‹ Critique du Livre de Dom Quichotte de la MancheChapitre 6 sur 64 · A SN APE IRE TU PP · texte numérisé non relu

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Prerre PERRAULT ET CoLBERT 19:

chez trois trésoriers (22) successifs : M. de Vassan, M. Sa-

__ batier, M. du Housset. Puis M. du Housset lui fit acheter de M. Bonneau la charge de receveur général des fie nances en la Généralité de Paris (23). Pendant les dix années (1654-1664) qu "il exerça cette fonction, les recettes furent extrêmement difficiles ; le roi, en outre, eut l’idée de faire remise au peuple de tout ce qui pouvait être dû encore sur le reste des tailles de ces années, — libéralité « admirable », s’écrie Charles Perrault, si elle ne se - fût produite aux dépens des infortunés receveurs. Ceuxi, en effet, qui avaient avancé les fonds au trésor, se trou-

s ot frustrés des recouvrements qu’ils espéraient, et presque tous furent ruinés. Ils eurent beau solliciter le surintendant Fouquet, ils n’obtinrent pas qu’il constituât un fonds « pour remplacer les restes remis gratuitement au peuple ». Pierre Perrault se trouvait ainsi fort embarrassé, lorsque ceux qui étaient assignés sur la recette gé-

nérale de Paris venaient lui réclamer leur paiement :

« Vous vous plaignez de moi, leur disait-il, et vous aves raison ; mais plaignez-vous encore davantage. Allez dire

partout, mais particulièrement à M. le surintendant, que je vous retiens votre bien, que je suis un fripon et un

‘2) Les Trésoriers des parties casuelles étaient des officiers chargés de percevoir et de garder les revenus provenant des parties casuelles.

(23) Les Receveurs généraux des finances, établis dans chaque généralité, ou circonscription financière, étaient chargés de « recevoir. tant les produits du domaine que ceux des impositions et autres deniers extraordinaires. » « C’étaient de très importants officiers, moins peut-être par leur fonction régulière et normale de verser au Trésor le produit des impositions directes de leur généralité, que par l'habitude prise par le gouvernement, toujours besoigneux, d'obtenir d'eux des avances sur leurs recouvrements futurs, des rescriptions sur leurs recettes à venir, que le Trésor négociait à grands frais. » (M. Marion, Dictionnaire des Institutions de la France aux XVII et XVIIIe siècles, Paris, 1923, p. 472).

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ie a voleur ; vous me ferez plaisir : car, comme c’est à lui à faire un fonds pour remplacer les restes que Le Roi a donnés, cela l’obligera peut-être à le faire pour mettre fin à

vos cris et à vos plaintes, qui sont très raisonnables et très

justes » (24). : à | ... Mais bientôt, Fouquet tomba et Colbert fut mis en sa place. Tout Paris, alors, et principalement les hommes d’affaires, vinrent chez Pierre Perrault lui adresser « compliments » et « conjouissances » sur cette « promotion » (25). C’est que Pierre Perrault et Colbert avaient été ensemble commis chez M. Sabatier (26), et qu’une amitié an-

cienne semblait parfaitement les unir, Colbert pourtant devait précipiter et achever la ruine de son ami devenu

-son subalterne. ;

Tourmenté, persécuté par ses créanciers, Pierre se crut

le droit de « prendre quelques deniers sur le courant de l’année 1664 pour acquitter ses dettes les plus criardes » (27). Or Colbert avait fixé à un jour précis les versements que les receveurs généraux devaient faire au trésor royal. Pierre ne put s’exécuter, du moins pour la totalité de la Somme. Averti, Colbert voulut l’interroger. Mais Pierre,

« intimidé plus qu’il ne falloit » (28), se cacha. Colbert |

manda Charles Perrault. Et Charles, ignorant de toutes

choses, mais inquiet, alla incessamment trouver Pierre, |

apprit de lui son état de gêne et le prélèvement dont il s’était rendu coupable, revint près du sourcilleux ministre lui exposer ce qu’il savait maintenant, et ne put obtenir

(24) Charles Perrault, Mémoires de ma vie, p. 119.

(25) Ibid, p. 119.,

(26) Charles Perrault nous dit même que son frère était « premier commis » chez M. Sabatier, tandis que Colbert n'y était que commis & subalterne » (Mémoires de ma Vie, p. 118).

(27) Charles Perrault, Mémoires de ma Vie, p. 12.

(28) Ibid.

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