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C'est la faculté des principes

398. L'expression principe est équivoque ; elle ne signifie souvent qu'une proposition générale qui est employée comme principe.

399. On peut donc appeler connaissance parprincipe, celle dans laquelle on reconnaît le particulier dans le général au moyen de concepts, comme dans le' raisonnement. Ainsi, un principe a priori d$ V entendement peut être appelé un principe, en tant qu'il Jsert de majeure dans un raisonnement

400. Mais ces principes de V entendement pur ne sont pas, quant à leur origine, des connaissances par concepts, et ne seraient pas possibles sans intuition a priori, ou sans être des conditions de la possibilité de l'expérience.

401. V entendement ne peut par conséquent pas du tout procurer des connaissances synthétiques par concepts, les seules qui méritent le nom de principes absolus ; les principes de l'entendement ne sont que des principes relatifs.

402. Si donc on cherche un principe delà législation et qu'il s'agisse de savoir si la nature des choses est soumise à des principes, une telle connaissance par principes repose sur la simple pensée, tandis que la connaissance de l'entendement reçoit sa valeur par des intuitions.

403. L'entendement peut-être une faculté de l'unité des phénomènes par des règles, et alors la raison est une faculté des règles par des principes. Ainsi elle ne s'adresse jamais à l'expérience mais à l'entendement pour donner l'unité rationnelle aux connaissances intellectuelles.

404. Quelque chose est ou immédiatement connu ou seulement conclu; ainsi, dans l'illusion des sens, nous tenons quelque chose pour immédiatement perçu, que nous n'avons cependant que conclu. Dans tout raisonnement est: I* Une proposition qui sert de fondement; 2° une autre, qui est tirée de la première (conclusion); 3* une troisième, d'après laquelle la vérité de la seconde est liée indissolublement à la vérité de la première (la conséquence). Si la conséquence est dans la première proposition, de telle manière qu'il ne soit besoin d'aucune représentation médiate pour l'en tirer, alors le raisonnement s'appelle immédiat (raisonnement de l'entendement) ; mais, s'il faut de plus à cet effet un jugement intermédiaire, le raisonnement s'appelle alors médiat (raisonnement de ta raison).

405. Dans tout raisonnement médiat: t • on connaît une régie (major) par l'entendement; on subsume une connaissance à la condition de la règle (minor) par le jugement; 3* on détermine la connaissance par le prédicat de la règle (conclusio), par conséquent a priori par la raison. Par conséquent, lé rapport v? 1 représenté entr* une connais-

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sance et sa condition, donne trots espèces de raisonnements médiats: 1° des raisonnements catégoriques; 2* des hypothétiques , 3* on des disjonctifs, suivant que la majeure elle-même est catégorique, hypothétique ou disjonctïve.

406. La raison cherche dans le raisonnement à ramener an pins petit nombre de principes possible la grande diversité de la connaissance de l'entendement, c'est ce qu'apprend nn court traité sur la nature du raisonnement (1).

407. Question. La raison pure renferme-t-elle a priori des proposi» tions synthétiques et des règles, et en quoi consistent ces principes ? La raison est donc ici isolée.

406. Le procédé formel et logique de la raison dans le raisonnement médiat nous donne déjà là-dessus un guide suffisant.

409. 1) Le raisonnement concerne non pas les intuitions, mais les concepts et les jugements. L'unité rationnelle n'est donc pas l'unité synthétique d'une expérience possible.

410. 2) La raison dans son usage logique recherche la condition générale dans son jugement; elle en cherche ensuite la condition par un épisyllogisme. Le principe propre de la raison est donc : de trouver l'inconditionné de la connaissance conditionnée de V entendement.

411. Mais cette maxime logique n'est un principe possible de la raison pure qu'autant que Ton admet que, si Vinconditionné est donné, ia série entière de ses conditions subordonnées entre elles, série qui n'est plus alors conditionnée, est aussi donnée.

412. Mais ce principe est évidemment synthétique, car le conditionné se rapporte analytiquement à la condition et non à l'inconditionné. Mais d'autres principes synthétiques doivent aussi résulter de ce môme principe.

413. Mais les principes qui résultent de ce principe suprême de la raison pure, sont transcendants par rapport aux phénomènes. La dialectique transcendantale recherche donc l'oubli de la nature de ce principe suprême, et les malentendus qui en résultent.

414. Les concepts provenant de la raison pure ne sont pas simplement des concepts réfléchis, ou qui contiennent (comme les concepts de l'entendement) l'unité de la réflexion (359 s.) sur les phénomènes ; ce sont de plus des concepts conclus.

415. Des concepts rationnels servent à comprendre, commes les concepts intellectuels à entendre; si les premiers ont une valeur objective,

(1) Y. Lpjfrçue d$ Kant, * édit., p. 196 et «.; ii7 et i.

ils peuvent s'appeler conceptus ratiocinât} ; s'ils n'en ont pas, conceptus ratiocinantes, et en général, idées transcendantales.

416. Le penseur se trouve souvent embarrassé dans le choix d'une expression qui convienne à ses concepts. On réussit rarement dans la prétention de forger des mots nouveaux. Avant de le tenter, il est prudent de tirer d'une langue morte ou savante le mot dont on a besoin, et d'en affermir îa signification propre.

417. S'il ne se trouve dans une langue qu'un seul mot qui convienne parfaitement pour rendre un concept, entendu dans un sens qu'il a déjà eu, il est convenable de remployer et de lui conserver sa signification propre.

4i£. Platon s'est servi du mot idée, entendant par, là qnelquè chose qui n'est jamais pris dçs sens et qui dépasse ainsi les concepts de l'entendement.

419. I] observe que notre raison s'élève à des connaissances qui s'étendent beaucoup trop loin pour qu'un objet de l'expérience paisse jamais leur convenir.

. 429. Il trouve ses idées principalement dans tout ce qui pratique, c'est-à-dire dans tout ce qui se fonde sur la liberté, laquelle est de son côté son mise, à des connaissances qui sont le produit propre de la raison, v. g.v les concepts de la vertu.

42J* La République de Platon, quand on l'entend bien, n'est pas si mauvaise qu'on pense; elle est fondée sur l'idée nécessaire d'une constitution de la plus grande liberté d'après des lois qui font que toute liberté peut subsister avec toute autre; c'est donc un idéal d'après lequel on peut examiner seulement la valeur de toute constitution réelle.

422. Mais par rapport à la nature, Platon en voit avec raison les preuves claires de son origine dans les idées (ausldeen), ou d'après des fins.

423. L'usage trauscendantal de la raison, de ses principes, de ses idées, doit donc être recherché. Mais le mot idée ne devrait être employé que pour désigner des concepts rationnels, ou dés concepts tirés de notions qui dépassent la possibilité de l'expérience.

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Echelle des représentation*

Représentation, reprcesentàtio

avec conscience,

Perception

(perceptio) '

subjective objective

sensation connaissance

g 1 (sensatio) (cogpitid)

g( immédiate médiate

intuition concept

(intuitio) (conceptus)

empirique par

la sensibilité pare, l'entendement, la raison notion. idée.

424. Nous pouvons présumer que la forme de raisonnements contiendra l'origine de concepts particuliers a priori, que nous pouvons appeler concepts rationnels purs ou idées transcendantales.

425. La fonction de la raison dans ses raisonnements consiste dans la généralité de la connaissance d'après des concepts; et la conclusion est même un jugement qui est déterminé a priori dans toute V étendue de sa condition.

426. Un concept rationnel est le concept de l'inconditionné, en tant qu'il contient un principe de la synthèse du conditionné ; car dans la majeure d'un syllogisme nous concevons le prédicat, que nous restreignons dans la conclusion à un certain objet, dans toute sa sphère (universalité). A cette sphère correspond la totalité (omnitudo) des conditions; mais cette totalité est toujours inconditionnée et n'est possible que par l'inconditionné. ,

427. Autant donc il y a d'espèces de rapport, suivant les catégories, autant aussi il y a de sortes de raisonnements purs, savoir :

1) Un inconditionné de la synthèse catégorique d'un sujet;

2) Un inconditionné de la synthèse hypothétique d'une série;

3) Un inconditionné de la synthèse ditjonctive des parties <fun système.

428. Il y a en effet autant d'espèces de raisonnements, dont chacun s'élève par prosyllogismes à l'inconditionné :

1) A un sujet qui n'est plus prédicat;

2) A une supposition qui ne suppose plus rien;

3) A un agrégat des membres de la division qui n'exige plus aucun membre pour l'achèvement de la division.

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478 SOlfMAWft ANALYTIQUES.

Les concepts pars de la raison touchant la totalité dans la synthèse des conditions, sont donc, an moins comme problèmes, fondés sur la raison humaine.

429. Le mot absolu est souvent employé maintenant pour indiquer simplement ce qui se dit à l'occasion d'une chose sans comparaison (intrinsèquement); mais il signifie aussi quelquefois ce qui s'affirme sous tous les rapports (sans limite).

430. Ce mot doit être employé ici dans ce sens étendu, par opposition à ce qui a une valeur relative.

431. Le concept rationnel transcendantal ne convient donc jamais qu'à la totalité absolue dans la synthèse des conditions et ne s'arrête qu'à Y absolument inconditionné. Il sert à systématiser , c'est-à-dire à réduire à l'unité rationnelle en un tout absolu les opérations intellectuelles (c'est-à-dire à réduire l'unité intellectuelle en intuitions).

Or comme rien dans l'expérience n'est inconditionné, l'application dès concepts rationnels purs aux intuitions (ou leur usage objectif) est toujours transcendant.

432. Une idée est un concept rationnel nécessaire, auquel iiul objet correspondant ne j>eut être donné par les sens (v. g., la Sagesse); les concepts rationnels purs dont il s'agit ici (427) sont donc des idées transcendantales.

433. Elles peuvent servir à conduire mieux et plus loin l'entendement dans les connaissances des objets, et rendent peut-être possible une transition des concepts naturels aux concepts pratiques.

434. Il s'agit donc de considérer maintenant la forme logique de la connaissance rationnelle, pour voir si là raison ne devient pas par là une source de concepts d'objet en général, et si par là une série d'objets n'est pas considérée comme, par rapport à l'une ou à l'autre fonction de la raison, par exemple, le monde (145).

435. La raison est la faculté de raisonner. La conclusion est, le jugement qui est porté au moyen de la mineure par le fait de la subsoînption de la condition dans la mineure à la condition de la règle (condition dont on énonce la règle dans la majeure). Dans le raisonnement rationnel on parvient donc par une série de conditions ( prémisses) à une connaissance (conclusion) qui peut être toujours poussée plus loin par la ratiocinatio polysyllogistica,per prosylloyismos, ou episylïogismos.

436. Mais il en est tout autrement de la série des prosyllogismes que de celle des épisyllogismes ; car du côté des conditions, on demande la totalité, tandis que du côté du conditionné on conçoit seulement une progression facultative.

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SOMMAIRES AN4JUTOÛTO5, . 479

437. Nous n'avons pas à nou? occuper jçi de l'apparence logique (394), mais d'une dialectique transcendantale qui doit contenir par* faitement a priori l'origine de certaines connaissances par raison pure et de concepts conclus. Mais il y a trois sortes de raisonnements dialectiques d'où ces concepts procèdent (428),

438. Nos représentations peuvent en effet se rapporter : 4° Au sujet;

2° A l'objet, mais à la vérité :

a) Comme phénomène ou

b) Comme objet de la pensée eo général.

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