i-éalité objective manquent, et qu'on ne trouve en eux que la simple forme de la pensée. Les concepts peuvent néanmoins être eiposés in concreto, si on les applique à des phénomènes qui ont proprement en eux la matière d'un concept expérimental, lequel n'est qu'un concept intellectuel in concrelo. Mais des idées sont encore plus éloignées de la réalité objective que des catégories; car on ne peut trouver aucun phénomène dans lequel elles puissent être représentées in concreto. Elles contiennent une certaine perfection ou intégralité à laquelle n'atteint aucune connaissance empirique possible, et la raison ne conçoit en cela qu'une unité systématique dont elle s'efforce de faire approcher l'unité empirique possible, sans y parvenir jamais complètement.

677. Mais ce que je nomme idéal semble encore être plus éloigné de la réalité objective que l'idée. J'entends par idéal l'idée, non simplement m concreto, mais f>i individao, comme une chose unique, exclusivement déterminable ou déterminée par l'idée.

678. L'humanité, dans toute sa perfection, ne s'étend pas seulement à toutes les propriétés qui appartiennent

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DIALECTIQUE TBASSCENDANTALE. 195

essentiellement à' celte nature, et qui constituent le concept que nous en aTOos jusqu'à la parfaite convenance avec ses ans, ce qui serait notre idée de l'humanité parfaite, mais encore h. tout ce qui, outre ce concept, appartient à la détermination universelle de l'idée : car de tous les prédicats opposés un seul s'applique à l'idée de l'homme parfait. Ce qui est un idéal pour nous était pour Piaton une Idée de l'entendement divin, un objet unique dans son intuition pure, la perfection de chaque espèce d'êtres possibles, et le prototype de toutes les copies (ectypes) dans le phénomène.

679. Sans nous élever si haut, nous devons avouer que la raison humaine contient non seulement des idées, mais aussi des idéaux qui n'ont pas, à la vérité, comme ceux de Platon, une vertu créatrice, mais qui possèdent cependant une y triw pratique (comme principes régulateurs], et servent de fondement à la possibilité de la perfection de certaines actions. Les concepts moraux ne sont pas tout à fait des concepts purs de la raison, parce qu'ils ont quelque chose d'empirique (plaisir ou peine) pour principal fondement. Néanmoins, par rapport au principe par lequel la raison met des bornes à une liberté illimitée (par conséquent si Ton no fait attention qu'à sa forme), ils peuvent très bien servir d'exemple de concepts purs de la raison. La vertu, et avec elle la sagesse humaine dans toute sa pureté, sont des idées. Mais le sage (du stoïcien) est un sage idéal, c'est-à-dire un homme qui n'existe que dans la pensée, mais qui s'accorde parfaitement avec l'idée de la sagesse. Comme l'idée donne la règle, de même l'idéal sert en pareil cas de prototype à la détermination universelle de l'ectype ou copie, et nous n'avons aucun autre critérium de nos

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196 LOGIQDE TRUfSCENDANTALE.

actions que la conduite de cet homme divin en nous an* quel nous nous comparons, d'après lequel nous nous ju|,reons, et sur lequel nous nous corrigeons, quoique nous n'en puissions jamais atteindre la perfection. Ces idéaux, quoique nous ne leur accordions aucune réalité objective [existence), ne doivent pourtant pas être regardés comme des chimëres ; ils donnent une unité de mesure indispensable à la raison, qui a besoin du concept de ce qui est parfait dans son espèce pour pouvoir mesurer, apprécier en conséquence le degré et le défaut de l'imperfection. Mais vouloir réaliser l'idéal dans un exemple, c'est-à-dire dans le phénomène, à peu près comme le sage dans un roman, c'est ce qui est impraticable. Il y a de plus dans cette entreprise quelque chose de peu sensé et de peu édifiant, puisque les bornes naturelles qui restent contioueiiemcnt au-dessous de la perfection idéale, rendent toute illusion impossible dans une telle tentative, et portent ainsi h suspecter et k regarder comme une fiction le bien même qui est dans l'idée.

680. Tel est l'idéal de la raison ; il doit toujours reposer sur des concepts déterminés, et servir de règle et de prototype, soit pour agir, soit pour juger. Mais il en est tout autrement des productions de l'imagination, qu'on ne peut défmiret dont on ne peut donner aucun concept intelligible : semblable k des monogrammes, ce ne sont que des traits isolés, quoique déterminés suivant uoe prétendue règle, et qui donnent plutôt une sorte de dessin pour ainsi dire flottant devant les yeux, au moyen do différentes expériences, qu'une imaije déterminée. Tels doivent être les idéaux que les peintres et les physionomistes prétendent avoir dans la télé ; ce sont des

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DIALECTIQUE TRÂnSCEITDAnTALE. 197

fantâraos iocommuDicables de leurs produclioos oa de leurs jugeraeats. lis peuvent être appelés, quoique improprement, des idiîaux de la sensibilité, parce qu'ils doivent être le modèle inimitable des intuitions cmpiri~ ques possibles, sans cependant donner aucune règle susceptible de dénnition et d'examen.

681. Le but do la raison avec son idéal est au contraire la détermination universelle suivant des règles a priori; elle conçoit donc un objet qui doit être universellement déterminable suivant des principes, quoique les conditious suffisantes manquent k cet effet dans l'expérience, et que le concept même soitjpar conséquent transcendant.

SECnON a.

Da tldial InDKendulil (I^iotTpon tnaiceaduitile).

682. Tout concept par rapport & ce qui n'y est pas contenu est indéterminé, et soumis au principe de la déterminabUité, que L'un seulement des deux prédicats contradictotrement opposés peut lui convenir; principe qui repose sur celui de contradiction, qui est par le fait un principe purement logique, et qui fait abstraction do toute matière de connaissance pour n'en considérer que la forme logique.

683. Mais toute cAose, quant h sa possibilité, est encore soumise au principe de la détermination universelle, suivant lequel, De tous les prédicats ^of^i^/^x des choses, en tant qu'ils sont comparés aux prédicats opposés, un seul doit lui convenir. Ce qui ne repose pas simplement sur le principe de contradiction ; car il s'agit non seule* ment du rapport de deux prédicats contraires, mais en-

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coredetouteclioseen rapport à toute la possibilité, comme ensemble de tous les prédicats des choses en général ; et cette possibilité étant supposée comme condition a priori, ce principe présente chaque chose comme si elle dérivait sa possibilité propre de la part qu'elle a dans cette possibilité totale (1). Le principe de la détermination universelle concerne donc la matière et non la simple forme logique. C'est le principe de la synthèse de tous les prédicats qui doivent rendre complet le concept d'une chose, et non simplement celui de la représentation analytique par l'un des deux prédicats opposés, et qui contient une supposition (ranscendanlale, savoir celle de la matière de toute possibilité, matière qui doit renfermer a priori les données de la possibilité particulière de chaque chose.

684. La proposition : toute chose existante est universellement déterminée, ne signifie pas seulement que, de chaque couple de prédicats opposés entre eux, un seul lui convient, mais aussi que de tous les prédicats possibles, il y en a toujours un qui lui convient. Par cette proposition, sont comparés enire eux logiquement, d'une manière transcendantale, non seulement des prédicats, mais la chose elle-même avec l'ensemble de tous les prédicats possibles. Le principe levient donc à dire

(I) Par ce priacipe, tonte chose est donc rapportée A ud corre/atum commDn, savoir la possibilité totale, qai, si elle (c'est-à-dire la matière de tous les prédicats possibles] éluit trouvée dans l'idée d'une sente chose, démontrerait une afQnité de tout le possible par l'identité dn principe de »a détermination nnÏTerselle. La dêterminabiliti de tout concept est soumise à l'nHivEBSALiTi {univertalitoB) da priacipe d« l'eidasion d'an milieu entre deux prédicats opposés; mais la détermination d'une chose est soumise k la totalité [laiivenitas) on à l'ensemble de tons les prédicats possibles.

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DLàLECTIQVE TRAItSCBNDARTALB. t09

que, Pour connatlre parfaitement une chose, il faut conoattre tout le possible et la déterminer, soit en affirmant, soit en niant. La détermination universelle est par conséquent un concept que nous ne pouvons jamais présenter inconcreto quant à sa totalité, et se fonde en conséquence sur une idée qui n'a son siège que dans la raison, laquelle prescrit à l'entendement la r^le de son parfait usage.

685. Or, quoique cette idée de Vensemble de toute possibilité (en tant que cet ensemble, comme condition de la détermination universelle, sert de fondement à toutes choses par rapport aux prédicats qui peuvent le composer) soit encore indéterminée, et que nous ne concevions par là en général qu'un ensemble de tous les prédicats possibles, nous trouvons cependant, en y regardant de plus près, que cette idée, comme concept primitif, exclut une multitude de prédicats, qui, eu qualité de dérivés, sont déjà donnés par d'autres et ne peuvent coexister, et qu'elle s'épure jusqu'à un concept universellement délerminé a priori. C'est ainsi que par la simple idée se forme un concept d'un objet individuel qui est déterminé universellement, et qui, par conséquent, doit être appelé un idéal de la raison pure.

686. Si nous considérons tous les attributs possibles, non d'une manière purement logique, mais transcendantalement, c'est-à-dire quant à leur matière, qui peut être conçue en eux a priori, nous trouvons que quelques-uns d'eux représentent une existence, d'autres une simple non-existence. La négation logique, qui est simplement désignée par le mot non, ne s'attache jamais proprement à un concept, mais seulement au rapport d'un concept à un autre concept dans le jugement ; elle

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200 UIGIOOE TRANSCEND&EtTAIA.

est donc loin do sufllre pour désigner un concept par rapport à son contenu. L'expression non mortel ne peut point du tout donner h coonatire qu'une simple noaexistence est représentée par là dans l'objet; elle ne porte absolument sur aucune matière. Au contraire, une négation transcendantale indique la oon-exislence en elle-même, à laquelle est opposée ralTirnaation transcendantale qui est quelque chose dont le concept exprime déjà par lui-même une existence, cl par conséquent est appelée réalité, parce que, par elle seule, et aussi loin qu'elle s'étend, des objets sont quelque chose (des choses), tandis que la négation opposée indique au contraire une simple absence, et que Ih où cette négation seule est conçue, il y a représentation de l'absence de toute chose.

687. Or, personne ne peut penser déterminément une négation sans avoir posé pour fondement l'ariirmation contraire. L'aveugiené ne peut se faire la moindre représentation des ténèbres, parce qu'il n'en a aucune de la lumière; le sauvage ne peut se faire une idée de la pauvreté, parce qu'il n'en a aucune de l'opulence (1) ; l'ignorant n'a aucun concept de son ignorance, parce qu'il n'en a aucun de la science. Tous les concepts négatifs sont donc aussi dérivés, et les réalités contiennent les données, et pour ainsi dire la matière transcendantale de la possibilité et de la détermination universelle de toutes choses.

[1} Lea obaerratioas et les calcols des oslTonomes nous ont appris beaDcoap de choses remarquables; mais le plus important, c'est qu'ils noas aient découvert l'abîme de rij^noronee, qae la raison homaioe, sans ces connaissances, a'aarait jamais pa conceToir si proFood. La méditation sar cette igoorance doit produire un grand changement dans la ditermination du bot final de l'usage de notre raison.

DIALECTIQUE TRAN5CENDANTALG. 201

688- Si donc un substratum transcendant al sert de fondement à la détermination universelle claos notre raison, s'il contient eu quelque sorte l'entière provision de la matière d'où peuvent être pris tous les prédicats des choses, il n'est par conséquent que l'idée d'un tout de la réalité [omnitudo realUatis). Toutes les véritables négations ne sont alors que des bornes, nom qu'elles ne pourraient pas recevoir si le non borné (le tout) ne leur servait de fondement.

689. Mais c'est aussi par cette possession entière de la réalité que le concept d'une chme en soi est représenté comme universellement déterminé, et que le concept d'un être souverainement réel (etUis realmimi) est le concept d'un être particulier, parce que, de tous les attributs opposés possibles, un seul, celui qui appartient absolument à l'existence, se trouve dans sa détermination. C'est par conséquent un idéal transcendanlal qui sert de fondement à la détermination universelle nécessaire de tout ce qui existe, et qui constitue la condition matérielle suprême et parfaite de sa possibilité, condition à laquelle toute pensée des objets en général doit être ramenée, quant au contenu. Mais c'est aussi l'unique idéal propre dont la raison humaine est capable ; parce que dans ce cas seulement, un concept général en soi d'une chose est universellement déteiminé par lui-même, et est reconnu comme ta représentation d'un individu.

690. La détermination logique d'un concept par la raison repose sur un raisonnement disjonctif dans lequel la majeure contient une distribution logique (la division de la sphère d'un concept universel), et où la mineure réduit cette sphère à une partie, tandis que la

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202 LOGIQDE TRAIfSGENDANTALE.

coDcIusioo détermioe le concept par celte partie même. Le concept universel d'une réalité en général ne peut être divisé a priori, parce que, sans l'expérience, on ne coonatt pas d'espèces déterminées de réalités comprises sous ce genre. La majeure transcendanlale de la détermination universelle de toutes les choses n'est que la représentation de l'ensemble de toute réalité, non simplement un concept qui comprenne sous lui tous les prédicats, quaut à leur matière transcendantale; il les contient au contraire en lui, et la détermination universelle de chaque chose repose sur la circonscription de ce tout de la réalité, puisqu'elle attribue quelque chose de cette réalité à la chose déterminée, tandis que le reste en est exclu ; ce qui s'accorde avec le ou répété de la majeure disjoncfive, et avec la détermination de l'objet par un des membres de cette division, dans la mineure. L'usage de la raison, par lequel elle donne l'idéal transceudantal pour fondement de sa détermination de toutes les choses possibles, est donc analogue à celui suivant lequel elle procède dans les raisonnements disjonctifs; ce qui est le principe que j'ai donné précédemment pour base à la division systématique de toutes les idées transcendantales, principe suivant lequel ces idées sont produites d'une manière correspondante el parallèle aux trois sortes de raisonnement.

691 . Il est évident de soi que la raison, pour arriver à celte Bn, c'est-à-dire pour se représenter facilement la détermination universellement nécessaire des choses, ne suppose pas l'existence d'un être qui soit conforme à l'idéal, mais seulement son idée, afm de dériver d'une totalité ioconditionée de la détermination universelle la totalité conditionnée, c'est-à-dire celle du circonscrit.

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D1ALECTIQ0E TRANSCENDANTALE. 203

L'idéal est donc pour elle le prototype iprototypon) de toutes les choses, qui toutes ensemble, conamedes copies défectueuses [ectypa), en tirent la matière de leur possibilité, et qui, lorsqu'elles en approchent plus ou moins, en restent cependant toujours infiniment éloignées.

692. Ainsi donc toute possibilité des choses (de la synthèse de la diversité quant à sa matière) est considérée comme dérivée, et celle seulement de ce qui contient en soi toute réalité est considérée comme primitive. Car toutes les négations (qui sont cependant les seuls prédicats par lesquels toute autre chose peut se distinguer de l'être réel par excellence) sont de simples limitations d'une réalité plus grande, et en6n de la suprême réalité; elles supposent donc celle-ci, et éiisont simplement dérivées quant à la matière. Toute diversité des choses n'est donc qu'une simple manière diverse de limiter le concept de la réalité suprême qui est leur substratum commun, de même que toutes figures ne sont que différentes manières possibles de renfermer l'espace infini. C'est pourquoi l'objet de son idéal, qui ne peut se trouver que dans la raison, s'appelle aussi l'être prt- ■ mitifiens orig'marium) ; en tant qu'il n'y en a aucun audessus de lui, ïéire suprême {ms summum); et en tant que tout lui est soumis comme conditionné, l'être de tous les êtres {ens entium) . Tout cela cependant ne désigne pas le rapport objectif d'un objet réel à d'antres choses, mais bien le rapport de ïidêe à des concepts, et nous laisse dans une ignorance complète sur l'existence d'un être d'une supériorité si éminente.

693. -Comme on no peut pas dire non plus qu'un être primitif se compose de plusieurs êtres dérivés, puisque chacun de ceux-ci suppose celui-là et ne peut par con-

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séquent pas le composer, l'idéal de l'être primitif doit donc aussi être conçu comme simple.

694. L'action de dériver de cet être primitif toute antre possibilité, pour parler nettement, ne pourra donc être considérée comme une circonscription de la réalité suprême de cet être, et eu quelque sorte comme sa division; car alors l'être primitif serait regardé comme un simple agrégat d'êtres dérivés; ce qui, on vient de le voir, est impossible, quoique nous l'ayons d'abord ainsi présenté dans une prômlôre et grossière esquisse. La suprême réalité serait plutôt comme un fondement que comme un ensemble de la possibilité de (ouïes choses, et leur diversité ne reposerait pas sur la circonscription de l'être primitif même, mais sur son parfait développement, dont notre sensibilité tout entière ferait justement partie, ainsi que toute réalité dans le phénomène, réalité qui ne peut entrer dans l'idée de l'être suprême,

605. Si donc nous poursuivons plus loin cette idée et que nous en fassions une hyposlase [ou substance], nous pourrons déterminer l'être primitif par le simple concept de la réalité suprême, comme un être un, simple, suffisant à tout, éternel, etc. ; en un mot, nous pourrons le déterminer, dans sa perfection absolue, par tous les prédicaments. Le concept de cet être est celui de Dieu, conçu dans le sens transcendanlal. L'idéal de la raison pure est donc l'objet d'une théologie Iranscendantale. ainsi que je l'ai rapporté plus haut.

696. Toutefois, cet usage de l'idée transcendantale dépasserait déjà les bornes de sa destination et de sa convenance ; car la raison n'a posé cette idée que comme le concept de toute réalité, pour servir de base à la détermination uuiverselle des choses en général, sans pré-

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tendre que toute cette réalité soit doaaée objectîvemeui et constitue même une chose. Cette dernière circonstance est une pure fiction par laquelle nous rassemblons et réalisons le divers de notre idée en un idéal, comme en un être particulier, sans que nous y soyons le moins du monde autorisés, pas plus qu'à poser même la possibilité d'une telle hypothèse ; de même aussi toutes les conséquences qui découlent d'un tel idéal ne regardent nullement la détermination universelle des choses en général, l'idée seule étant nécessaire h cet effet, et n'ont pas la moindre inlluence sur elle.

697. II ne suffît pas de décrire la marche de notre raison et sa dialectique : on doit aussi chercher à découvrir les sources de celte dialectique, afin de pouvoir expliquer cette apparence même comme un phénomène de l'cnlendemeut ; car l'idéal dont nous parlons est fondé sur une idée naturelle et n'est pas simplement arbitraire. Je demande donc d'où vient que la raison considère toute possibilité des choses comme dérivée d'une seule chose qui leur sert de fondement, savoir de la réalité suprême, et qu'elle suppose celle-ci comme contenue dans un être primilif particulier?

698. La réponse se tire do ce qui a élé dit dans l'Analytique transcendantale. La possibilité des objets des sens est un rapport de ces objets à notre pensée, dans laquelle quelque chose (savoir la forme empirique) peut être conçue a priori; mais ce qui constitue la matière, la réalité dans le phénomène (ce qui répond à la sensation), doit être donné, sans quoi cela ne pourrait pas mêmeêtie conçu, et, par consét|uent, sa possibilité pas représentée. Or, un objet des sens ne peut ôlre déterminé universellement qu'autant qu'il est comparé avec

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tous les prédicats du phénomèoe, et qu'il est représenté par lui, soit affirmatiTemeat, soit négativemeDl. Mais comme ce qui constitue la chose même (dans le phénomène), savoir le réel, doit alors être donné, sans quoi il ne pourrait pas même être pensé, et comme ce en quoi le réel de tous les phénomènes est donné est la seule expérience universelle, la possibilité des objets des sens exige que la matière soit supposée comme donnée dans un ensemble dont la circonscription est la base unique de toute la possibilité des objets empiriques, de leur différence entre eux et de leur détermination universelle. Or, en fait, les objets des sens sont les seuls qui puissent nous être donnés, et ils ne peuvent l'être que dans le contexte d'une expérience possible. Un objet n'est donc rien pour nous s'il ne suppose l'eusemble de toute réalité empirique, comme condition de sa possibilité., Or, par une illusion naturelle, il arrive que nous prenons pour un principe qui devrait valoir pour toutes les choses, un principe qui ne vaut proprement que pour celles qui sont données comme objets de nos sens. Nous tiendrons donc le principe empirique de nos concepts de la possibilité des choses comme phénomènes, par l'omission de cette circonscription, pour un principe transcendantal do la possibilité des choses en général.

699. Mais si de plus nous hypostasious [substantifions] cette idée de l'ensemble de toute réalité, c'est parce que nous convertissons dialectiquement l'unité dtstributive de l'usage expérimental de l'entendement co l'unité collective d'un tout empirique, et qiie nous nous figurons dans ce tout du phénomène un objet uiiique, qui renferme en lui toute réalité empirique. Celte individualité est alors confondue, par le moyen delà subreption trans-

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ceodantale dont nous avons déjà parlé, avec le concept d'une chose qui est au sommet de la possibilité de toutes les choses, pour la détermination universelle desquelles elle fournit les conditions réelles (1).

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