LA NÉCESSITÉ NATURELLE
649. J'ai jugé convenable d'ébaucher d'abord la solution de notre problème transcendantal, pour qu'on pût mieux apercevoir la marche de la raison dans la solution de ce problème. Nous expliquerons maintenant les moments de cette solution, ce dont il s'agit proprement, et nous les considérerons chacun en particulier.
650. La loi de la nature, que Tout ce qui arrive a une cause, que la causalité de cette cause, — c'est-à-dire Y action ayant lieu dans un temps antérieur, et en considération d'un effet qui, comme advenant, peut même ne pas toujours avoir été, mais qui doit être arrivé, — a aussi sa cause dans les phénomènes par lesquels elle est déterminée , et par conséquent tous les événements sont empiriquement déterminés dans un ordre naturel ; cette loi, dis-je, par laquelle seule des phénomènes peuvent
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constituer une nature, et donner des objets d'une expérience, est une loi de l'entendement dont on ne peut s'écarter ou à laquelle on ne peut soustraire aucun phénomène sous aucun prétexte, parce qu'autrement on le placerait en dehors de toute expérience possible; en quoi on le distinguerait de tous les objets de l'expérience possible , pour en faire un simple être de raison et une chimère.
651 . Mais quoiqu'on ne voie là qu'une suite de eau* ses qui ne permet aucune totalité absolue dans la régression à leurs conditions, cette difficulté ne nous retient cependant pas ; car die a déjà été levée dans la discussion générale de l'antinomie de la raison, quand cette raison va dans la série des phénomènes à l'incofrditionné* Si nous voulons céder à l'illusion du réalisme* transcendantal, il ne reste ni nature ni liberté. 11 est seulement ici question de savoir si, quand, dans la série totale de tous les événements, on reconnaît nettement une nécessité physique, il est néanmoins possible que cette nécessité, qui n'est d'un côté qu'un effet naturel, puisse être cependant d'un autre côté considérée aussi comme un effet de la liberté, ou s'il y a entre ces deux espèces de causalités une incompatibilité absolue.
652. Parmi les causes dans le phénomène, il ne peut assurément rien y avoir qui puisse absolument et spontanément commencer une série. Toute action, comme phénomène, en tant qu'elle produit un événement , est elle-même un événement ou accident qui présuppose un autre état dans lequel la cause se trouve ; tout ce qui arrive n'est ainsi qu'une continuation de la série, et nul commencement absolu qu spontané n'est possible en die. Toutes les actions des causes physiques sont donc
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elles-mêmes, à leur tour, des effets dans la succession, effets qui supposent également leurs causes dans la série du temps. Une action primitive, par laquelle arrive quelque chose qui n'était pas auparavant, ne peut êlre attendue de l'union causale des phénomènes.
653. Mais est-il donc aussi nécessaire que, si les effets sont des phénomènes, la causalité de leur cause, la* quelle cause est elle-même un phénomène, soit purement empirique? N'est-il pas plutôt possible que, quoiqu'il faille, pour chaque effet dans le phénomène, une union avec sa cause suivant des lois de la causalité empirique, cependant cette causalité empirique même, sans briser le moins du monde son enchaînement avec les causes physiques, puisse être effet d'une causalité non empirique mais intelligible, c'est-à-dire d'une action primitive d'une cause par rapport aux phénomènes, cause qui par conséquent est intelligible , non pas en tant que phénomène, mais quant à cette faculté, quoique du reste elle doive être tout à fait considérée comme faisant partie du monde sensible, comme un anneau de la chaîne naturelle?
654. Nous avons besoin du principe de causalité des phénomènes entre eux, pour pouvoir rechercher et donner aux événements physiques des conditions physiques, c'est-à-dire des causes dans le phénomène* Si c'est accordé sans restriction, alors l'entendement, qui, dans son usage empirique, n'aperçoit que la nature dans tous les événements, et qui fait bien, a tout ce qu'il peut trouver, et les explications physiques ne présentent plus aucune difficulté. Or, il n'y a pas le moindre inconvénient à reconnaître, dût-il n'y avoir en cela qu'une fiction, que, parmi les causes physiques, il en est
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est aussi qui ont une faculté purement intelligible , puisque sa détermination à l'action ne repose jamais sur des conditions empiriques, mais sur de simples principes de l'entendement , de telle sorte cependant que Y action de cette cause dans le phénomène soit conforme à toutes les lois de la causalité empirique. Car, de cette manière, le sujet agissant serait, comme cauèa phmnô» menon, enchaîné à la nature par une dépendance invincible de toutes ses actions; seulement le ph(*no-> menon de ce sujet (avec toute sa causalité dans le phé* nomène) renfermerait certaines condilions, qui, si Ton veut s'élever de l'objet empirique à l'objet transcendantal, devraient être considérées comme simplement intelligibles. Car si nous ne suivons la règle de la nature que dans ce qui peut être cause parmi les phénomènes, nous pourrons être sans inquiétude sur ce que Ton conçoit dans un sujet transcendantal, qui nous est inconnu empiriquement, comme un principe de ces phénomènes et de leur enchaînement. Ce principe intelligible ne touche en aucune manière aux questions empiriques; il concerne simplement le fait de la pensée dans l'entendement pur. Et, quoique les eifets de cette pensée et de cette action de l'entendement pur se trouvent dans les phénomènes, ceux-ci doivent cependant pouvoir être expliqués pleinement par leurs causes dans le phénomène suivant des lois physiques, puisqu'on suit leur caractère purement empirique comme le principe suprême d'explication, et que le caractère intelligible , qui est la cause transcendantale du précédent , est complètement omis comme inconnu , excepté en tant seulement qu'il est donné par le caractère empirique comme signe sensible de cette cause. Appliquons ceci
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à l'expérience. L'homme est un des phénomènes do monde sensible, et, en ce sens, une des causes physiques dont la causalité doit être soumise aux lois empiriques. Comme tel il doit doit donc avoir aussi un caractère empirique, ainsi que toutes les autres choses de la nature. Nous voyons ce caractère dans les forces et les facultés qu'il révèle par ses actes. Dans la nature morte, ou dans la nature simplement animale, nous ne trouvons aucune raison de concevoir une faculté autrement que conditionnée d'une manière purement sensible. Mais l'homme, qui ne connaît d'ailleurs toute la nature que par les sens , se connaît lui-même par la simple apperception, et même dans des actions et des déterminations internes qu'il ne peut rapporter à aucune impression des sens; en sorte qu'il est certainement pour lui-même, d'un côté, phénomène; mais d'un autre côté, savoir, par rapport h certaine faculté, il ne peut être considéré que comme objet purement intelligible, parce que son action ne peut être attribuée à la réceptivité de la sensibilité. Nous nommons cette faculté entendement et raison. Cette dernière surtout est distinguée d'une manière spéciale de toutes les forces empiriques conditionnées , puisqu'elle considère ses objets uniquement d'après des idées, et détermine en conséqijence l'entendement, qui fait alors un usage empirique de ses concepts (même purs).
655. Or, que cette raison ait causalité , qu'au moins nous nous en représentions une en elle, c'est ce qui est clair d'après les impératifs que nous donnons comme règles dans toute pratique aux facultés actives. Le verbe devoir exprime une espèce de nécessité et d'union par principes, union qui ne se rencontre nulle part ailleurs.
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dans toute la nature. L'entendement ne peut connaître de cette nature que ce qui est, a été ou sera. Il est impossible que quelque chose y doive être autrement qu'il est en effet dans tous ces rapports de temps. 11 y a plus , c'est que le devoir , si l'on ne considère que le cours de la nature, est absolument dépourvu de sens. Nous ne pouvons pas demander ce qui doit arriver dans la nature, ni quelles doivent être les propriétés du cercle, mais bien qu'est-ce qui arrive dans la nature, ou quelles sont les propriétés du cercle.
656. Ce devoir exprime donc une action possible, dont le principe n'est autre chose qu'un simple concept. Au contraire, le principe d'une action purement physique doit toujours être un phénomène. Or, il faut que l'action soit absolument possible sous des conditions physiques si le devoir s'y rapporte. Mais ces conditions physiques ne concernent pas la détermination de l'arbitre même, elles ne regardent que son effet et sa conséquence dans le phénomène. Quelque nombreuses que puissent être les raisons physiques qui me portent à vouloir, quelque nombreux que puissent être les mobiles sensibles, ils ne peuvent produire le devoir, mais seulement un vouloir toujours conditionné, auquel, tant s'en faut qu'il soit nécessaire, le devoir proclamé par ta raison oppose une mesure et un terme, une défense et une autorité. Qu'un objet soit soumis à la simple sensibilité (l'agréable), ou bien encore à la raison pure (le bien), la raison ne se soumet point au principe qui est donné empiriquement , et ne suit point l'ordre des choses comme elles se présentent dans les phénomènes; mais elle se fait par elle-même, avec une parfaite spontanéité, un ordre particulier d'après des idées auxquelles
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elle soumet les conditions empiriques, et suivant lesquelles elle déclare tellement nécessaires des action qui cependant ne sont pas arrivées, et qui peut-être n'arrive* ront jamais, qu'elle suppose néanmoins de toutes que, la raison peut avoir causalité en ce qui les regarde; car autrement olle n'attendrait pas dans l'expérience des effets de ces idées.
657. A supposer qu'il en soit ainsi, et quoiqu'on puisse admettre au moins comme possible que la raison a réellement causalité par rapport aux phénomènes,
* cependant qu'elle soit raison tant qu'on voudra , il faut toujours qu'elle laisse voir un caractère empirique, parce que toute cause suppose une règle suivant laquelle certains phénomènes suivent comme effets, et que toute règle exige dans les effets une uniformité qui fonde le concept de la cause (comme d'une faculté), concept que nous pouvons appeler son caractère empirique, en tant qu'il doit résulter de simples phénomènes; caractère constant, puisque les effets suivant la différence des conditions concomitantes et en parties restrictives, apparaissent dans des formes muables.
658. Tout homme a donc un caractère empirique de son arbitre, caractère qui n'est autre chose qu'une certaine causalité de sa raison, en tant que celle-ci laisse voir dans ses effets phénoménaux Une règle suivant laquelle on peut admettre les motifs de la raison et ses actions quant à leur espèce et à leur degré, et juger les principes subjectifs de son arbitre. Ce caractère empirique même devant être, comme effet, dérivé des phénomènes et de leur règle, donnée par l'expérience, toutes les actions de l'homme dans le phénomène sont donc déterminées suivant l'ordre physique par son caractère em-
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pirique et par d'autres causes concomitantes ; et si nous pouvions pénétrer jusqu'au fond tous les phénomènes de son arbitre, il n'y aurait pas une seule action humaine qu'on ne pût certainement prédire et connaître comme nécessaire, en partant de ses conditions antérieures. Souele rapport de ce caractère empirique, il n'y a donc aucune liberté, et ce n est cependant que suivant ce caractère que nous pouvons considérer l'homme, lorsque nous voulons observer seulement, et que nous voulons scruter physiologiquement les causes déterminantes de ses actions, comme cela se pratique dans l'anthropologie.
659. Mais si nous considérons ces mêmes actions par rapport à la raison, non pas pour en expliquer l'origine spéculative, mais seulement en tant que la raison est la cause de leur production; en un mot, si nous les comparons avec la raison au point de vue pratique, nous trouvons une règle et un ordre tout différents de l'ordre physique. Car alors peut-être ne devait-il pas arriver tout ce qui est cependant arrivé, en conséquence du cours delà nature, et qui devait arriver inévitablement, suivant ses principes empiriques. Mais quelquefois nous trouvons, ou du moins nous croyons trouver, que les idées de la raison ont réellement fait voir une causalité par rapport aux actions de l'homme comme phénomènes, et que ces actions ont eu lieu, non par la rwon qu'elles étaient déterminées par des causes empiriques, mais parce qu'elles étaient déterminées par les principes de la raison.
660. Je suppose donc que l'on puisse dire que la raison a causalité par rapport aux phénomènes ; son action pourrait-elle bien encore s'appeler libre, là même où elle est très positivement déterminée dans son caractère
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empirique (dans le mode sensible), là où elle est nécessaire? Ce caractère est aussi déterminé dans le caractère intelligible (dans le mode rationnel) . Mais ce mode rationnel ne peut être connu de nous; nous ne le désignons proprement que par des phénomènes qui ne nous font connaître immédiatement que le mode sensible (le caractère empirique) (1). L'action, en tant quelle doit être imputée au mode rationnel comme à sa cause, n'en résulte cependant pas suivant des lois empiriques, c'està-dire de telle sorte que les conditions de la raison pure précèdent, mais seulement de telle sorte que leurs effets précèdent dans le phénomène du sens interne. La raison pure, comme faculté purement intelligible, n'est pas soumise à la forme du temps, ni par conséquent non plus aux conditions de la succession. La causalité de la raison ne naît pas dans le caractère intelligible, ne commence pas, comme, en un certain temps, à produire un effet; autrement elle serait soumise à la loi physique des phénomènes, en tant que cette loi détermine, quant au temps, des séries de causes; et la causalité serait alors celle de la nature et non de la liberté. Nous pourrions donc dire : Si la raison peut avoir causalité par rapport aux phénomènes, c'est qu'elle est une faculté par laquelle la condition sensible d'une série empirique d'effets commence absolument. Car la condition rationnelle n'est pas sensible, et ne commence par conséquent pas.
(:) La moralité propre des actions (le mérite et le démérite), celle même de notre propre conduite, nous est donc profondément cachée. Nos imputations ne peuvent se rapporter qu'au caractère empirique. Personne ne peut donc faire la juste part de la liberté, celle de la simple nature, celle du tempérament involontairement mauvais ou bon (merito fortunœ) , ni par conséquent juger avec une parfaite justice.
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Alors donc a lieu ce que nous cherchions, en vain dans toute série empirique, savoir, la possibilité que la condition d'une série successive de phénomènes soit inconditionnée même empiriquement. Car la condition est ici en dehors de la série des phénomènes (dans l'intelligible), et par conséquent affranchie de toute condition sensible, et de toute détermination de temps par une cause antérieure.
661 . Néanmoins la même cause appartient aussi, sous un autre rapport, à la série des phénomènes. L'homme lui-même est phénomène. Son arbitre a un caractère empirique qui est la cause (empirique) de toutes ses actions, 11 n'est par conséquent aucune dçs conditions qui déterminent l'homme suivant ce caractère, qui ne soit comprise dans la série des effets naturels et n'obéisse à leur loi, suivant laquelle on ne trouve aucune causalité empiriquement inconditionnée de ce qui arrive dans le temps. Aucune action donnée (parce qu'elle ne peut être perçue que comme phénomène) ne peut donc commencer spontanément. Mais on ne peut pas dire de la raison, qu'avant l'état dans lequel elle détermine l'arbitre, un autre état précède dans lequel cet état même est déterminé. Car, la raison même n'étant pas un phénomène et n'étant soumise à aucune condition de la sensibilité, il n'y a lieu en elle à aucune succession, même par rapport à sa causalité, et la loi dynamique de la nature, qui détermine la succession suivant des règles, n'y est point appliquée.
662. La raison est donc la condition indéfectible de tous les actes volontaires par lesquels l'homme se manifeste. Chacun d'eux est d'abord déterminé dans le caractère empirique de l'homme ayant qu'il arrive. Par
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rapport au caractère intelligible, dont le caractère empirique n'est que le schème sensible, il n'y a ni avant ni après, et toute action, sans égard au rapport du temps dans lequel elle se trouve relativement à d'autres phénomènes, est l'effet immédiat du caractère intelligible de la raison pure qui par conséquent agit librement, sans être déterminée dynamiquement dans la chaîne des causes naturelles, ni par des principes externes ou internes, mais qui précèdent quant au temps. Cette sienne liberté ne peut cependant être considérée d'une manière purement négative comme indépendante de conditions empiriques (car la faculté rationnelle cesserait par là d'être une cause des phénomènes) ; on peut encore la représenter positivement comme une faculté de commencer spontanément une série d'événements ; de sorte que rien ne commence en elle-même, mais qu'elle ne permet sur elle, comme condition inconditionnée ou absolue de toute action volontaire, aucunes des conditions antérieures, quant au temps, quoique cependant son effet commence dans la série des phénomèmes, mais sans qu'il puisse jamais y constituer un commencement absolument premier.
663 . Pour éclaircir le principe régulateur de la raison par un exemple tiré de son usage empirique, non pour le confirmer (car ces sortes de preuves ne conviennent point aux affirmations transcendantales) , que l'on prenne une action arbitraire, soit un mensonge malicieux par lequel un homme a introduit une certaine perturbation dans la société; qu'on en cherche d'abord le$ raisons déterminantes, et qu'on juge ensuite commuent il peut lui être imputé avec ses conséquences. Pour atteindre le premier de ces buts, on poursuit le carac-
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tère empirique du menteur jusqu'à sa source, que Ton cherche dans une mauvaise éducation, dans les mauvaises sociétés, en partie aussi dans le tice d'un naturel sans pudeur : on l'attribue encore à la légèreté et à l'inconsidération, sans négliger par conséquent les causes occasionnelles. Dans tout cela, on procède donc comme en général dans la recherche d'une série de causes déterminantes d'un effet physique donné. Or, bien que l'on croie que l'action est déterminée par là, on en blâme néanmoins l'auteur, non pas, il est vrai, à cause de son mauvais naturel, non pas à cause de l'influence des circonstances sur lui, et bien moins encore à cause des relations de sa vie passée, dont on ne tient aucun compte, regardant la série écoulée des conditions comme non avenue; mais on croit pouvoir considérer cet acte comme totalement inconditionné par rapport à l'état précédent, de même que si l'agent commençait tout-àfait spontanément par là une série d'événements successifs. Ce blâme se fonde sur une loi de la raison dans laquelle on regarde cette raison comme une cause qui, sans aucun égard aux autres conditions, a pu et dû déterminer autrement le fait de la volonté. Et l'on n'envisage pas même la causalité de la raison comme simple concurrence, mais comme complète, parfaite en ellemême, quoique les mobiles sensibles, loin de lui avoir été favorables, lui aient été très contraires. L'action est attribuée à son caractère intelligible; au moment où il ment, il a complètement tort. Par conséquent la raison; sans égard à toutes les conditions empiriques du fait, était parfaitement libre, et ce fait doit être entièrement attribué à sa négligence.