‹ Critique de la raison pure (volume 4)Chapitre 29 sur 39 · SOMMAIRES ANALYTIQUES · texte numérisé non relu

SOMMAIRES ANALYTIQUES

éctaircies logiquement, mais ce ae sont pas des dâterminatioiu nritaphysiques de i'olget peruanl.

464. Si l'on pouvait faire voir qae cesontdesdétermiDationsm^tophysiques de toute sabslaoce pensante, la critique serait reaversée, et noas aarioos fait an pas aa-delà da monde sensible dans le ctiamp des nonmèoes.

465. Paralogisme de la piyctiologie rationnetle. Ce qui ne peat Être conçu (représeotA par la pensée comme objet dans la conscience) qne comme sujet (sobstaoce) n'eiiste que comme sujet (substance).

Or, un être pensant, comme tel (dans l'acte de la pensée, non comme ol^et, mais comme sujet de la pensée) (438), ne peut être conça (représenté dans le penser comme la conscience même) que comme nijet [comme peiuant, non comme peraée).

DoDC il n'existe que comme sujet, c'est-à-dire comme subttanee. C'est li an sophisme Hgwœ dictionit, parce que sujet dans la majeure indique antre chose (une catégorie) que'dans la mineure (savoir une détermination logique), et la pensée a par consâqueut aussi nn »ens tout différent dans les prémisses.

466. Il nous manque une intuition empirique pour appliquer le concept de tubitance, c'esl-é-dire le concept d'un tojet subsistant par bti-méme à la substance pensante.

467. MendelssobD a dit dans le Phédon (dans le premier dialogue) qn'un Sire simple ue peut absolument pas cesser d'étie, parce que, comme simple, il ne peut être conçu disparaissant insensiblement, et qu'il devrait cesser d'SIre lont k coup; ce qui est impossible, parce qn'autremenl il n'y aurait aucun instant entre le moment oti il serait encore et le moment ob il ne serait ptos. — Mais ce qui existe doit cependant, s'il n'a aucune quantité extensive, avoir une quantité tntensive, et par conséquent un degré (car la conscience a aussi ce degré), et ce degré peut faire disparaître insensiblement l'être pensant, et le réduire au néant en l'affaiblissant petit à petit.

468. Si nous prenons maintenant les qoatre propositions précédentes (4S2) dans le rapport ^/nthetigue ci-dessus, de manière à poser pour fondement, non pas quelque chose it^réet, comme dans le a° 4.')2, mais le concept d'un élre petaanl, alors l'être pensant peut déterminerson eiistence par lui-même, et l'etisteoce des choses ettérieares n'étant pas requise pour la détermination de sa propre eibleoce dans le temps (3Î7), est du moins problématique.

469. Si nous prenons les quatre propositions (452) dans nn rapport malyti^ite de manière i ce que, non pas le concept d'un être pen-

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484 souuAniES analttiqdes.

HDt, mois l« je p«n« soit posé poarbase, comme aoe proposition qui renferme déjà en soi une eiisteoce, alors commencent les propositions aoivantes toachant one réalité:

a) Modalité : rialité, je perat.

b) Relation : mbstance et accident, comme sujet.

c) Qualité : réalité, comme st^et simple-

d) Quantité : unité, comme sujet identique.

470. 11 n'7 a rien de réel qni soit simple dans Ve^act; il est donc impossible d'expliquer la qualité de l'être pensant par des principes dn matérialisme. Je pense signifie seulement : fexitte pensant, et c'est one proposition empirique; mais j'ai besoin de quelque cbose de constant pour déterminer de celte manière mon existence dans le temps. Or, s'il n'y a rien de tel dans l'intuition interne, je ne pnis pas décider ai j'existe comme sutstance ou comme accident. Il est donc aussi impossible d'expliquer la qualité de l'être pensant par des principes du spiritualisme,

471. Et comment serait-il possible de dépasser l'expérience pu l'unité delà conscieaceT

472. Il n'j a donc pas de psychologie rationnelle comme doctrine, mais seulement comme discipline, pour soustraire la connaissance de nous-mêmes à une spéculation oisease et inutile, et pour l'appliquer & l'usage pratique, fécond en résultats.

473. On Toit par tout cela qae la psychologie rationnelle doit son origine k on simple malentendu. L'unité de la conscience on une pensée est prise pour l'unité du sujet pensant, et regardée comme l'intuition <fuR objet.

474. Ainsi donc s'évanouit la connaissance delà substance pensante comme objet non sensible de la connaissance. Mais cette critique fait voir en même temps l'impossibilité d'alSrmer la non-existence d'nn pareil être.

475. On ne perd pourtant rien par là en ce qni concerne l'admission d'une vie future. Car la preuve de cette vie, édifiée sur la pointe d'un cheveu, n'a jamais en d'influence sur la raison humaine commune. Les preuves à l'usage du monde, tirées des fins et de la loi morale, conservent tout leur prit.

476. L'apparence dialectique dans la psychologie rationnelle repose sur la confusion d'nne idée de la raison (d'une intelligence pure) avec le concept, indéterminé dans toutes ses pensées, d'au être pensant en général.

477. La question dn commerce de l'Ame avec le corps peut être réso-

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SCMnfAtRBS AHALTnQDES. 48B

Iné d'aprËa ca concept théorique. La difllcDlU de c« commerce, tirée de Vhilénginéité dea objets disparaît, si l'on fiiit attention qne la chose en soi qni sert de base A tons deni, n'est pent-Stre pas si hétérogène. Hais OD ne peut expliquer comment des substances en général sont en

478. La proposition je jienti est empirique. Or nne intaition empirique, par conséquent aussi l'objet pensé comme phénomène, lui sert de fondement. El alors, l'Ame serait-elle phénomène, apparence on rien?

479. a) La pensée, prùe en toi, est simplement la fonction logique sans intuition, par quoi je me pense seulement comme objet, mais de quoi je n'ai encore ancnne intuition à penser.

4S0. b} Hais la proposition: je pense, tn tant qu'elle tignifLe f existe pensant, détermine le sujet (qui est en même temps objet) par rapport à l'eiistence, et ne peut avoir lieu sans le sens intime, dont Tintaition donne l'objet, mais seulement comme phénomène.

481 . Si par la suite s'offrait l'occasion de nous snpposer parfaitement a priori par rapport à notre existence comme légiférant et même comme déterminant cette existence, nons trouverions dans la conscience quelque chose qui pourrait nous déterminer par rapport i nn monde intelligible.

483. Hais alors on n'avancerait pas le moins du monde les tentatives de la psychologie rationnelle.

483. La seconde espèce de raisonnements rationnels (428) de la raison pure, forme, par analogie avec les raisonnements rationnels hypothétiques (427), l'anité incondiiionnée des conditions objectives dans le phénomène qoant A leur contenn (439).

484. Hais U est remarqaable qne le paralogisme transcendantal pro> dnisait une apparence purement tmilatérale; l'avantage est en effet tout do cdté du «ptntualâme.

48a. Il en est tout autrement quand nons appliquons la raison à la synthèse ohjective des phénomènes, ofi elle pense faire valoir, avec beaucoap d'apparence, il est vrai, son principe de l'unité inconditionnée, mais oh elle s'enveloppe aussi dans des contradictions.

486. Bn nonveau phénomène de la raison humaine se laisse apercevoir ici, je veux parler d'nne antithétique toute naturel^, dans laquelle elle doit ou s'abandonner A nn désespoir sceptique, on se frapper d'une manière insensée. Dans les deux cas il y a mort de la saine philosophie, quoique la premier puisse encore être appelé l'Eutonone de la raison pnre.

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488 BOHlUniSS ANALTnQDBS.

487. Des idées trantceodantales, qui «oncenient la BynttièM absolue des phénomènes, s'appellent idéa eosmiipta. Cette aotithétiqne oo anttaoraie de la raison pnre sert donc de fondement à ane comoiogû dialeetiqw.

488. a] Les idées cosmologiqiies transcen dan taies sontdes catégoriat Atendnes jasqa'à l'inconditionné; b) les seules calégories propres ft cet usage sont celles dans lesquelles la synlbèse conslitue nae sérïe.

489. Mais la totalité absolue des conditions n'est eiigëe par la raison qu'autant que la série ascendante des conditions s'élève an conditionné.

490. La synthèse d'une série de conditions, allant du cAlé des conditions, s'appelle régresxive; la synthèse qui va dn cAté da coodition- Dé, est la synthèse progrmive.

491 . a) Quant i la quantité, le temps et l'espace donnent des séries. L'idée transcendantale de la totalité absolae s'étend donc à tout temps passé. Dans l'espace, le progressus et le regressus sont identiques ; et comme chaque partie y est limitée par les snivantea, et par conséquent conditionnée, l'idée transcendantale de la totalité absolue s'applique aussi i l'espace.

492 b) Quant à la (TUdJiM, lartofilë dans l'espace, lamaltëre.donne un conditionné dont des parties sontdes conditions inlemes; il y a donc ici encore nne série et un progrès vers rincouditionné.

493. c) Quapt à la relation, la gubstance et Vaeddent ne forment pas des séries; les sobatances ne sont pas non plus en commerce parce qu'elles ne sont pas subordonnée?, mais coordonnées. Il n'y a que la causalité qui donne ane série de caiaet et d'effets, par conséquent on progressus h l'inQni.

494. d] Quant d la modalité, les concepts do potsible, dn réel et dn nécessaire n'engendrent aucune série, excepté en tant seulement qne le contingent dans l'existence doit toujours être regardé comme conditionné.

49B. II n'y a donc que çuofre idées cosmologiqnes, snÏTantlesguotn Utres des catégories, savoir :

La plénitude ou intégralité absoloe

1° De la romposifton du tout donné de tons les phénomènes,

i' De la division d'un tout donné dans le phénomène ,

3° De la naissance d'un phénomène en général ,

4* De la dépendance de l'eiislence du muable dans le phénomène.

496. 1" obsenation. L'idée de la totalité absolue ne concerne donc qne Vexpoiition (40) des phénomèoes.

497. 2* obseruatton. La raison dutoga l 'inconditionné qai est ton-

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SOMHAIBBS ANALÏTIQUBS. 487

jonrs oontean dans la totalité absolue de la série. Hais cette synthèse accomplie absolument n'est qu'idâe, car sa possibilité sensible est encore maintenant un problème. Hais cette idée «st néanmoins dans la raison, qui part de l'idée de la totahté, quoiqu'elle ait proprement Vinconditiotmé ponr but.

498. Cet inconditionné est donc, on simplement dans toute la série, OQ une partie de la série. Dans le premier cas, la série est virtuellement infinie; dans le second, il y a un commencement du monde, une Umite du monde, quelque cliose de simple, une activilé tpontaxÉe obsohie, et une nicetsité naturelle absolue.

499. Le mot morufe indique le tout mathématique de tons les phénomènes; la nature est le tout ds/nami^ue de tous les phénomènes. La causalité t'ncondtlionnée dans le phénomène s'appelle donc activité spontanée on liberté, mais la causalité condtli'onnw s'appelle came naturelle ; le conditionné dans l'existence en général est le conttn0e/i<; l'tnconditionnë, le néceaaire; la nécessité ttieondt'lt'onn^ des phénomènes, nécessité naturel fe.

500. Les concepts atsmiques [idées cosmologiques) méritent aussi ce nom, parce qu'ils poussent la synthèse jusqu'à un degré (la totalité absolue de l'ensemble des choses distantes) qui dépasse toute eipérience possible. Cependant les idées du mathématiquement inconditionné méritent ce nom dans le sens strict, et les deni antres, celui de concepts naturels transcendantavx.

501 . Si l'on entend par thétique tout ensemble de doctrines dogmatiques, yantithitiqne de la raison pure est alors l'opposition apparente des doctrines dogmatiques, sans que l'on reconnaisse que Tune mérite l'assentiment plutôt que l'autre, L'antilVttgue transcendantafe est donc an eiamen de l'anttnomte de la raison pure.

508. Trois questions se présentent dans une antitMtique de la raiton pure:

1* Dans quelles propositions la raison pure est-elle proprement soumise à une antinomie T

2* Quelles sont les causes de cette antinomie?

3* Si cependant il reste à la raison une voie ouverte à la certitude, et quelle est cette vote?

503. Riponie à la première qu^tion. Les propositions de l'antithétique de la raison pure doivent :

1» Concerner des questions sur lesquelles s'appuie tonte raison hnmaiue ;

2* Porter arec elles nne apparence inévitable.

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48S SOHIUIBBS AIULTTIQDIS.

BOt. iUpoRM à la deuxième qaettion. Les propositions de l'anlitliétiqae sont trop grandes pour l'entendemeot lorsqu'elles sont conformes à la raison; on trop petites ponr la raison, si elles sont conformes & l'entendement.

SOS. Réponse à la inritiime quation. La Toie i. la certilnde est la mithodt iceptique, ou la méthode qoi consiste à regarder le combat des assertions ponr rechercher si l'objet de la dispate n'est pas une

SOS. Mais cette méthode sceptiqne n'est essentielle qu'à la philosophie transcendantate, par la raison qu'il n'y a là ni tntinltonpure, ni tteptrience.

sot. TUw. 1) Le monde a nn ùonmunixment dans le temps.

S) Le monde a des bonus quant à l'espace.

S08. iy«tni«. 1) Le contraire de la premt^ proposifion snpposenne série l'n/lnte qoi serait /tm'*; car une éternité serait parcourue & tont instant. Hais nne série infinie qoi serait accomplie, est one contradiction.

500. 2) Le contraire de la «conde proposition «oppose no tont infini qni serait /Ini : car le monde serait nn tout infM donné, dont la totalité D'est concevable que par la synthèse complète des parties. Or, one ■ynthèse snccessive des parties d'un monde in/tm', qni serait finie, est nne contradiction.

BIO. Antithèse. 1) Le monde n'a pas de commencement dans le temps.

2) Le monde n'a pas de Aomej quant A l'espace.

SU. Preuve. I) Le contraire de la première proposition (SIO,!) sappose on temps vide qni serait plein. Car avant la naissance dn monde aurait dH eibter alors an temps vide, qni devait être distingué de toat antre temps vide, c'est-à-dire qui devait être plein. La noinance d'nne chose quelconque dans un temps vids est donc impossible.

BI2. !] Le contraire de la seconde proposition (5(0,2) snppose un espace vide qui serait p^eiti. Car le rapport dn monde à l'espace vidg est un rapport'du inonde à aucun objet; et cependant le monde borné devrait se trouver dans na espace vide illimité.

913. I. Obierootton sur la première antinomie. I. Sur la tkète. Les preoves 511,512, ne sont pas des arguments d'avocat, dans lesquelles on mettrait & profit les fautes des dogmatiques. Chacane est au contraire tirée de la nature de la chose.

Sli. Du reste on aurait pu mettre à profit, pour établir une sem-

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StnOUIIIBS ANALTTIQDRS. 488

blable pretiTe, le concept Ticieni an sujet de l'infiniti (fun tout, qu'il y a âne qoantité Ulle qn'ancnne autre ne peut la surpasser.

SIS. Hais le Téritable coocept tramcenâantat de l'inBaité est qne le syDtbAse sueceetivt de l'aiiité ne peot jamais être accomplie dans l'action de mesorer one qoentité.

Std. Pour ctmceroir la totalité d'aoe maltitnde infinie donnée en même temps, noas derons en faire voir la potnfrilité par la synthèse successive des parties. Cette synthèse est donc nae série qni ne sera jamait finie, tandis que la totalité la suppose au contraire finie.

517. II. Sur l'antith^. Un temps vide et une espace vide ne peuvent pas être des bornes du monde, comme l'affirme dëjA la philoso< phie de Leibniz; et cependant il faut admettre ces deux non-êtres, si l'on admet une limite dn monde.

518. On cherche, il est vrai, à éluder cette conséquence, en coneevant, an lieu d'un monde temible, an monde intelligible, et an lien du premier commencement, nue exittence en géniral. Mais il s'agit ici da monde sensible.

519. Thèse. I) Tonte substance composée dans le monde résulte da parties «impies.

2) Il n'eiiste rien que le ttmple on ce qni en est composé.

320. Preuve. I) Le contraire de la première proposition (619, t) suppose une tubstanee qni n'est pas composée de substances et par conséquent rien. Car, ou l'on ne peut faim disparaître dans la pensée tonte composition, poisqn 'alors le composé ne résulterait pas de tulatances, mais A'aeddentt; ou il ne doit absolument rien rester, ou ce doit être le simple.

521. 2) Le contraire de la seconde proposition (919,2) suppose le contraire de la première proposition (519, t). Donc toutes les choses do monde sont des substances simplet, et la composition n'est qu'un état extérieur des substances élémentaires.

Bii. Antithèse. I] Aucun comptosé dans le monde ne résulte de parties simples.

2) Il n'existe rien de simple dans le monde.

S23. Preuve. I) Le contraire de la première proposition (592, 1) suppose qnelque chou de simple, qni est un composé substantiel, parce qne chaque partie du composé, et par conséquent aussi le simple, doit occuper encore nn espace, et qne le simple devrait par conséquent être composé.

5S4. 3) Le contraire de la seconde proposition (522, 2) suppose quelque chose d'empirique, qui ne peut jamais être épronvé. Car la

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400 SOIOUIIISS AHALTnQDES.

proposilian dont il s'agit affinne qae le simple n'est pu no objrt de l'expérieDee. Sopposé donc que nous percerions le simple^ on ne poarrait conclore, de ce que nons n'y percarons aacnoe composition, qu'il n'est pas composé; ce qui est cep«adant le earaetère de la tirrq^lieili abtolue.

525. Cette seconde proposition (S22, fi) va plus loin qne la première (S22, I), qni ne bannit la simple que de l'tRtmtt'on du co«poi^, parc« qne cette proposition fait abstraction de toute nature.

5S6. Observation $ur ta ueonde aiiftmmtie. I. Sur la fU». La prenva ne vaut qne d'nn tout au6«lantiel, mais pas de Vetpaee, ni dn lempt, on des aeridentt. Car l'espace n'est pas un composé, mais on tout, on en tout cas un compoU idéal, et non no compoié ritl. Et pniaqo'il n'est pas composé de substances, il ne reste rien dès qu'une fois on sn[qirime la composition. Il en est de mSme da temps. Des acddents n'appartiennent qn'à l'état de la substance.

527. Cette thèse peut s'appeler le principe dialectique de la monodologie. A la vérité ta monade est proprement le simple, qui est immédiatement donné comme substance simple ; mais le mot otonitsttque, qni convenait ici auparavant, poarrait être mal interprété^

528. 11. Sur l'antithéte. Les objections des monadiatea contre eetle prenve sont déjà suspectes par lesenl fait qu'elles infirment Ixpreucei mathématique» les plus claires relativement aux connaùsancet des propriétés de l'e^ace, et qu'elles se fondent sor ce qae les phénomËnes doivent âtre des cAoses en soi.

S2B, Une objection contre le n* 92t, 2, consiste i dire: le nwii est aoe substance absolument simple, or si qoelqae chose est coaçn simplement comme objet sans ajouter aucnne déterminatioQ sf ntbétiqne de son intuition, alors rien de divers ne peut Être perçn dans nue semblable représentation. Par rapport à soi~m6me tout objet est nnité absolue ; mais il doit être considéré eitérienrqpient comme un objet de l'intoition, pour s'assarer s'il est nmple on

530. Thèse. La cansalité suivant des lois de la nature n'eipliqne pas tous les pbénomèDes daos le monde; il est nécessaire d'admettre en outre à cet effet une cansalité suivant des lois de liberté.

531. Preuve. Le contraire suppose une causalité sans raison mjjlsanle, parce qu'alors il n'y a aucune iolégralité de la série dn cù\i des causes dérivant les unes des autres, et qn'il manque en conséquence une raison suffisante.

532. Il doit donc y avoir une cause première qni n'est pas effet, c'est-i-dire noe eauialiti suivant deaMtde Hberli.

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souuiiœs ANALTnQtms. 49t

SÏ3. Antithéte. II n'; a pas de liberté; tout an contraire arrive QDiqDement soivant des lois naturelles.

534. Preinie. Le amlraire suppose nne cansalité déterminée par rien, car la canse agissaate commence la série sans y être détermi-

535. La liberté est donc une causalité aveugle, et dans la nature senle doivent être cberchés l'enchaînement et l'ordre des événements cosmiqnes.

536. Observation sur (a 3* antinomie. I. Sur la thèse. La liberté dont il est ici question est la spontanéité absolne des actions. Il s'agit de savoir si elle doit être admise; car de savoir comment elle est possible, c'est ce qu'on ignore complètement, et l'on n'en sait pas d'avantage de la causalité solvant des lois naturelles.

537. La raison a sensé n si blement besoin de l'idée d'nne pareille liberté; aussi tons les philosophes de l'antiqnité, les épico riens exceptés, l'admettaient.

838. II. Sur l'antiVuie. Les pkysioeratet trancendantaux disent : si voas n'admettez rien dans le monde de mathématiquement premier quant an temps, vous n'aurez pas besoin non plus de quelque ebose de djnamiqaement premier quant à la causalité. Il ; a toujours en des substances et par conséquent nne série de leurs changements.

539. La liberté pourrait enfla n'avoir lien qu'eœtériettrement an monde, car si les substances qui sont dans le monde en étaient douées, c'ea serait fait par li de tonte causalité ioivant des loie tiatnrellfs , et le jeu des phénomènes ne serait alors qu'un rêve.

540. Théie. Un être aisofwnent n^essat're comme partie on canseda monde, fait partie dn monde.

541 . Preuve. Car tont le temps passé embrasse toute la série des conditions et par conséquent aussi l'inconditionné en soi. Cet inconditionné est absolvaient nécessaire pour l'intégralité de la série des conditions. Ce nécessaire appartient même an monds sensible, autrement il ne serait pas dans le temps, quand cependant il doit y Btre A titre de commencement d'une série de changements dans le temps.

542. Atiliihése, Il n'y a aucun être absofumentn^essatrs: I' nidans le monde, 2* ni hors du monde, comme sa causa.

543. Preuve. I) Le contraire [542, i) supposerait nne condition dans le temps, qni serait inconditionnée, contrairement à la loi de causalité pour on tout nécessaire résultant des parties purement contingentet; ce qni est contradictoire.

544. 2) Le contraire (542, 2] snpposerùt nne txaaehonâu monde,

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4d!l SOWUIBKS ANALmODES.

qoi cependaat serait dans le mtmde, car tu cansalilé ser&it dau U

345. Observatioti sur la quatrième antinomie. I. Sur la théte. L'argnment est cosmo logique. 11 appartient à un antre principe de la raison, de rechercher la pronfe par la simple idée d'un être SQpremede tou les êtres,

546. La preuve eotmologique pnre ne peat décider si l'être nécessaire est le monde oa on être âiffirent da monde.

547. Mais qaaad one fobon commence la prenve eoanologique, on ne peut pas la changer, en sortir, et arriver à qnelqne chose qui n'est abKbanentpasun membre de la série. L'être nécessaire doit donc être le membre le plus élevé de la série cosmique.

54S. On a cependant fait nn semblable saut; on a conclu des changements dans le monde à leur dépendance de conditions empiriques. Hais comme on ne trouve ici aucun membre premier, on santé par le moyen de la catégorie pure de la cause à une série intelligible.

549. Or, le changement prouve bien la contingence empirique, mais pas la contingence intelligible.

650. U. Sur l'antithèse. Les difflcaltés d'admettr^ l'eiislence d'an être absolument nécessaire doivent être cosmologiqwi. Il faut faire voir en effet que la progression ascendante dans la série des causes du monde sensible, ne peut jamais aboutir k une condition empiriquement inconditionnée.

551. On voit dans cette antinomie un contraste résnltant de ce que l'on conclnt du mime ajournent, dans la Uièse, l'existence, et dans l'anlitlièse, la non-exittence de l'être primitif.

552. Une propriété particulière des idées cosmologiques, c'est qu'elles ne permettent pas qu'an objet qui leur corresponde soit donné dans l'expérience, et qu'elles ne sont cependant pas conçues arbifa^rement.

553. Hais la philosophie fait voir dans cette ascension de l'eipérience à. ces idées, ane d%Dité qui surpasse la valeur de toate antre science humaine. Le mathématicien donnerait volontiers tonte sa science pour la solntion des questions aniqu'elles elle s'élève par là.

S5t. L'honnear et la sécurité de la raison exigent donc qu'elle soit d'accord avec elle-même sur la réponse 6. ces questions.

SnS. Hais il importe d'examiner, avant toute recherche sur ce sojet, de quel cfité des propositions qui se repoussent mutuellement, se tronve le pins grand intérêt.

956. Les partisans de la thèse et c«ux de l'antithèse partent de deux

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SOmUIRKS ANALTTfQUBS. 48S

priDcipes différents ; les premiers preanent le prindpe da dogtnatimu, les seconds celai de l'empimme par.

537. 1.Dn cOlé du (fogmatûma, dans ladêtermiDstioD des idées rationnelles cosmo logiques, on du cOté de la thèse est :

558. 1° Un iniét&i pratique. Que le monde ait un commencement, qne le moi soit incorruptible et simple par conséquent, etc., toat cela est an appai à la morale et à la religion, que l'antithèse semble noos

559. 2' Un intérêt spéculait/. Si l'on admet qne le monde a un commencement, etc., on peut embrasser parfaitement a prton' toute la chaîne des conditions; l'antithèse au contraire ne donne à la chaîne aucun soutien dans une chose subsistant par elle-même comme être primitir.

B60. 3' L'avantage de la populèriti. Le sens comman ne trouTe pas la moindre difQculté dans les idées du commencement inconditionné da monde et de tonte la synthèse. Il n'en est pas de mSme avec l'ascension infatigable et sans Bn du conditionné h la condition.

56 t. II. Du cOté de l'empirisme pur, dans la détermination des idées rationnelle cosmologiqnes, ou du cdté de Vantithése, est ;

562. I* Amam intérêt pratique. L'empirisme pur semble an contraire âter tonte force et toute inOuence k la morale, t. g., en ne donnant ancoQ être primitif distinct du monde ;

563. 2> Hais un plus grand intérêt spèailatif. L'eatendemeat est toajoors ici snr son terrain propre; il peut y tout mettre en intuitions, on tout éclaircir et élucider par des îatailioDs.

564. Exemples, Il n'est jamais permis à l'empiriste d'admettre aacnne époque de la nature pour absolument première, etc. Son principe est la maiime de l'eitension la pins grande possible de l'entendement humain par l'expérience, et en même temps ia maiime delà modestie dans les prétentions, et de la retenue dans les assertions.

B6S. Mais il devient préjudiciable, s'il se fait lui-même dogmattgue par rapport ani idées, ainsi qn'il arrive le plus souvent.

566. De là chez les anciens deai systèmes : le platonisme, pour la théie on le dogmatisme, et Vépiewéitme pour VantiHiése an l'empiri»me pur.

B67. Tous deux vont trop loin : le platonisme nuisait an unoiV et k la recherche physigue, par ses explications idéales des phénomènes de la natnre; l'épicuréisme était contraire i la vie pratique rationnelle.

S68. L'empirime pur est contraire à h popnlarité, car le trantem-

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494 SOMIUHtES ANALmODBS.

datttal des dogmatitpu» a'est pas ans raison pour le seu ctraunnn d'admettre l'empirisme, parce qa'an fait de traascendantalisnM, le pins instruit n'en sait pas plus que loi. La cùmmodili et la variiU recommandent très fart le dagmatitme. Le sens commun veut en ontre avoir quelque chose qui lai serve à commencer avec conQanoe l'explicatiou, etc.

569. Le dogmatisme présente en ontre un iatérât architeetoniqiit auquel l'empirisme est opposé. Le premier peut adiever l'édiQce de m connaissance; le second ne le peut pas.

570. Si l'homoie pouvait s'affranchir de tout intérêt, il serait dans DU état d'incertitude constant. A^j'ourif Aut il serait persuadé que la volonté est libre, demain que tout est naturel. Quand il s'agirait d'agir, il choisirait de nouveau ses principes comme s'il avait un iotérit pratique.

B7I. Question. Y a-t-il dans la pUIosop&û transcendantele une question ifooluble^

572. AitponK. Non; car le concept qui nous met en élat de faire la qnesUoD, doit anssi nous rendre capables d'y répondre, puisque l'objet ne doit pas être cherché dans l'expérience, mais qu'il est dans le concept même.

573. Dans la philosophie traïucendantale, il n'y a qne les questions cosmologiques par rapport auxquelles la qualité de l'objet peut exiger nue réponse satisfaisante; car la question concerne toujonrs la totalité ahsolue de la donnée; ce n'est donc pas un objet emptriçue, mais une idée; le problème doit donc pouvoir être résolu par l'idée.

574. Dans les autres sciences rationnelles pures, c'est-à-dire dans les motUmaliguâs ])ures et dans la morale, aucune question ne pent être absolument sans réponse possible, [I j a au contraire dans la connaissance de la nature une infinité de conjectures.

97S. Ou ne peut donc pas échapper 6. l'obligation d'une solntion, au moins critique, des questions rationnelles proposées.

576. On peut au moins demander d'oh liennent les idées; car elles ne sont pas dans l'eipérienoe. Le fout dans le sens empirique n'est jamab tel qne comparativement, mais dans les questions rationiwIlBS transcendants les, l'explication du tout absolu est exigée.

577. L'objet de ces questions n'est que dans notre cerveau, et leur réponse doit par conséquent être critique.

678. La grande utilité de la manière sceptique de réeoudre les questions, consiste en ce que nous apercevons par U si, daas l'affirmation ou la négation, il n'y a pas quelque chose vide de sens; Bons tommes appelés à examiner critiquemeot la qi

579. Une idée coamologiqoe doit être toat à fait vun« et vide de ■eoB, si Tobjet ne lui convient pas, de qnelqae manière qu'on cherche à l'j accommoder. Et c'eat ce qui a lieu :

5S0. I* Avec Vidée du eommewernent du monde. Si le monde n'a poe ds commencement, il dst alors trop grand pour notre concept; s'il a va commencement, il est alors trop petit pour notre concept. D&ps le premier cas, l'ëtemité écoulée ne peut être atteinte ; dans le $econd, je demande ce qui était auparavant, et pourquoi il a commencé il y a eOCOansetpasplnstat!

BSI. Il en est de même avec la grandeur du monde. Si le monde est infini, il est alors trop grand pour notre concept empirique. Est-il pà, il est trop petit. Dans le premier cas, je ne puis atteindre la Bo ; dan* l'oulre, je demande qu'est-ce qni est an delà des bornes dn monde et pourquoi le monde ne s'étend pas plos loin }

582. S* Avec Vidée dit simple. Si la matière se compose d'une inflaitâ départies, alors la régression de ia division est trop grande ponr notre concept empirique, je ne pois pas l'achever; si ia division s'arrête A un membre, alors la régression est trop petite pour te concept empirique d'après l'idée de l'inconditionné, et je demande pourquoi cette partie ne peut plus eire divisée.

583. 3° Avec Vidée delà cataalitéincunditiomiée. S'il n'y a rien dans tout ce qni arrive qui ne soit la conséquence des lois de la nature, alors c'est trop grand pour notre cpncept empirique, nous ne pouvons pas atteindre la cause suprême.

S6i. Y a-t-il an contraire une causalité par liberté : alors le pourquoi snivaDtnne loi inévitable de la natnre nons poursuit et nous force, d'après la loi cansale de l'eipérience, de nous élever au-dessus de ce point. Cette totalité est par conséquent trop petite pourlout le concept empirique nécessaire.

S8S. 4* Avec Vidée (ftm itre abiobtment nieeaaire. Admet-on on tel être ; alors on le pose dans un temps éloigné de tout point de ^mp9 donné. Cette idée est trop grande ponr notre concept empirique.

686. Hais si tout ce qni fait partie da monde est contingent, tonte existence donnée est trop petite alors pour notre concept empirique. Car elle nous force à chercher toujours antour de nous une antre existence dont elle dépende,

587. Hais nons disons que l'idée cosmique est trop grande on trop petite ponr le concept intelledael, et non pas que le coocept est trop petit ou trop grand ponr l'idée cosmique, parce que l'expérience poa-

D,q,i,i.:db,.GoogIe

496 SOIOUIRBS ANALTTIQUBS.

Bible peut senle docaer de la réalité ft dos concepts; ce qoihit qnele

concept empiriqae est la mesure de l'idée.

5S8. De là donc le sonpfon fondé qne les idées cosmologiqaes ont pour fondement un concept ride et purement ima^naire.

BS9. Uidialisme transcendantal dans l'Esthétique transcendantale s été démontré; c' esta- dire qu'on a fait voir que lont ce qui est perfo dans l'espace et dans le temp, n'est qne pfiinomérut, c'est-à-dire de pures représentations, qui ne sont réellement pas en dehors de DOtre pensée, ou qui ne sont pas des chosfs subsistant par elUa-mima.

590. Hais cet idéalisme trarueendantal ne doit pas être confondu avec l'idéalisme empirique, qui regarde l'espace comme quelque Aote tk ritl, tout en doutant de l'existence des choses élendnes dans l'espace. Il n'; a rien de réel, saivant cet idéalisme, que les phénomènes dn sens intime, qui doivent démontrer l'eiistence de leur objet.

591. L'idéalisme traimmdantal accorde an contraire l'eiist«acedes objets de l'intuition eiteroe, tels qu'ils sont perçus d&ns l'espace, car sans cela il n'j aurait aucnne représentation empirique. Hais l'espace et le temps avec les phénomènes qui s'y présentent, n'existent psa hors de notre apprit.

992. Les objets de l'eipérieDce n'eiîstent pas en dehors de l'expérience. Par exemple : il existe des habitants dans la Inné, ugnifle qae si nous ponvions étendra notre expérience jnsqn'à la lune, nous j trouverions des habitants. Ils n'existent par conséquent pas en dehors de cette expérience on de son extension.

693. Les phénomènes, comme perceptions, n'ont de réalité qn'en nous, car ce ne sont pas des choses en soi, mais de simples représentations qoi ne peuvent pas exister hors de noos.

S94. Ils s'appellent des ohjeU en tant qu'ils sont réunis et déterminables dans le rapport par des formes de notre sensibilité, l'espace et le lamps, suivant des lob de l'unité de l'expérience. La cause non ■enûble de ces représentations nous est absolument icconnue, et nous ne ponvons par conséquent pas la percevoir comme objet. Noos pouvons cependant la nommer Yobjet trancendantal et lui attribuer toute la circonscription et l'encbalnementde nos perceptions possibles.

09S. Tons les objets ne sont donc que de pures représentations, et ne sont donnés que dans l'expérience même, oo comme appartenant à l'intégralité absolue de l'expérience. Ils existent avant mon expérience, c'est-à-dire qne je ne puis arriver k leur perception qne suivant d'antres perceptions, La cause en est transcendantale et inconnue.

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SOHMAIRES ANALmOUBS. 497

B96. Toate l'antinotaie de la raisoa pnre m fonde anr l'argument dialectique suivant : si le conditionné est donné, la aérie entière de tontes les conditions est aussi donnée; afqui, etc.; ergo.etc.

S97. Cet argument repose snr le postulat analj^que et logiqne anivant : qoe si le cooditionnè est donné, une régression dans la série de toutes les conditions est aussi donnée par là.

B98. La régression dans la série des conditions n'est pas donnée seulement dans les choses en soi , elle l'est déjà réellement avec elles; donc aussi le conditionné. Mais dans les phénoména, le premier cas seul a lien.

G99. L'argament qui précède est donc nn lojMima figura dietiimis. Dans la majeure, le conditionné est pris dans le sens tnnicendsntal d'une cat^orie pnre; mais dans la mineure, il est pris dans le sens empirique d'un concept intellectuel, appliqué A de pnrs phénomënei.

600. Hais la discorde des deux partis n'est pas encore apaisée par là, il faut de plus qu'ils soient convaincus qn'ils se disputent pour rien. C'est ce qu'il s'agit de faire voir.

601 . Z^nnn dEUe avait raison dans ses assertions, quoiqu'il paraisse nier deux propositions réciproquement contradictoires. Les propositions contradictoires qn'il niait tombaient toutes deux, parce qu'elles ■apposaient one condition sans fondement.

602. Exemple. Siquelqu'unditque toutcorpssentonbonoupasbon, les deux propositions peuvent Stre fausses, parce que quelque chose de taux est supposé, à savoir qu'il sent quelque chose. C'est une ûmple oppon'tû») [per disparata], mais pas une opposition contradictoire.

603. Application. Si je dis, en conséquence, que le monde est on fini ou infini quant à l'espace, les deux choses peuvent être fausses, à HToir, dans le cas oh le monde n'est pas considéré comme nue chose en soi, et oh il n'est donné, quant à la grandeur, ai comme fini ni comme infini. Cette opposition peut s'appeler dialectique, celle de contradiction, s'appelle logique.

604. Si l'on regarde les deox propositions précédentes comme coniradictoirement opposées, on suppose alors qne le monde est une chose en soi. Hais si l'on ne fait pas cette supposition, ce n'est pins qu'une opposition diaiectiqae.Ello ne se rencontre que dans la régression empirique des phénomènes et n'est point en soi.

605. 11 en est de mSme de tontes les autres idées cosmologiques. La série des conditions' n'est que dans la synthèse même, et non en soi dans Is phénomène.

606. Ainsi l'antinomie de la raison paie est levée par l'idéalité

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4&6 SOMMAIRES AKALYTIQUES.

transcend&Dtale des phânomèaes, et l'on peat aussi, rèciproqnement,

proaver la dernière par la première.

607. Importance de cette observation. Od voit par là qae les prenTet précédentes de la quadruple anliDomie étaient fondamentales, sons U SDpposîtioQ que le monde sensible soit une chose en soi.

60S. Le principe cosmologiqne de la totalité abiolM dt la téris des amâitiom est an principe régulateur, c'est-à-dire un principe de la pins grande pragression possible et de l'extensioa de l'eiptérience.

60ft. Il ne peut donc pas dire ce qu'est l'objet, mais comment doit être établie !a régression empirique, de ntanière à ce qn'ancniie limite empiriqne ne doive valoir comme limite absoloe, car l'absolnment inconditionné ne se rencontre pas dans l'expérience.

610. On se sert, pour déterminer avec précision la synthèse d'une série qni n'est jamais complète, de deux expressions; progretsûm à l'infini, et progression ^ Vindé/ini. Les mathématiciens emploient h première et les philosophes la seconde.

SU. On peut dire avec raison d'une ligne droite, qu'elle peui être prolûi^e A l'inOni, et aussi indéfiniment loin. Ce serait one vaiue subtilité de distingner ces deux choses, et il en est de même avec tonte progression ou retour possible de la coudition an conditionné; il va à l'iuOui.

612. Dans la régression ou retour du conditionné anx conditions, il est très important de distinguer. si je puis dire que la régression va indéterminément loin [in inde/inifum), c'est-à-dire qu'aussi loin que je remonte, je ne trouve jamab de limite absolue, ou qu'elle va à Vinfini.

613. En effet, tout e$tdo?in^ dans une intuition empirique, la régression va à rin/!ni, parce que tous les membres sont donnés ensemble. Ilab s'il n'y a seulement qu'un membre de la série de donné, alors la régression s'étend indép.niment loin (in inde^nitum), parce que les membres ne sont donnés que par la régression, et qn'nne Umiteabsolue ne se rencontre nulle part.

614. Il n'est pas ici question de savoir quelle est en soi la grandenr de la série des conditions, car ce ne sont pas des choses en soi, mais des phénomènes. La question est donc de savoir jusqu'oà la régresàon est possiblel et alors la répun'>e est : à l'in/tni, si le tout est donné empiriquement, car il y a toujours là plus de membres que je n'en puis atteindre par la régression ; — ou à Yindi^i, parce que tout membre que je trouve en suppose toujours un nouveau comme sa coadition. Dans le premier cas, une régression est à l'infini; dans le second, une régression infinie est possible.

Dm,l,i.:d=,G00gIe

SOMHURES ANALYTIQUES. 499

6J5. La section sairante mettra ces obserratioDS dans tout lear

joar par l'application qui en sera faite.

6(6. Dans l'asage d'un principe rationnel il ne peut âtre qnestion

cependant, qne de savoir jusqu'où nous devons rétrograder dans la

régression empirique, en remontant dans l'expérience à ses coudi-

tiooa.

617. Il ne nous reste encore que la validité dn principe rationnel

comme règle de la continuation et de la grandeur d'une expérience

6IS. Avertissement général. Dans toutes les questions cosmologiqaes le fondement du principe régulateur de la raison est qu'aocnne expérience d'nne limite absolue ne se trouve dans la régression empirique, parce qu'autrement la régression des perceptions ne devrait pins ricQ rencontrer après cette limite, ce qai est impossible.

619. Application. Cette proposition contient donc la régie l'n terminis que : dans toute condition il fant remonter à une antre.

620. Pour résoudre cette première question cosmologique, il fant décider encore si, dans ce cas, la régression va à rm;!nt ou à l'indéfini,

621. héponse. La régression va ici à Vindéfini; elle ne détermine aucune grandeur dans l'objet parce que cette grandeur dépend de la régression même.

632. On ne peutdonc pas dire du monde sensible qn'il est fini ou infini, car il n'est donné que par la régression, mais celle-ci s'étend indépjtifnent, ou est une régression inUnie possible.

633. La réponse première et négative à la question cosmologiqne de la grandeur du monde est donc: le monde n'a ni commencement quant au temps, ni limites quant à l'espace.

624. Pourquoi? Parce que autrement il serait limité par l'espace vide et te temps videj ce qui est absolument impossible pour des phénomènes qui n'existent que dans l'expérience.

63S. La réponse detixiême et a^rmative à la question cosmolo^ne de la grandeur du monde est qne : la régression dans la série des phénomènes s'étend A Vinfini.

626. De cette manière, une régression déterminée, qui continue sans interruption dans nne certaine espèce de phénomènes, n'est pas prescrite, mais seulement le pro^ressus de phénomène à phénomène, dussent ces phénomènes, k la fin, être d'un trop faible degré de conscience pour être d'expérience,

027. Le monde n'est donc limité ni conditionnellement niinconditionnellemeat; il n'y a dans le monde qne des phénomènes conditionnetlement limités.

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800 SOmUIRES ANALYTIQUES.

618. Hus teooncept de la grandeor counique n'est donné qne par ta régression, et celle-ci s'étend à une distance indéfinie,

629. Avertissement général. La division d'nn tont donné en intuition s'étend A l'infini, quoiqu'oo ne puisse pas dire qne le tont se compose départies infiniment noœbreases; car les conditions (las parties) sont contenues dans le conditionné même, mais la divisiom n'est pas donnée. Les parties sont donc données, il est vrai, mais pas comme nae série infinie; cette série est snccessivement infinie. La diTision n à. l'infini, mais ce n'est pas déjà une division infinie.

630. t" Application à l'espaoe. Tout espace renfermé dans des limites est nn tont dont les parties, dans toute décomposition, sont toujours des espaces, etpar conséquent est divisible & Vinfini.

63t. 2* ilppIJcattORaiix corps. Toute matière (corps) renfermée dans ■es limites est un tout étendu, dont les parties, dans tonle décomposition, sont toujours de la matière, et par conséquent est divisiUe i j'injim'.

632. O^ection, Mais nn corps est cependant substance et ne peut être soumis & la même loi de la divisibilité que l'espace dans leqnet il doit être représenté et qui n'est pas substance. Jl^ponse. Une substance dans te phénomène n'est pas sujet absolu, mais seulement image constante de la sensibilité, et rien qu'intuition, et ne contient par conséquent rien d'inconditionné.

633. Hais la division k Vinfini ne vaut que d'an quantam conlimnan, et non d'an quanhan dUscretum; dans ce dernier, la multitude d'nnitéi est déterminée et forme par conséquent un nombre.

634. L'unique moyen de lever l'antinomie consiste jusqu'ici &tkire voir qne les deni affirmations opposées sont fausses.

636. Tel était le cas avec les idées mathématiques, par lesquelles nous ne connaissions d'autre objet qne celui que nous avions dans le phénomène; mais avec les idées df/namiquet, les affirmations opposées •ont unies entre elles,

636. Le concept intellectuel qui sert de base aux idées cosmologiquBB, contient on simplement une idée de Vhomogéne, on bien encore de l'hétérogène.

637. Le premier de ces cas était celui des idées maOiématiq^ei, oh des conditions purement tmsibles pouTaient par conséquent former série; mais avec les idées df/namiqaes, des conditions hÉtérogine» peuvent aussi être liées avec la série ; elles ne sont pas proprement des partieg de ta série, elles sont an contraire intelUgiblet.

638. Denx assertions dialectiques ne sont donc pas reconanes fausses

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SOMMAIRES ANALYTIQUES. SOi

ici, mus comme la simple totalité n'est pas ici cherchée dans de simples phénomènes, deux propositions rationnelles peaveat 6tre vraies.

839. On ne pent concevoir que deux aorta de canulitë par rapport h ce qoi arrive :

640. 1° La caasalité suivant la nature. Elle est la li&ivon d'un état avec an état précédent dans le monde sensible; état précédent qne sait l'antre d'après une règle.

041. 2' Lacansalitépor liberté, dans le sens cosmologiqne, c'est-idire la faculté de commencer de soi-même un état. Elle est nne idée transcendantale pnre, qni

a) Ne contient rien d'emprnnlé de l'expérience;

b) Dont l'objet ne pent non pins être donné déterminément dans ancnne expérience, parce qne la caasalîté suivant la nature (630, 1) est nne loi wtiverselle de la nature.

642. Cette idée transcendantale de la liberté est la base dn conoqit pratique de la liberté , c'est-à-dire de l'indépendance de Varhitre k l'égard de la coaction par les mobiles de la sensibilité.

943. La question de la liberté est donc tratmendantak, comme tonjonrs dans le combat d'one raison qui ose sortir des limites de l'expérience possible, et appartient par conséquent à la philosophie traDscendantale.

644. Les concepts rationnels dynamiques n'ont&fîaire qn'à l'existenc* d'an objet; d'oh la question de savoir si taproposition disjonctive sni- Tanto est légitime : tout effet dans le monde doit-il résulter on de la nature on de la liberté; ou ces deux choses ne penvent-elles pas plulAtavoir lien dans un seul etméme événement? Si des événementssont des choses en soi, il n'y a pas alors de liberté; s'ils ne sont pas des choses en soi, il peut 7 avoir des causes intelligibles dont les phénomènes sont des effets. Le phénomène, comme effet d'une cause intelligible, peut être libre, et cependant Être en même temps nécessaire suivant les lois de la nature comme phénomène.

645. Est initlligible ce qni dans an objet des sens n'est pas phénomène. On pent donc concevoir la fecolté ifun ol^et datent à denx points de vue ;

1* Comme une causalité qui apparaît dans ses effets on comme Ktitlble;

2> Comme une causalité en soi, d'après ses actions on comme tntelligibk.

Chacune doit avoir son caractère ou noe loi suivant laquelle elle agit; le caractère de Tune (!) serait donc Venqiirlque, le caractère de l'autre (2) serait Tinlelligible.

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sot SOUUAtBBS ANALYTIQUES.

M6. Ce caractère intelligible oe serait donc Mamis à aacnne coniiltoR de temp»;ii ne Daltraitni ne périrait en lui aacuae action; il ne poarnit jamais âtra coono immédialemeat, et ne aérait conçn, cooformément ao caractère empirique, qae de la même manière que noDs sommes obligés de donner pour fondement un objet transcendantal aai phénomènes.

647. D'après sod caractère empirique, ce sujet, comme phénaméne, serait sonmis à l'union causale et toutes ses actions devraient s'eipliquer suivant des lois naturelles.

6tfl. D'après son caractère intelligible, ce même sujet comme ncwméne, serait libre et indépendant de tonte nécessité naturelle. Il commencerait de lui-même ses effets dans le monde sensible, sans que l'action commençât an lui. 11 y aurait ainsi, dans la même action, liberté ei natan.

649. Les moments de la solalion de ce problème doivent donc être expliqués maintenant et être cbacan considérés d'ane manière particnlière.

650. lii loi naturelle de la causalité est nne loi intellectuelle dont on ne peut jamais sortir dans le monde sensible, parce qu'autrement on le placerait en dehors de tonte eipérience possible et qn'on le réduirait A une chimère.

651. La question est donc ici proprement de savoir ai, lorsqu'on ne reconnaît qn'ane nécessité naturelle dans la série entière de tons les événements, elle peut cependant être regardée en même temps sans contradiction comme un effet de la liberté T

662. Parmi les canses des phénomènes il n'en est ancune qoi n'ait à son tour sa cause. Il ne faut pas attendre nne action primitive de la ' liaison causais des phénomènes.

653. Question. La causalité empirique ne peut-elle pas être l'effet d'une cause intelligible, c'est-à-dire d'une action primitive d'nne cause intelligible par rapport ani phénomènes?

654. Réponse. La solution afDrmative de cette question ne préjndicie point à l'nsage de l'entendement dans l'explication des phénomènes, suivant des conditions naturelles. L'homme est un des phénomènes du monde sensible, sa causalité est soumise à des lois empiriques, et à ce titre, il a nn caractère empirique. Mais quant à sa raison, l'homme est à lui-même un objet intelligible.

659. Cette raison a nne cansalité intelligible, ce qoi est clair par ses impératifs. Le<levoi'r eiprime nue espèce de nécessité et de liaison par principes, qui ne se présente pas ailleurs dans toute la nature.

D,q,l,i.:db,.G00gIC '

SOHHAIRBS ANALYTlQflES. 003

656. Ce devoir eiprime aoe action possible dont la raison est nn simple concept, tandis qun la raison d'une action nalnrelle esttonjonn nn phénomène. L'action doit à la vérité être possible saitant des conditions naturelles, mais ces conditions ne regardent pas la détemiination de la Tolonté, Qu'il s'agisse de Vagréable ou dn bien, la raison ne s'occupe point de l'empiriqne, mais déclare nécessaires des actions qni □e sont cependant pas arrivées et qui n'arriveront peut-être jamais.

657. Hais la raison doit cependant, si elle a causalité par rapport aux phénomènes, montrer un caractère empirique, c'est-à-dire qu'elle suppose comme cause une règle suivant laquelle les phénomènes arrivent uniformément suivant une régie, comme en étant des effets.

658. Tout homme a, donc nu caractère empirique de sa volonté, par Iflqoel toutes ses actions sont déterminées dans ie phénomène, et par rapport auquel il n'y a par conséquent pas de liberté.

659. Hais si noos considérons ces mêmes actions par rapport à la raison, alors peut-être tout ce qui est arrivé et qni devait arriver soivant le cours de la nature, ne devait-it cependant pas arriver, et peutêtre qne nous croyons aussi quelquefois qu'elles étaient réellement déterminées par des principes de la raison.

660. Si donc la raison peut avoir causalité par rapport aux phénomènes, elle est alors une faculté par laquelle commence la condition sensible d'une série empirique de phénomènes, et le caractère empirique (l'espèce de sens] de la raison et même son fondement dans son caractère intelligible (l'espèce de pensée),

661. Néanmoins cette même cause appartient aussi, sons nn antre rapport, à la série des phénomènes. L'homme est même phénomène. Son arbitre a un caractère empirique qni est la canse empirique de toutes ses actions. Aucune, parce qu'elle n'est perdue qne comme phénomène, ne peut absolument commencer d'elle-même. La lot âyuanique de la nature peut an contraire être appliquée à la raison.

632. Solution de l'antinomie. La raison est donc la condition constante de toutes les actions arbitraires sous lesquelles l'homme se manifsste. Chucnne d'elles est prédéterminée dans le caractère empirique de l'homme, avant qu'elle se manifeste encore. Hais chacune d'elles est en même temps fondée comme effet immédiat, dans la caractère intelligible de la raison pure, qui agit librement, et dans laquelle ne se trouve ancun temps, et par conséquent aussi aucun avant ni après; qui n'est en conséquence déterminée par ancnne chaîne des causes naturelles.

663. Exemple. Un mensonge préjudiciable est peut-être parfaite-

db,GoogIc

504 SOHUAIItBS ANALTriQDES.

ment fondé, quant an caractère empirique, dans la niaiiTaiM éducation, et cependant on blâme le mentenr, qaant an caractère intelligible, suivant leqoel il 6tait libre.

664. Dans l'appréciation on l'estimation d'aoe action, le caractère intelligible est donc supposé, car nn antre caractère intelligible anraît an antre caractère empirique; maia elle était nécessaire suivant le caractère empiriqne.

665. La liberté ne contredit donc point la nécessité de la natnre, car tontes denx penvent avoir lien indépendamment l'une de l'antre et sans se troubler l'nne l'antre.

666. Hais rien ici de transcendant n'est affirmé ; seulement l'antinomie qui résulte de l'idée tratucendantale de la liberté est résolue, et l'on fait voir qu'elle porte sur une pnre apparence.

667. Maintenant la série ne doit pas nons conduire & la cause snpréme, qui n'est plus un effet, comme dans les n" 639-()66, mais k l'existence suprême inconditionnée, qni n'est plus contingente, à l'être nécessaire. Nons n'avons donc pas ici une série d'intuitions, mais one série de concepts.

668. Comme tont est conditionné dans l'eiislence des phénoménal, il ne peut j avoir nalle part dans la série de l'eiistence dépendante ancnn membre inconditionné, dont l'eiistence serait absolument nécessaire.

669. Dans lar^ession dynamique la condition ne doit pas nécessùrement former avec le conditionné nne série empiriqne.

670. Toutes les choses dans le monde sensible peuvent donc être absolument (empiriquement conditionnées] contingentes, et nne condition non empirique à l'être in conditionnement nécessaire ne peut avoir lien touchant la série entière. Avec la liberté, la cause est nn phénomène et la causalité est intelligible; l'être nécessaire est ici en dehors de la série do monde sensible, et purement intelligible.

671. Le principe régulateur est donc par rapport à cette question : que toute existence dans le monde sensible est empiriquement conditionnée, mais que rien n'a une nécessité inconditionnée, que toute la série du contingent est au contraire fondée par cette raison dans nn être intelligible.

673. Hais ici rien de transcendant n'est aHinné; seulement l'an linomie engendrée par l'idée de la nécessité est résolue, et l'on fait voir que la raison va son chemin dans l'as^^ empirique, et son chemin particulier dans l'usage transcen dental.

673. Il n'j a rien de contraire à la contingence universelle de la

Dm,l,z.:d=;G00gIe

SOHHAIRBS ANALYTIQUES. SOS

régression empirique dans la série des phënomèDei, & conceroir nn principe intelligible dn monde sensible comme nécessaire.

674. L'usage empirique de la raison ne souEtre ancune atteinte de la connaissance d'nn être purement intelligible, mais notre principe rêgnlatenr n'exclut pas non plus l'admission d'ane caose intelligible.

675. Cette quatrième idée cosmologiqne nous force donc d'admettre un objet intelligible dont on n'a pas la moindre conaaîssanee relatÏTement à ce qu'il est en Ini-méme, dont nous ne pouvons par conséquent noas faire quelque concept, que par des concepts purs de choses en général. Le concept de l'Stre absolument nécessaire doit donc être maintenant recherché à cet effet.

676. De» concepts intellectuels pun peuvent être exposés tn concreto, c'est-à-dire devenir des concepts ^expérience; âet concepts rottonnelt purs ne le peuvent pas. lis contiennent une intégralité poar laquelle toute connaissance empirique passible est insuffisante.

677. Hais Vidéal, c'est-à-dire l'idée dans Vindividu, semble encore être plus éloigné de la réalité.

678. Explication. L'humanité dans toute sa perfection ne contient que l'extension de toutes les propriétés essentielles appartenant à cette nature jusqu'à la parfaite convenance avec ses fins, mais aussi la détermination universelle do cette idée. Platon appelle cet idéal, nne idée de l'entendement divin.

679. La raison humaine contient des idéaux, c'est-à-dire des êtres qoi n'existent qu'en pensée, v. g., le sage dn stoïcien.

680. Les idéanx de la sensibilité, v. g., ceux des peintres, sonttoat différents de ces idéaux de la raison et comme des monogrammes de l'imagination , qui doivent être le modèle inaccessible d'intuitions empiriques possibles.

681. L'idéal de la raison est an contraire an objet qui doit être nniversellement déterminable suivant des principes, qnoiqne les conditions sufOsautes pour cela manquent dans l'eipérieBce et que le concept soit transcendant.

689. Tont concept est soumis au principe de la diterminabilité, que de deux prédicats cootradictoi rement opposés l'an à l'antre, au seul peut lui convenir.

663. Hais toute chose est soumise au principe de la dMerminotton universelle, suivant lequel, de tous les prédicats possibles des choses, en tant qu'ils peuvent être comparés avec leurs opposés, l'un d'eux doit lui convenir. C'est le prinicpe de la synthèse de tous les prédicats.

684. La proposition : tont ce qui existe est universellement déterminé, signifie donc que, pour connaître parfaitement nne chose, il

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tt06 SOMMAIRES ANALYTIQUES.

tant connaître tont ce qai est possible, et la déterminer par 1& soit

affirmativement soit négatÎTement.

eSS. Cette idée de l'ensemble de toata pombilité est encore indélerminée par rapport aui prédicats qui la composent; mais elle eiclnt déjA, comme concept primitif, tous les prédicats dérivés et tons cani qui ne penvent pas coexister. De là le concept de l'idéal de la raison pure.

686. Une négation logique ne tonche en rien la matière (de la oon* naissance); nne négation transcendantale indique, an contraire, la non-existence en soi, à laqnelle est opposée l'u/Drmation Irmucendontak, qni est appelée rialité (Sacheit), parce qne des objets sont par elle quelque chose (des choses) ; la négation opposée indigne, tu contraire, nn simple défaut (!a non-existence).

687. On ne peut jamais concevoir déterminément nne négation sans Ini donner pour fondement l'afDrmation contraire. Les réalités contiennent donc la matière transcendantale de la détermination oniverselle de tantes choses.

08S, Qaand donc on donne pour fondement A Is détermination nniverselle dans notre raison un sabstratum traraeendantal , on ne donne autre chose qne l'idée d'un tout de tontes ces réalités. Tontes les négations véritables ne sont alors qne des limites.

686. Tel est le concept d'un entis realissimi , l'unique idéal propre de la raison, parce que, dans ce cas seul, un concept général en soi d'une chose est universellement déterminé par lui-même et reconnu comme la représentation d'un individu.

690. L'usage de la raison par lequel elle pose l'idéal transcendantal pour fondement de sa détermination de toutes les choses possibles est analogue à celui par lequel elle procède dans les raisonnements rationnels diyonctifS.

691. La raison ne suppose donc pas l'existence d'nn semblable idéal ; mais cet idéal est l'image prïmilitie {protûtypon) de tontes les choses qui, réunies, comme copias défectueuses {ectj/pa), ne l'atteignent jamais.

692. La possibilité de la chose (par la «i/nthése du divers] qui renferme toutes les réalités est regardée comme primitive. Cet idéal est donc l'être primitif [ens originarium), et en tant que rien n'est aadessns de lui, l'Être sapréme (eni summum), et eu tant que tont, comme conditioané, lui est soumis, l'être de tous les êtres {ens enfium). Mois tant cela n'indique que Vidée ponr des concepts, et nous laisse dans une parfaite ignorance relativement A l'existence d'un tel être.

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SOUMÀHIBS ANU.YTIQUKS. It07

693. L'idéal de l'être primitif doit être conçu comme timpte, parce qo'an ne peat pas dire qu'il résulte de pbaivan fstres dérÎTés, pniiqne chacau d'eai suppose l'Être primitif et ne peut par conséquent pas contribuer à le former.

694. La réalité suprême est donc aussi comme un fondement de 1b possibilité de toutes choses, et non comme un ensemble qui serriiait de fondement, et lenr diveraité ne repose pas sur la Iiin*(atton de l'ôtre primitif.

695. Cet idéal est donc Dien conça dans le sens transcandantal, et l'idéal de la raison pure est l'objet d'une thiologte transtxndantaie. Cet objet, saivaut le concept de la réalité snprâme, est unique, simple, à tout suffisant, etc.

696. La réalité objective n'est qn'une pure fiction par laquelle nous réalisons dans un idéal le divers de nos idées.

697. Comment la raison parvient-elle à supposer toute potsibiUti des choses eùmmo dérivée d'une seule cause I

698. C'est ce que l'analjtiqne transcendante] e découvre. Nous tenons le principe empirique de nos concepts de la possibilité des choses comme phénomènes, par l'omission de cette limitation, pour un principe transcendants! de la possibilité des choses en général.

699. Si nous ktfpostasons cette idée, c'est parce qoe nous convertissons l'nnité distributive de l'usage expérimental de l'entendement en unité collective d'un tont expérimental, et que nous concevons ponr ce tont nne chose unique qui contient en soi tonte réalité empirique.

700. La raison est tonjoars poussée à se questionner sur la réalité jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus de pourquoi, c'est-à-dire jusqu'à

701. L'argument sur lequel la raison fonde sa marche à l'Stre primitif est qne si quelque chose, quoi que ce soit, existe, il fant reconnaître que quelqne chose existe nécessairement.

702. Or, la raison cherche le concept d'un être qui soit susceptible de ce privilège d'existence, de la nécessité absolue ou inconditionnée.

703. Et ce dont le concept contient le parce que de tout pourQfuot lui semble être l'être nécessaire, attendu que, possédant par luimême tontes les conditions de tont possible, il n'a lui-même besoin d'ancone condition.

704. Le concept d'un être d'une réalité suprême conviendrait donc très bien au concept d'un être absolument nécessaire.

706. Telle est donc la marche naturelle de la raison huiuaine :

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808 SOMMAIRES AtfALynQtlBS.

f* elle se pennade l'existence d'un âtre nécessaire (70l)> ^ roconnatt en lui nneeiiatonce inconditionnée; yelle cherche le concept de l'indépendant de toutes conditions (70S), et le trouve dans l'ensemble de tontes les réalités (T03-70i). Cette anité absolue et aniqne est l'être suprême; d'oti elle conclut que l'être suprême, comme premier fondement de tontes choses, existe nécessairement.

"706. Ce concept a de la fondamentalité lorscfn'il n'est question qae de résolntioDs à prendre; mais s'il faut simplement juger de ce qne nons savons de ce problème, il a besoin d'iadolgence.

707. Cetargament n'établit absolument rien, si l'on fait attention que le concept d'nn être borné, qni n'a pas la réalité suprême, ne répagne cependant pas à la nécessité absolae.

708. La condition sons laquelle cet argument a de l'importance, c'est qu'il y a des obligations qui seraient tant & fait jnstes dans l'idée de la raison, mais sans aacnne réalité de l'application à nons-mérae, c'est-&-dire sans mobiles, s'il n'existait pas an être saprême.

709. Cet argument a de ta popularité. Aussi voyons-nous chez tons les peuples quelques étincelles de monothéimu briller cependant A travers leur pins aveagle idoJAtrie.

710. Il n'y a que trois expéces de preuves poisiblet de l'exiitence de Diea par la raison spéculative. — Preime : 1* ob l'on conclut d'nne expérience déterminée A une cause saprême (argament physicothéologiqne); ob 3' l'on conclut d'une expérience indéterminé» à une caose suprême (argument cosmologique) ; ob 3° l'on conclut de concepts à priori k nue cause suprême (argument ontologique}.

7H. 11 s'agit de faire voir qne ces trois arguments ne prouvent rien ; mais, comme le troisième sert de base aux deux premiers, nons commencerons par celui-U.

712. La conclusion d'une existence donnée é une existence absolnment nécessaire semble être pressante et légitime, et cependant toutes les conditions de l'entendement y sont opposées.

713. Il ne s'agit que de savoir si nous concevons aussi qnelqae chose par le concept de l'être absolument nécessaire, os si nons ne concevons rien ; car si, par le mot inconditionné, je ne rejette qae toutes les conditions, qne reste-t-il ensuite?

714. Jusqu'ici, tonte question sur sa poisibililé a paru complètement inutile, parce qu'on a cm expliquer le fait par nne foule d'exemples.

71B. Hais ces exemples n'étaient pris que de jugements, et lonta nécessité inconditionnée des jugements n'est pas une nécessité absolue

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SOHMAIRBS ANALYTIQUES. 509

716. Un jDgement identiqne De pent pas servir d'exemple, car joua pnis pas, il est vrai, dans aa semblaiile jngemenl, nier le prédicat, mais bien tout la jugement.

717. On ne pent pas dire non pins qu'il y ait des sujets qni ne puissant pas 6tre sapposés non- existants, car ce serait dire qn'il y a des snjets absolnment nécessaires, ce qni est précisément à démontrer.

718. La preuve même. Le concept de l'être souverainement réel est tel qne son sujet ne pent être supprimé parce que son exiitence eat d&ns SB posùbilité.

719. Béponte. C'est une pnre tantologie; car si la proposition : telle ou telle chose existe, est analytique, l'eiistence est déjft dans la chose, et alors elle est on lapmtée-cAow, la cbose même, ob rexistenc« eat a^pposée comme appartenant à la possibilité, et alors elle conclut de la possibilité. Hais si c'est, comme il fant l'aTODer, nne proposition »l/»thétique, ponrqnoi le prédicat de l'existence ne pourrait-il pas m nier sans contradiction î

730. On pourrait, à la Térité, réfnter cette subtile arguUe par la détermination précise da concept de l'existence; mais l'illusion qui résulte de la confusion d'un prédicat logique arec la détermination dune lAose se refuse presque à toute explication.

721. Être, dans l'usage transcendantat, est la position d'une chose on de certaines déterminations en elles-mêmes ; dans l'usage logique, c'est la simple copu2e du jugement. Le réel ne contient rien de plut que le simple possible, excepté qne, dans \6 possible, l'objet est simplement contenu dans le concept, tandis que, dans le réel, il confient A antre cbose encore qu'an concept.

722. La couM de la difflcalté dans la question de l'existence de l'être absolnment nécessaire est qne si nous concevons seulement l'existanoe par la catégorie pure, nous ne pouvons donner aucun âgtie pour la distinguer de la simple possibilité.

723. L'existence d'une cbose en dehors du champ de l'eaipérùnce ne pent donc être justifiée par rien.

724. Leibnii n'a par conséquent pas aperçu à priori ta possibilité de l'être suprême, comme il s'en flattait, parce que le signe de lapo^ sibilité des connaissances tynthitigves ne doit être cherché qae dans Vempirience.

721$. La preuve ontologique de l'existence de Diea ne proore dono rien, et c'est perdre son travail et sa peine qne de s'en occuper. 726. La malheoreose preave onfol0(r*9tu provient da bexm d«notn

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SIO SOMMAIRES ANALYTIQUES,

raison d'admettre l'eiistence en Kênéral de qaelqae être nécesuîre, et de chercher à cet effet it priori qd concept d'nn objet. On !'& cra tronver dans l'idée de l'être souverainement réel. Hainlenant on suit une marche opposée, et l'on part de l'être souverainement réel poar en dériver la céussitë.

727, La prenve cosmologique est donc celle qne Leibniz appelait preave a contingentia mundt ; c'est la preuve précédente, mais renversëe, car elle conclnt de la nécessité inconditionnée d'un être à sa réa- Uté illimitée.

728. Celle preuve même. Si qaelqne chose eiiate, alors nn être al>- Bolament nécessaire doit exister aussi. Or, j'existe moi-même. Donc OQ être absolument nécessaire existe.

7în. Continuation. L'être nécessaire doit être déterminé nniversellement par son concept. Or, il n'y a que le concept de Ventis rendit' ttnn qui soit Doiverseltement déterminé par lui-même. Donc le concept de l'être so ave raine ment réel est le seul par leqnel un être néc«3salre paisse être conçu ; c'est-à-dire qn'il existe uécessairemeat nn être saprême.

730. Cette preuve cosmologique n'est autre que la preuve ontologique [727}, car elle ne fait qu'an pas de l'eipérience à l'etistetice d'on être nécessaire; et, pour faire voir quel est cet être nécessaire, elle devient par suite la prenve ontologique.

731. Toutes les illusions du raisonnement sont très facilement aperçues quand on les expose en forme k la manière de l'école.

732. ExpoiiUon seolastiqtte. Si le nervu; probandi de l'a^nment cosmologiqne : tout être absolnmeat nécessaire est en même temps l'être le plus réel possible, est juste, il doit pouvoir se convertir par accident; mais comme un eia realisàmwn ne diffère pas d'un autre, il faut donc le convertir absolument ; mais alors c'est la prenve ontol«g^que{^i^7).

733. La prenve cosmologiqne tombe dans nue ignoratio elenchi, puisqu'elle nous promet un nouveau point d'appui, et nous reconduit à l'ancien ne.

734. Viennent ensuite toutes les prétentions dialectiques daua cette prenve.

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