CriTique pu Livre of is à
lard, Il a fait une Scrutine ou Jugement des livres de fictions. poetiques et Romanes a dans l’histoire de D.Q. Je c chose que de l’Imiter.
Et. — Vous de laisser cette que Sorel à fait de D.Q. Car son heros est un Jeune h
Pour avoir lu des Romans de bergerie comme D.Q. l’estoit devenu pour en avoir
ques de mesme qu’il y en roy que c’est aprouver une.
m’avez prevenu, mon dessein n’estoit pas objection sans y respondre. Il est vray
lu de Chevalerie, mais estoit ce une chose si. difficile à inventer que celle là. Il n’y a point de petite femme qui ne dise quelquefois qu’elle voit lire avec assiduité, Je croy que vos livres vous [126 R°] feront devenir fou, ainsy cette imitation ne tourne ni à avantage à Cervantes qui a escrit le premier, ni à desavantage a Sorel qui a escrit aprez luy, et l on ne dit point que ceux qui composent des Comedies et qui traittent des sujetz qui l’ont desja esté, ayent imité ceux qui les ont precedez. | NEo. — Je le veux bien, mais Sorel imite comme je vous ay dit D.Q. en des circonstances de son histoire. Eu. — Donnez vous patience J’y vas.
que chose que ce que vous dittes, est cette imitation et quelle differe qui est dans D.Q. et ce qui est d vagant: Et lequel vault le mieux, reproche d’avoir imitée, qui est c ou ce qu’il a escrit dont vous parlez s0 faict faire à son avec le Carrosse y
a ceux
C’est dire quel- Mais voyons quelle nce 1l y a entre ce ans le Berger extraou la chose qu’on luy e qu'a dit Cervantes, sur cette imitation. Les circonstances nt les actions heroïques que Sorel a berger, Je veux dire l’enchantement olant (395), Et le Jugement des livres
(395) Berger exiravagant (éd. de 1633-1634), à. III, 1. 10.
un Romant qui a du raport avec celluyÿ omme devenu fou
d'a LE rR Le GR ES,
Fe!
HR Boris se.
£ à PE
ir à
Sr te
dif &.
pe Dom Quicnorre pe LA Mancmr 249
de fictions poetiques et Romanesques (396). Quant à ce qui est des actions heroiques qui est [126 V“] l’enchantement que son berger entreprend de rompre comme heros guerrier, ce mesme berger s ‘explique fort nettement sur une incompatibilité qu’on pourroit luy objecter, disant qu’il peut bien comme berger entreprendre de telles actions quand il voit que les autheurs mesmes des his- : toires de bergerie ont affecté de parroistre guerriers Lors qu’ils ont faict mettre au devant de leurs ouvrages leurs portraitz habillez a Ja grecque antique avec des couronnes de Laurier (397) quoy que ces ouvrages ne
fussent que des bergeries. Ce qu’il dit pour se mocquer
de ces autheurs là, Car le dessein de son livre est de faire une satyre contre les Romans et contre leurs autheurs, Et en cela Il n’y à encore aucune imitation de D.Q. Pour ce qui est de l’enchantement et du Carrosse volant J’avoüeray si vous voulez qu’il y a quelque Imitation dans le suject, quoy que le dessein de Sorel de se mocquer de ces autheurs de bergeries qui affectent de paroistre guerriers, le luy eust pu donner, Mais Il y a une si grande difference dans la maniere [127 R"] dont la chose est traittée que bien loing que ce soit une imitation, qûé’au contraire elle devient un original que Cervantes eust esté trop heureux de suivre s’il l’eust veu ous il eust eu du goust, Car Je vous prie y a t’il forme ni apparence de raison à ce cheval de bois, Je vous en ay desja dit quelque chose au sujet de Malambrun qui l’avoit envoyé fort mal a propos comme je vous l’ay fait connoistre. Mais quel effect produit ce cheval? Les deux
Chevaliers ayant esté fort peu de temps dessus, car le :
Duc et sa compagnie ne partirent point du Jardin, L’on
(396) Berger Erxtravagant, t. III, 1. 13.
(397) Ibid., 1. III, p. 308. 5}
290%. :Crrrraus nu Lrvrr ci
met le feu ‘à des petards et à des fusées qui estoient ? dans le corps de ce cheval qui le mettent en pieces et jettent les chevaliers par terre à demy bruslez, on ne sçait point par où bruslez, Et l’on dit que voila lenchantement rompu, sans que les chevaliers ayent fait
autre chose que 4 avoir esté un moment sur cette Ma-
chine, ni qu’ilz ayent rien veu qui leur ayt pu faire croire avoir rompu un enchantement. Sorel ne fait pas ainsy, Il fait monter en carrosse son [127 V*] Heros avec son vallet Carmelin, les fait rouler sur la terre Jusques à une maison preparée pour son Dessein, où aprez les avoir mis et laissez souz une remise quelque temps pour leur donner sujet de croire qu’ilz alloient par l’air, IT les fait conduire par un magicien dans des Caves, pendant la Nuit où ilz trouvent des geantz contre qui il: combattent actuellement et contre des bossus qu’ilz battent et qui les battent aussy, Et en fin les ayans mis en fuitte, Il fait qu’ils tirent d’un caveau une Dame prisonniere qu’ilz ramenent à son amant, pour qui ilz avoient entrepris l’avanture, dans le mesme Carrosse avec les mesmes ceremonies de la remise, et de rouler sur terre pour retourner au chasteau d’où ilz estoient partis. Cela est raisonné et suivy, et l’on voit beaucoup d’aparence que l'esprit devoyé de ce berger à pu prendre cette fiction pour une verité estant accompagnée : de tant de faitz veritables, dont Carmelin qui n’avoit pas l'esprit gasté demeuroit d’accord luy mesme. C’est ainsy qu'il fault faire des avantures, où l’on [128 R°] voye du. vraysemblable où rien ne se contredise, où tout se puisse soustenir de s0y mesme: or que Sorel ait tant qu’il vous plaira Imité Cervantes en cet enchantement, : cela ne rectiffie point des deffautz et manque de Jugement ou d’invention Si vous voulez qui sont dans la Con-
ve Dom Quicorre pe LA MANCHE 251 duitte de celluy de Cervantes qui ne se peuvent ni recevoir ni excuser. Quant au Jugement des livres de fictions Poetiques et Romanesques, celluy de Cervantes est fait sans esprit, Car ce que disent le Curé et le barbier,
des livres de la biblioteque de D.Q. est fondé seulement sur leur Caprice, au lieu que le Jugement qui se fait dans le livre de Sorel des livres de Poesie et de Ro- __ mans est avec un art plus noble et plus scavant, Il Introduit deux hommes habiles dont l’un fait une Critique : raisonnée et estendue sur chaque livre dont le sujet y est dit sommairement, Et l’autre tasche de les deffendre par des raisons et des Couleurs declamatoires avec beaucoup. d'esprit. Et ainsy cette Critique est sçavante et pleine [128 V“]. ‘d’une grande erudition, en laquelle Il paroist. que Sorel avoit une grande lecture une exellente memoire et un bon Jugement, Et que probablement Il sçavoit du latin autant que Cervantes, dont Il ne faisoit pas semblant. Vous voyez donc que cette Imitation que l’on reproche a Sorel ne luy fait point de mal, et que bien loing qu’elle tourne a la louange de Cervantes, la comparaison que l’on fait de l’une a l’autre le remplit de confusion et luy est une leçon pour mieux conduire une avanture de Cette qualité qu’il n’a fait. la sienne, Et noz beaux Espritz qui veullent tirer de cette imitation des avantages pour Cervantes n’y ont pas bien pensé Car ceux qui voudront examiner ces Imitations verront que Sorel estoit homme a donner des leçons a Cervantes toute sa vie, pour escrire des histoires Inventées. À re
— No. — Tout ce que vous dites là est beau et Le.
mais le Livre de Sorel est demeuré là sans que personne en parle, et Celluy de Cervantes s’est reveillé, et tout vieil qu’il est il entretient tout [129 R] ce qu’il y à de gens d’esprit dans le Royaume.
25 Pons fé CRITIQUE pu Lavre |
Eu. — S'il estoit question icy de faire une comparaison de cés deux livres Je vous ferois voir la grande difference qu’il y a de l’un à lPautre: L'histoire que raconte Sorel et qui compose son livre est toute Comique sans qu’il y ait rien de poetique, C’est un portrait au naturel de la maniere ordinaire de vivre: Celle de Cervantes est toute pleine d’avantures poetiques qu’on ne voit point dans la vie et qui font une contradiction au dessein qu’il a du avoir en faisant son livre Je vous Pay fait remarquer: Le stile de Sorel est facile, sa narration breve et claire, Les Caractères de ses personnages conservez et gardez depuis le commencement Jusques a la fin, Il rend raison de toutes les avantures et des moyens par lesquelz elles se sont faites, Les idées qu’il vous a fait avoir Il ne vous les faict point changer, Il ne vous laisse en doute de rien. I] ne vous laisse rien à supposer ni à supleer, Vous sçavez si Cervantes est de cette humeur: Mais pour respondre à ce que vous dittes que son livre [129 V*] s’est resveillé et que tout vieil qu’il est IT entretient tout ce qu’il y a de gens d esprit dans le Royaume Il est vray qu'il entretient bien du monde, mais que ce soit tout ce qu’il y a de gens d’esprit, J’en doute fort Il est vray qu’il y à des espritz qui trouvent tout bon pour rire, Ces gens la s’en peuvent entretenir n'y prenant pas garde de si prez: Cet homme dont Je vous ay parlé qui faisoit tant rire la compagnie à ce souper où je me trouvay, passoit pour agreable, de bonne humeur, divertissant à ceux qui estoient presens et ils l’eussent preféré sans difficulté à un autre qui eust dit quelque chose de meilleur, par ce qu'’ilz ne s’y connoissoient guere, et qu’ilz n’estoient la que pour se rejouir, Mais qu’a des gens de bon goust cet homme eust esté ce qu’il paroissoit aux autres, Il s’en falloit tout, Et
ET
DE Dom Quicnorre DE LA MANCHE 253
Je ne pretends pas aussy que la Critique que Je fais soit ; contre ce vulgaire pour qui les bonnes choses ne sont pas faittes, mais bien Contre ces beaux Espritz si delicatz, qu’un pourtant... un pour ce au lieu de par ce choque si fort qu’ilz quittent à l'heure mesme le livre [130 R*] où ilz l'ont trouvé, ne pouvant pas croire qu’un ouvrage où il y a de telz motz, puisse estre bon C’est dis je contre ces gens là delicatz comme Je viens de dire et qui veulent pourtant soustenir ce livre pour tres bon et son autheur pour le plus bel esprit qui ait Jamais esté. Mais par vostre foy, croyez vous que ce nouveau traducteur (398) ait fait un grand honneur à Cervantes d’avoir traduit son livre comme il à fait, vous n’y avez pas assurement bien pensé Il luy a fait un honneur semblable a celluy qu’un Maistre fait à son Escollier quand Il luy corrige son Thesme, Il a retranché une partie de sa narration qu’il a supprimée comme Inutile ou comme ennuyeuse, Il a traduit des choses autrement qu’elles ne “sont dans l'original, Jugeant sa pensée meilleure que celle de son autheur et la luy preferant ayec un peu de vanité, Je croy qu’on ne peut pas luy faire un plus grand affront : Cela a causé une chose qui me semble assez plaisante, Ce livre que les beaux Espritz avant cette nouvelle traduction [130 V“] retranchée et corrigée estimoient le plus beau livre du monde, lorsque ce traducteur l’a corrigée (sic), il a fait voir qu’ilz n’y entendoient rien et qu’il s’y connoïssoit mieux, que tous tant qu’ilz sont, et que pour trouver ce livre là bon Il falloit en retrancher et y corriger ce qu’il a fait, Et a dire le vray Il a retranché beaucoup de choses ennuyeuses, Et c'est peut estre par là qu’on y trouve plus de goust qu’on ne faisoit dans les traductions de Oudin et de Du Ros-
(328) Filleau "# ‘Saint Martin, dont la traduction parut en 1677-1678.
F4, #3 CRITIQUE pu Liver MA M
set, car elles ne sont pas encore si gastées de stile qu’on ne les pust lire si le livre en valloit la peine en l’estat qu’il est dans ces traductions fidelles. De dire que ce livre de l’antiromant (399) soit demeuré là, a cause 6 qu’on ne l’a pas réimprimé comme on a fait celluy de D.Q. Ce n’est pas une raison Car on en pourroit dire 6 autant de quantité de ‘bons livres qu’on n’a pas reimprimez, L’Astrée de D'Urfée au Stile de laquelle l’on
pourroit changer quelque chose [131 Re] pour dontentér |
la delicatesse du temps n’a pas esté pour cela corrigée et relmprimée comme D.Q. Et Je croy qu'il y a difterence de merite de ce livre là à celluy de celluy cy, et. l’on ne dit point pour cela que ce livre d’Astrée soit demeuré là, L’antiromant est de mesme I] est en estime partout, Et les remarques que l’autheur y a adjoustées sont, de l’avis de tout le monde, d’une singuliere beauté tant par la diversité qu’elles contiennent que par la maniere dont elles sont traittées où Il se voit une espece de Critique sur plusieurs ouvrages qui est genereuse et hardye, qui plaist et qui instruit le lecteur de plusieurs choses rares et curieuses.
Nro. — Je ne scaurois que vous dire mais ce livre là ne me plaist point, Il n’est point selon mon goust.
Eu. — Vous me dittes là deux choses a quoy J’ay de la peine à respondre, ce n’est pas que Je manque de rai- Sons, mais comme c’est à vous que Je les dois dire Je ne le puis sans m'esloigner un peu de la civilité que Je vous dois.
(399) Le Berger Extravagant a d’abord paru en trois parties, aux dates de 1627 et 1628. Ces trois Parties ont été ensuite réunies en un seul volume sous ce titre : L’Anti-Roman ou l'Histoire du Berger Lusis, accompagnée de ses remarques par Jean de la Lande, Poitevin [pseudonyme de Ch. Sorel), Paris, 1633-1634, in-8, 2 t: en 4 vol.
DE Dow Quicnorre px LA MANCHE “255
AE … Nxo. — Pourquoi ? Je vous prie que ma Consideration “hs vous retienne (400) point de me dire [131 V®=] In- — genument ce que vous pensez, Ne sçavez vous pas bien que c’est souz la condition de la liberté academique que nous avons entrepris de nous entretenir de ce livre?
a = Puisque vous le voulez ainsy, Je vous diray donc que ceux qui disent, (Je ne sçaurois que vous dire) doivent se taire puisquilz ne sçavent que dire, cependant ceux qui parlent ainsy croyent dire un grand mot, Et comme ce mot à rapport avec ce que vous avez dit ensuitte (que ce livre n’est point selon vostre goust). Ilz croyent qu’il leur est permis d’avoir tel sentiment qu’il | leur plaira par le privilege du goust que l’on dit estre “ libre et arbitraire et sur lequel Il ne doit s’esmouvoir
- aucune disputte. Mais Je vous diray franchement que Ce mot de goust accompagné de cette pretendue Liberté, est un asyle à l’Ignorance, Car une personne habile sçait toujours pourquoy il (sic) trouve quelque chose bon ou mauvais, Et je vous diray davantage que le goust que nous
avons pour les viandes, dont celluy dont nous [132 R‘] parlons est la peinture par Metaphore, n’ est pas si fort en nostre liberté que nous le croyons, Le pain qui n’a point de mauvais goust estranger, est bon de luy mesme, -et Il n’est pes permis de dire qu’on ne le trouve pas bon, a moins qu’on avoüe q qu’on est malade, Il en est de mesme des viandes ordinaires comme le bœuf le mouton et autres viandes simples qui sont d’elles mesmes de bon goust Independemment de l'opinion de qui que ce soit, Il est vray qu’il y a des viandes et des fruitz dont il est per-
mis de ne pas aprouver le goust, comme les viandes noires et de venaison, les figues les Melons et autres
(400) Au-dessus du mot : relienne, et sans le rayer, Pierre Perrault, ou le copiste, a écrit le mot : empesche,
856 Has CRITIQUE Du Livre Mie de.
fruitz semblables dont le goust est fort et extraordinaire. Le goust qu’on peut avoir pour les productions et ou-. vrages de l'esprit est tout pareil Il y a des choses qui sont bonnes ou mauvaises d'elles mesmes, sans qu’on É he puisse les desaprouver ou aprouver à moins de demeurer d’accord qu’on a l'esprit malade: Et ces choses la sont celles qui sont fondées sur une verité constante ou sur. un mensonge evident, Et Il n’est pas permis a un esprit bien fait de trouver mauvaises (sic) [132 Ne licelle "2 qui aura la verité pour fondement, et d’aprouver celle qui ne sera apuyée que sur le mensonge: Aprez cela Peut on dire (Je ne sçaurois que vous dire, cela n’est pas selon mon goust) si la chose est de celles qu’on ne peut trouver mauvaises sans depravation de goust et sans dereglement d'esprit, Aussy de telles responses ne se font que par des opiniastres, qui se sentans esmeuz par les choses qu’on leur dit, se voyent forcez d’abandonner un faux sentiment, ou (sic) ilz seront, ou qu’ilz auront pris peut-estre au hazard, dont ils ont de la honte, et auquel Ilz ne veulent pas renoncer, car ce seroit trop se Sousmettre, croyant qu’ilz en sont quittes pour dire, vous avez un tel sentiment et moy J’en ay un autre, mais [lz meritent qu’on leur dise vous avez l'esprit malade : Quand Je vous ay dit au commencement de nostre entretien que le livre de D.Q. me desplaisoit, Je ne me suis pas contenté de dire. (Je ne scaurois que vous dire ce livre n’a jamais esté selon mon goust) et il m’a toujours deplu) J'ay adjousté les [133 R®] raisons pour quoy, que Je vous ay deduittes assez amplement, Et ceux qui soustiennent que ce livre est! exellent n’en doivent pas estre crus sur leur simple affirmation, Il faut qu’ilz disent pour quoy Ils le Soustiennent tel, principalement aprez une aussy grande attaque que celle que Je luy :
DE Dom QuicHorre DE LA MANCHE 257
ay. faite, Il faut pour se disculper d'esprit malade, qu ’ilz fassent un panegirique de ce livre raisonné, comme J’en ay fait la Critique, ou plus tost qu’ilz fassent une apologie qui responde aux choses que J’y trouve mauvaises,
| et qu’ils prouvent que toutes les absurditez, impossibi-
litez, contrarietez, messeances, malhonnestetez, langueurs de stile, Inutilitez, sont ou des beautez ou du moins que ce ne sont pas des deffautz et qu’on les peut soufirir comme des choses dont le goust est le maistre, mais c’est ce qu'ils ne scauroient faire dans le destail qu’il fault comme Je l’ay fait de mon costé.
Nro. — Vous ruez là de grands coups, Et que deviendront donc ces beaux espritz qui soustiennent ce . à cor et a cry auront ilz l'Esprit malade?
[133 V*] Eu. — Ils deviendront ce qu’ilz pourront . ue comme il vous plaira, mais une cause attaquée comme l’est celle dont nous traittons, ne se deffend pas par une simple affirmative de ces Messieurs qu’elle est bonne et que tout ce qu’on peut dire contre n’est rien et ne merite pas de response, Et encore moins, eux ayant autant d'esprit qu’'ilz en ont, Mais sçavez vous pour quoy ilz loüent tant ce livre de D.Q. et pour quoy ilz ne veulent pas loüer celuy de l’antiromant, C’est premierement que celluy de D.Q. est composé par un estranger et que les françois sont naturellement amoureux des estrangers Jusques à la follie; Secondement c’est qu’il est fait il y a longtemps et qu’on n’en connoist
— point l’autheur que de nom seulement, lequel Il pourroit
avoir changé comme ont faict beaucoup d’autres qui va- —loïent mieux que luy, De maniere qu’ilz eroyent qu’ilz peuvent luy donner de la louange sans Jalousie: Mais d’en donner au livre de l’Antiromant composé depuis peu par un françois qué chacun a connu et qui estoit en-