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. (35) Charles Perrault, Mémoires de ma Vie, p. 122, 123. (36) Ibid., p. 123.
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- Prerre PERRAULT ET CoLBerT
satisfaire trois ou quatre petits créanciers, ses proches pa-
rents (37). F >
Timide et vite effrayé, tel nous apparaît Pierre Par De
rault, à bien lire le récit indulgent et touchant de son frè- re Charles. Il manque d’énergie, ne fait pas front, se dérobe. Ni sérénité, ni maîtrise de soi. Il est vrai, d’autre part, que les circonstances où il se débattait et qui l’accablèrent, étaient difficiles, insurmontables peut-être. Enfin,
il ne rencontra dans le glacial Colbert, qui eût pu et dû
le sauver, qu ’indifférence, sécheresse de cœur, âpreté, dureté. Plaignons-le. C’est un honnête homme que la malchance et une certaine pusillanimité ont, ensemble, desservi.
AR SEE III JoIE DE VIVRE
A ses loisirs forcés, Pierre Perrault sut, ‘malgré son chagrin, trouver quelque douceur. De nombreux amis, d’abord, lui restèrent fidèles. C’étaient des écrivains, des artistes en renom : Colletet, Charpentier, Pinchesne, La
Mesnardière, Ro Belin, tous esprits judicieux, plai-
37) Ibid., p. 124 — Charles Perrault ne se lasse pas de défendre et de soutenir l'honnêteté foncière de Pierre. Voici quelques témoignages qu'il apporte en sa faveur : € Entre ses créanciers, nous ditil, il y avoit un nommé M. Chartier, homme estimé très dur et tout à fait incxorable. Cependant, au lieu de persécuter mon frère, il le défendoit et le soutenoit envers et contre tous ses autres créanciers, me disant : « Si votre frère avoit mon bien entre ses maine, je scaurois bien me le faire rendre ; mais c’est un homme qu'on a égorgé au coin du bois. Je le soulagerai en tout ce qui me sera possible, bien loin de Jl’oppriner. » La réputation de mon frère étoit telle que dans tout le temps de son adversité, qui a duré. seize ans, deux de ses amis lui ont mis en dépôt tout leur argent comptant, qui montoit à plus de quarante mille écus, ce qui marquoit une grande confiance dans sa probité » (Mémoires de ma Vie, p. 123).
“24 P. PERRAULT, sA Vie Er SES OUVRAGES sants compagnons, causeurs abondants en saillies, vifs en réparties. Il les recevait surtout dans sa maison de campagne de Viry-sur-Orge (38). À la mort de sa mère, en
effet, survenue en 1657, catte jolie propriété lui était Fe échue en partage et, avec l’aide de ses frères, il s'était efforcé de l’embellir encore (39). I1 y ajouta de nouvelles | constructions, où l’on put admirer l’entente que Charles,
Claude et lui avaient des principes de l’architecture. Una
salle même s’y éleva, aux parois recouvertes de rocailles
et de coquillages. Cette salle, pourtant, André Hallays
pencheraïit à en attribuer la création, non pas à Claude,
Pierre ou Charles, mais à un nouveau possesseur, un prélat
du XVIIT®* siècle, l’évêque d'Uzès, Michel Poncet de la | Rivière (40). Ce qui est certain, c’est que l’une au moins
de ces transformations revient à Charles : il construisit
une grotte où jouaient, abondantes et murmurantes, de
belles eaux. Pinchesne a célébré grotte et logis en deux
sonnets enthousiastes, mais gauches et où l’effort s’aper-
çoit. Voici le sonnet « pour M. Perrault l’Aisné sur sa mai-
son de Viry » : ,
Avoir chez soy des eaux, des bois, et de la veuë, Avec un fort commode et propre bastiment,
Qui rit aux regardans du faiste au fondement, | Et de qui l’ordonnance est des mieux entendu.
(38) Non loin de Savigny.
(39) Charles Perrault écrit dans ses Mémoires : « … la maison de # 51 Viry fut donnée à mon frère le receveur dans le partage que nous : à fimes des biens de la succession de la famille. I y fit bâtir un ; corps de logis, et, comme j'avois un plein loisir, car mon frère E avoit pris un commis pour sa recette générale, je m’appliquai à fai- | re bâtir cette maison, qui fut trouvée bien entendue » (Mémoires de À ma Vie, p. 33, 34). 1
(40) André Hallays, Les Perrault, Appendice III, p. 249 à 252.
- Jorg DE vivre
Avoir de jardinage une juste étenduë, “A Un parterre agreable en son compartiment ; Des jets d’eaux au milieu, qui vont incessamment,
a en n° ’interrompent point lon. danse continué. AT"
arr dé fort Doha Fes là de mets surprenans, Sçavoir sans les fâcher tromper les survenans, = Est cultiver l’étude où l'honneur nous convie, Et du vent de la Cour à vivre bien guery, | Le grand Fontainebleau que tout le monde envie, Le cede en doux momens à ton petit Viry (41).
Le deuxième sonnet « à M. Perrault le Jeune » (42), — Charles Perrault, — s’il est de tour un peu plus facile et élégant, n’atteint pas davantage à la beauté :
Autre [sonnet] à M. Perrault le Jeune sur sa Grotte de Viry :
Quand chez toi di sommet d’une Grotte onde J’ouïs plein de transport et de ravissement,
Par cascade, et par bonds, gazouiller on
En cent petits bassins la plus belle eau du monde.
Je dis en do sa beauté sans seconde, Et le bruit enchanteur de son doux roullement : De sacrez fils des Dieux c’est icy l’élement, Et la plus seche veine y deviendroit feconde.
A1) Pinchesne, Poesies meslées du sieur de Pinchesne, Dédiées à Monseigneur le Duc de Montausier, Gouverneur de Monseigneur le Dauphin, Paris, André Cramoisy, 1672, p. 119.
(42) Pinchesne appelait encore Charles Perrault « Perrault Re ». Cf. recueil manuscrit de « Rondeaux » (Bibl. Nat. . fr, 15195), p. 2, recto.
CN
Ne
26 P. PERRAULT, sA Vie ET SES OUVRAGES
Ainsi pour ton honneur tu me devois cacher Cette Dirce secrete, et ce divin Rocher :
Où dans l’art des neuf Sœurs tu devins un Orphée.
S os 2 7 MEME Car m’ayant de ce lieu les charmes découvers,
J’en admireray moins que de ta Lyre Fée,
Tu pousses des Chansons si pleines de beaux vers