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22 P. PERRAULT, SA VIE ET ses "OUVRAGES x | \ Jui dit-i] un jour ; il y a long-temps que je le connois pour tel ; il sçaït que je suis de ses anciens amis. Il s’est confié là-dessus, et a cru qu’il pouvoit impunément jouer. > le tour qu’il m’a fait. — Monsieur, lui répondit Charles, vous me pardonnerez, s’il vous plaît, si je vous dis se
Je ne vois quel tour il vous a fait, — Le tour qu’il m’a fait, c’est qu’il a acquitté pour la moitié avec l'argent de cette année [1664] toutes les dettes qu’il me demande
aujourd’hui en leur entier. — Ah ! Monsieur... pouvez-
À vous avoir une telle pensée d’un homme que vous dites être votre ami et que vous connoïssez il y a si long-temps ?
- Mon frère souffrira sans peine la pauvreté où il est réduit, mais il ne pourra supporter la douleur de passer dans votre esprit pour un malhonnête homme. Si nous avons quelque défaut dans notre famille, c’est de n’avoir pas assez d’attache au bien et de le mépriser, bien loin que pas un de nous puisse être capable d’une lâcheté semblable » (35). Sur ces mots, Charles se retira, triste sans doute, non RE découragé. Quelques autres conférences qu’il eut avec Col- =. bert, et où Colbert l’avait peut-être convié, n’aboutirent, “4 comme les précédentes, qu’à l’obliger, un peu brutale- 3
- ment, à « fermer la bouche ». Une dernière fois pourtant, il osa importuner le ministre. Il le pria de vouloir bien donner à son frère « quelque petite commission pour pou-
voir subsister ». De nouveau il échoua. Pierre resta sans 4 charge « at même sans un valet pour le servir » (36). Mais L Q 2 ; AB :
ce qui, plus que la pauvreté, causa au malheureux dépit 4
et souffrance, ce fut de n’avoir pu obtenir de Colbert 50.000 livres en déduction des 300.000 que le roi lui devait, — 50.000 livres qui lui eussent permis, avant de mourir, de