I.'JS CRITlQUr. KT CAIHOIIOITE
dos inlonlions explicites du l.hrisl, rondaleur de l'Kglise.
On ne nous demandera pas, je pense, pour mesurer ces divinesinlonlions, de nous en rnpporler au simjde bo)îse7is de M. Guigneberl. Il n'aj^parlienl mu l>07i sous depersonnede délerminer ce qu'il convenait au Christ de faire ; c'est à Thisloire de nous dire ce qu'il a fait. Elle nous dit bien que le Christ a condamné le « ritualisme pharisaïque », c'est-à-dire Timporlance exclusive tpie les Pharisiens attachaient à leurs purifications exlcrieures, à leurs longues prières vocales, et à leurs observances traditionnelles, mais elle ne nous dit nullement que, pour corriger cet excès, Notre-Seigneur ait condamné tout rite, tout culte extérieur. Cette réforme par suppression totale du culte à réformer e.'-t bien dans l'humaine manière des fondateurs du protestantisme; elle ne peut se réclamer de Jésus, le divin rénovateur. Jésus connaissait trop Thumanitéet ses besoins, et était trop respectueux de la nature de l'homme, œuvre du Père céleste, pour n'en tenir aucun compte et nous traiter comme de purs esprits. Venu en ce monde, n'en déplaise aux critiques, pour fonder une religion qui est l'extension et la perfection du judaïsme, pour réunir tous les élus dans la société spirituelle, mais visible, qu'est l'Église ', il ne pouvait assurer l'unité et la vie extérieure de cette l'église, sans lui donner un certain nombre de rites essentiels, symboles et fadeurs de la grâce et de l'unité intérieures, (pii font de tous les chrétiens un corps vivant dont Jésus est la tète.
M. Ilaniaf-k lui-même en convient ; la pratique des
^^f. 1. Apotor/t^lifiue, ch. iv, Jésus el l'Église.
LES RACREMrNTS i?>0
sepl sacrcmonls esL un puissanl, moyen (.l'éclucalion cnlholifiuc ci la ronséqiienro de la notion de grâce cl de vie surnalurclle eniprunlcc par saint Thomas aux pensées du clirislianisme primilif. Voici ses paroles : « l.a définilion de la grâce dans saint Thomas (III\ (j. XLii, art. \): Gratianihil est aliud quam participata siiéiilitudo divinx naturœ^ secunduni ilhul IP^ Pétri, y, 3 ; Mafjna nohis et pretiosa proniissa donavit ut divimr simits co)) sortes ndtunc, ne permet, en gcnéral, aucune auliv forme de grâce (jue la forme magicosacramenlelle ^ » La page à laquelle nous empruntons cette citation est â lire; nous n'en faisons point nôtres toutes les idces; nous dirons plus loin comment la causalité sacramentelle nVst pas une causalité magique ; tout en confessant la nécessité des sacrements, nous affirmons avec l'Église que, même depuis leur inslitution, Dieu, en certaines conditions, dorme la grâce â ceux qui ne peuvent les recevoir réelh^monl ; mais M. Harnaclv a raison de dire (|ue la notion et la prati(jue calholi(pies des sacrements se rattachent îui\ croyances du christianisme primitif; ce n'est même pas assez dire, il faut reconnaître, avec l'Kglise, que les sacioments nous viennent de la pens«''e et de la volonté du Christ. Non seulement l'histoire ne nous pr<''sente pas de faits qui soient en contradiction avec ce dogme, ce qui suffit à l'apologiste, mais nous espérons hicn montrer que, si on n'a pas, poin* tous les sacrements, le témoignage historique explicite de leur institution par Notre-Seigneur, on retrouve. ])oiu* tous, «juelque indicée de cette inslitulioii daris les écrits du Nouveau Testament.
' Lefiihiicti (ter Dogtnenf/eschichle, t m, p. 544.
1 iO CRITIOUE ET CATllOI.lOUE
174. Ou nous objecte que les sacremeuts n'out pas exislé dès lorigine, puis(|ue, au xni*' siècle, ou u'élail pas encore fixé sur leur nalure el leur nombre. Nous reconnaissons volonliersqu'avanl celle époque le mol sacremenl n'avail pas encore le sens dogmatique et connu de tous qu'il a aujourd'hui et que, selon la signification qu'ils donnaient à ce mot, les écrivains €H?clésiasli(pies d'alors comptaient plus ou moins de sacremenls. Mais il ne s'ensuit pas que nos ri les sacramentels n'existaient pas. Si cette objection était recevable, il faudrait dire que le langage humain n'a pas employé les participes avant que les grammairiens ne les aient distingués des adjectifs. Les parlicipcs ont eu, dans l'usage, leurs caractéristiques et leurs lois bien avant que les grammairiens les aient étudiés el leur aient donné un nom. Les sacrements ont existé bien avant que les théologiens aient élaboré la définilion de ce qu'ils ont appelé sacrement, bien avant qu'Usaient catalogué ceux des rites catholiques auxquels convient le nom de sacrement ainsi défini, noté, dans chaque symbole sacramentel, ce qui constituait l'essentiel de sa valeur significative, et décomposé ce symbole en matière el forme^ par analogie avec les éléments essentiels cpie la philosophie reconnaît dans tout composiî sensil)le.
175. 11 nous paraît cependant très difficile de concilier avec l'histoire l'opinion théologique d'après lacjuelle Noire-Seigneur aurait déterminé de fa(;on très précise et immuable la matière el la forme de chaque sacrement, telles que les théologiens les tlonnaient au xiii* siècle. Voici les faits qui semblent contredire cette opinion.
Le baptême conf<''ré au tiom de J(fsus a été, sinon
LES sacri:mems 141
admmislré sous celle forme par les apôtres \ du moins tenu pour valide par saint Ambroisc-, par le pape Nicolas I"*^ au ix'^ siècle, et par de nomlreux lidèlcs de celte époque, enfin par un certain nombre de théologiens, dont Pierre Lombard ^ et Cajélan. La nullité d'un tel baptême ne serait pas douteuse si Notre-Seigneur, en insliluanl ce sacremenl, en avait attaché l'efficacité à la formule : au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Les apôtres ont donné la confirmation, au moins dans certains cas, par l'imposition des mains (Act., vni, 14-17; xix, 1-6); l'Église, dès le temps de Tertullien"', administre ce même sacrement au moyen d'une onclion de saint chrême, accompagnée autrefois cl dans cerlaines églises d'une imposition des mains, mais aujourd'hui seule cérémonie essentielle de la confirmation •"•. Celle onclion, en forme de croix,
• Act., VIII, 12. Sur la question du bî\ptr>me donné par les apôtres au nom de Jésus, cf. ce que nous avons dit, c. i, p. 27, note. Saint Thomas pense que les apôtres baptisaient validement « au nom de Jésus » par dis[>ense expresse du Clirist (III*, q. Lxvi, art. 6, ad 1""). — Cajelan, dans le commentaire de cet article, observe justement qu'on baptisait encore ainsi huit cents ans après les apôtres, au temps de saint Nicolas 1", alors que la dispense temporaire, que saint Thomas suppose avoir été donnée aux apôtres, n'avait plus d'efficacité.
• De Spii itu Sauclo, 1. I, c. m, n. 44, /'. L., t. xvi, col. 714.
• Decreli terlia pars : De consecratiune, dist. IV, c. xxiv, A quodam judieo, P. L., t. clxxxvii, col. 1800.
• IV Sent., dist. III.
' De resurrectionc cnrnis, c. vin, P. L., t. ii, col. 806.
' r.f. le décret d'Eugène IV aux .\rméniens, Enchir., n.697 (5!V2^, cl le texte des rubriques du rituel romain : * (Minislor) mquirit sigillatini de nomine çujuslihel confirmandi, sihi per patrinum vel nialrinuffi flejis genihus prxsentaliy et iuinniilalc pollicis
H2 CRIIIOLE ET CATIIOLIOUE
sur le fronl du con(ninécsl Lieu une cérémonie faile avec la main, maib ne ressemble guère à une imposition des mains. Le pape Kugène IV reconnaîl, d'ailleurs, qu'ici le symbole sacramentel s'esl modifié, puis(pie, après avoir rappelé (jue les apôlres donnaient le Saint-Esprit en imposant les mains, il écrit : « Au lieu de cette imposition des mains, on donne dans TK^iise la confirmation '. » Ce n'est pas seulement le symbole matériel, c'est la formule de la confirmation qui a chantée. Dom Marlènc en a complé vingt-deux formules dilTérenles en usage dans les églises orientales ou occidentales'-. Pour que toutes ces fonnules
ilexlerse manua chrisnvtle intincla, dicil : Signo te signo cru -jcis : quod dum dicit, producit poUice sl(jnu)n crucis in fronlcm illiiis, deinde prosequilur; cl confirmo le <hiibii:ate saluUs. In nomine Pa j tris, et Fi f lii, et Spirilus f Sancti, Amen. » Voir aussi S. Thomas, Sum. theol., 111', q lxmi.
* De solis apostolis IcjUar, quorum viceni lenenl epiacopi.quod per manus impoaitiouem Spirilum Suuchun dahant quetnadinoduin Acluum aposlolorum leclio (vin, 14 sq.) mani feulât... Loco au/etn iltius viaiius imposilionis dalur in Kcclei^ia confirmatio. Enchir., n. G97 (592).
"Xousavonsdonné, dans la note 6, p. 141, la formule actuelle de IKglisc latine ; voici la formule grecque : ll^pay'-ç otDosà; ^'rioj ::vïj(xaTo;, sceau du don de iEspril-Saint. Citons encore quelques anciennes formules latines: Slf/tium Chria/i in viUnn :rlerniini ; — Confitino le in nomine l'. et /'. et S. S. Ces citations sont cmprunlécs au P. l'escli, S. J., qui, très allaclié à la théorie de la détermination pré<ise de la matière et de la forme par le Christ, est obligé de conclure : Si lias onmes fornue aupponnnlur lalidœ, unice essentialia sunt hi£c verba : « Confirmo le » tel spquivolenlia. — Priplecliones dor/malicse. De confirmai ione , n. y»-ri. — Confirino te, voilà une forme bien rudimcnlaire et «jui nous parail insufOsante. Encore le P. Pesch est-il oblige d'r,joutrr : ce/ ;r(fuit'tihiilifi. Pourquoi ne pns dire simplement <|uc le (ilirist a laissé a seb ap6tre8 et à i'Kgli.se le choix d une formule qui
i^oient valides, alors que quelques-unes n'onl de commun que leur signification globale, il faut que cette
exprimât mieux que Confinno te la grâce spéciale qu'il attachait à oc sacrement ?
Nous croyons, avec Benoit XIV, que probablement ce n'est point par ignorance et par oubli, mais intentionnellement, qu'Eugène IV n'a pas déclaré nulles les ordinations orientales. Dans quelle mesure et pourquoi les jugeait-il valides? il n'est pas facile de le dire, mais il est impossible d'admettre que, dans son décret conciliaire aux Arméniens, il ait présenté la tradition des instruments conmic une partie accessoire du sacrement d'ordre. Voici ce que pense le cardinal Hillot de cette explication : Fi'ienler dixerim^ pejorem videri hanc i-espousionevi, cum ini- (juins videalur le.ituin vtolcnler coîitorquere, quam eiaperte coti' iradicere. El sane, in principio decreti, fundamenli instar ponilur « omnia sacramenla tribus perfici, videlicet j'ebus tanquam viateria, verbis tanquam forma... ; quorujn si aliquod desit, non per/icitur sacranientum. » Cum ad singula sacramenla fit descensus; u>iiuscii jusque in parliculari materia et forma assi^nalur^ aqua in baplismo, cliris)na in confinnalione, panis et vinuin in eucharislia, etc.; ac demum, ubi devenitur ad ordinem, contra prwniissam nolionem niateriœ et formas, contra constanlem liarum locutn usurpalionem in omnibus praecedentibus sacramen" lis, contra sensum universaliter consecratum in Ecclesia, nomine materiae et formae non amplias imporlaretur id quo essentialiter constat sacramentum, sed csere/nonia ejus accessoria et mère integratis y Certo quidem certius, si ita ex arbitrio interpretarilicet, uulla amplius est concilli de/initio, qu;c in quamlibet coniradiclinnis partrm /lecli non poterit. Ergo, vel ajterle rejicienda est aucloritas decreli pro Armenis, vel, si ad}nitlitur, ut reipsa admittenda est, dicendum porreclionem instrumentorum esse veram essentialem ordinationis presbyteri malcriam, et verba concomitanlia, veram essentialem ejusdem formam. — l>e Ecclesias sacramenlis, Homa*, 1895, t. ii, p. 2~3. il est regrettable que le P. Bannwart, S. J., dans la dixième édition de ÏEnchiridion, ait cru devoir .ijoiiter en note au décret pro Armenis, et donner comme opinion ( ommiiiie, uiio interprétation si justement et li fortement condamnée par l'éminontissime cardinal.
\A\ ClUilOrK ET CAlllOLKjUE
^igiiilicaliou L-eule, et non point ses modalités d'exjirossjon, ail été délcrmincc par le Christ.
176. L'absolu lion, Tonne du sacrement de pénitence, se donne actuellement sous une formule indicative et impcrative dans l'Eglise latine, elle était autrefois déprccalive et l'est restée dans l'Église grecque. Quoique l'une et l'autre formules impliquent une autorité spéciale dans le prêtre qui absout, il y a entre elles assez de dilïérences pour que saint Thomas ait soutenu que la formule déprécative était invalide *. Ouelques théologiens le soutiennent encore aujourd'hui-. Ils auraient raison, et l'opinion générale qui tient pour valide l'absolution déprécative ne saurait être défendue, si Notre-Seigneur avait déterminé, ne varietur, la formule indicative dont les a[)ôtres et leurs successeurs devaient se servir pour exercer le pouvoir des clefs.
177, D'après le célèbre décret d*Eugène IV pour l'union des Arméniens, la matière du sacrement de l'ordre est la tradition des instruments correspondants à Tordre particulier que le clerc doitexercer; la petite phrase impéralive qui accompagne cette tradition et exprime la collation du pouvoir d'ordre, serait la forme de ce même sacrement. Ce décret d'Eugène IV exprime l'opinion commune de l'Eglise latine à cette époque; il est emprunté presque textuellement à l'opuscule de saint Thomas : In articulos fulei et sacramcnta E'clesiœ exposHiu''\ où la tradition des
* Opuscnlum AT///"'", Dr forma nhsuliitionis ad rjenfrale/n magUlrinn on/iniK l'rwdicaloium.
• Do Augiislinis, De jtœnilcniui, th. xxiii, scholion. ' Ol'USCuluni /l"".
LES SACREMENTS 1 4j
instruments est considérée comme le rite essentiel et suffisant et non pas accidentel et complémentaire de l'ordination'. Or, aujourd'hui encore, l'Église orientale unie confère les ordres sacrés par imposition des mains, sans tradition des instruments, conformément à l'usage primitif. Comment reconnaître la validité de ces deux modes d'ordination si le Christ en a prescrit un seul?
^ Sexlum sacramentum est ordinis, cujus maleria est illud, per cujus Iraditîonem conferlur ordo : sicut presbyleratus Iruditur per calicis cuui vino et patense cuni pane poriectionein. Diaconatus vero per libri Evangeliorum dalionem. SubdiacoJiatiis vero per calicis vacui cu7n patena tacua superposila tradilionem : ec sitniliter de aliis per rerum ad ministeria sua pertinenlium assignationem. Forma sacerdotii talis est : « Accipe potestalem offerendi sacrificium in ecclesia pro vivis et mortuis, in yiomine Patris et Filii et Spiritus Sancli » et sic de aliorum formis, prout in Pontificali romano late conlinetur. Ordinarius ministev liujus sacratnenli est episcopus. Effectus, augmentum gratix.
Benoit XIV, dans son Iruité De sgnododiœcesana^ I. VIII, c. x, n. 8, après avoir rapporté l'opinion qui considère 1 imposition des mains comme seule matière essenlielle du sacrement de l'ordre et laissé voir qu'elle lui agréait, fait remarquer qu Eugène iV a pu difficilement ignorer le nie oriental de l'ordination et difficilement aussi le déclarer nul sans quil en ait été question au cours des discussions avec les grecs, et il conclut: Secesse est igitur fateri Eugenium locutum de maleria et forma intégrante, et accessoria, quani optavit ab Armenis superaddi inanuum inipositioni, jamdiu ab illis adriihilae, ut Ecclesise lalinœ moribus se prorsus accomodarent, ac, rituum uniformitate, firmius eidem adhsererent. Benoit XIV se défend d'ailleurs de présenter sa thèse connue une opinion ponlilicale, car il écrit à la fin, n. 11 : Hecc omnia placuit hic expuntre, non xit finie postremie sententiœ calculum adjicerenius, scd eo tantum consitio, ut perspicuxim fierel, eam, quatnvis haheaf contra se unitenam fere aciem scholasticorum, ab istorinn tamen ictibus nihil sibi metuere, initno et sua jacula habere, qiiae in eos intorqueat.
140 CniTIOUK ET CATlIOl lOUR
Aulre (lifnculU*. Pour Hugi'^ne IV', comme pour saint Tlîomas-, il y a sopl ordres, qui participent à la dignité et à refluaciU' du sacrement ; le-; ordres mineurs ont vrainuMil une valeur sacraïuentelle et coulèrent un caraclère. (^est encore l'opinion du concile de Trenic. Dans le chapitre n de la session xxni, après avoir énuméré les sept ordres, trois ordres majeurs : sacerdoce, diaconat, sous-diaconat, etq<uitre ordres mineurs : ceux d'acolvte, d'exorciste, de lecteur el de porlier, après avoir noté que le sous diaconat doit èlre rangé parmi les ordres maj(MU"S'', le concile porte les décrets suivants : « Si quelipTun dit qu'en dehors du sacerdoce, il n'v a pas, dans TÉglise, d'autres ordres et majeurs et mineurs par lesquels on tend comme par degrés au sacerdoce, qu il soit anathème. » Kt encore : « Si quelqu'un dit (pie dans l'Église catholique il n'y a pas une hiérarchie instituée par une ordination divine et se composant d'évôques, de prêtres et (/e ministres, qu'il soit anathème^ » Le concile savait cependant l)ien que les divers ordres de ministres étaient d'institution ecclésiastique; Pierre Lombard l'avait déjà dit, ton' en maintenant le caractère sacramentel des ordres inférieurs'', el saint Tho-
• Cf. I.; p.issage précifr du décnt pour l'imion (tos Arméniens.
• S'um. theol., Sui»i»ltiiU'ntuni, q. xxxvii.
• Encfiir., n. 958 (83:.).
• Si rpiis (liueril, inipler sncerdultum non esiae in Fcclesia rntliolica altos ordiiies, et majores et minores^ jter quos vtflut per i^rada? ffuosd.im if sacerdoiiiun tendatur : anuthenta sit.
.Si quis dixerit, ■ i Fcclesia caffudlca non esse hierarchiam dirinn irdinntume instttuta//t, quit constat ex episcopis, presbi/teris et mitiislris : anathema sit. Cun 2 et 6, Ëncfiir.^ n. 962 et 9CC f8r, ' ^13 .
^ Ecce de septein Ecclesiae gradibua hreviter elucuii, quid ad
mas avait expliqué que ces ordres inférieurs sont des sacremenls, parce qu'ils ne sont qu'une distribuliou du pouvoir institué parNotre-Soigneur dans \c sacerdoce. C'est donc que le concile et Pierre Lombard pensaient qu'il pouvait y avoir dessacremenls, relevant de l'institution du Christ, sans qu'il en eût fixé dans ses dernières déterminations la matière et la forme.
Comment le nier, d'ailleurs, quand nous avons un sacrement, celui de mariage, d'institution divine comme les autres, dont la matière et la forme sont bien encore aujourd'hui quoique peu indéterminées? Tous les signes, en effet, et toutes les paroles capables (le manifester le consentement mutuel des contractants sont des symboles valides du sacrement de mariage, tant que l'Kglise ne les a pas déclarés signes insuffisants du contrat sacramentel. Xotre-Seigneur a donc bien laissé à l'Église le pouvoir de préciser la matière et la forme de queUpies-uns des sacremenls qu'il instituait.
178. Celle conclusion n'est pas une opinion nouvelle. On la soutenait déjà au temps de Benoît XIV, cpii la signale en ces termes : « D'autres disent qu'autrefois les latins, comme aujourd'hui les grecs, conféraient les or<lres hiérarchiques par la seule impo-
quemquaux perlineat insinuavimus. Cumque onines spiritiiales sint t't satri, e.rcelleu/er tanien cationea duos liniliun sucios ordines appellari censenl, dinconalus scilicet et presùijleratus; quia hns solas primitira Ecclesia legitur habuisae, et de /lis solis jii'-.pceptuin upustoli habemus. Apvstoli enim in sitigulis civilatihus episcopos et presbijleros ordinaverunt. Levitas etiam ab aposlulis oi'dinalas Ufjimus, quorum 7naximus fuit bealus StephanuH. Siib(/iacono.t lero et acol;/tos procedenle tempore Eccletia sibi cunstituit. — H' Sent., dist. XXIV, n. 9, P. L., t cxcii, cvl. 9U4.
1 '|8 ClimOUE FT CATHOI.I(}l'E
silioii des mains, et i{ue, néanmoins, la tradition des instruments est nécessaire aujourd'hui dans IKt^^lise ' latine, parce que le CUirist Seigneur n'a pas institué, ni déterminé, la matière et la forme de Tordinaliou a ver une absolue })récision, inspecte infîma scu aloiiui, mais a permis à ri\i>lise de les déterminer à volonté, de les changer pour de justes motil's, pourvu que les symboles matériels et les paroles qu'elle emploie soient aptes à signifier l'eflet île l'ordination sacrée^ » Benoit XIV ne condamne pas celle opinion comme contraire à la foi, mais il ne raccepte point parce que, dit-il, elle soulève deux difficultés très graves. Elle lui semble d'abord contraire à la déclaration du concile de Trente, affirmant que l'Kglièe abienreçu pouvoir de régler et de modilier radministralion des sacrements, mais avec cette restriction qu'elle ne doit pas toucher à leur élément essentiel, salva Ulru ;i substantia ^.
Elle lui paraît ensuite hypothèse arbitraire et gratuite, puisqu'on ne peut citer leconcile ou le pape qui aurait introduit ces changements substantiels^.
• Dicunt cilii, rêvera olim Latinos, sicuti nunc Grœci, ordîyxen hierarchicos sola conlulisse inanuum impositione; et niliilonùnus hodie in Ecclesia lalma necessariam esse tradilionem instrumen' torum, quia Christus Dorninus non inslUuii, nefjue aeterminavit maleriam et formam ordinalionis in specie infima, seu atomn^ uli anint, sed permisit Kcclesiœ, illas pro siio Lthito determinare, JHftisque de coi'sis inutare, modo et res, et semper iisurpet, quœ apta fiinl ad sifj ni ficanditm sacrée ordinationis e/fectum. — Op. cit. f 1. nIII, c. X, n. 10.
• Scss. XXI, r. it. Enrhir, n. 931 (809).
• Verum fiwc doctrina diias f/raoissimaH o/fevdit dif'fioiUates. Vrinio quijtjie non sutis probntur, quod Christus Dotninus jjriedictain putcstatetn fecerit Ecclesiw ; imo oppusitum videtur
La première dirticullé repose tout entière sur l'idée qu'on se fait de ce qu'est l'élément essentiel du sacrement, l'élément que Notre-Seigneur a dû nécessairement indiquer à ses apôtres, pour qu'on puisse dire qu'il ail institué le sacrement. Or, cet ('lémont peut être, mais n'est pas nécessairement, l'orme et matière parfaitement déterminées. Le maître, qui confie à son secrétaire la rédaction d'une lettre, lui en dicte parfois mot à mot certaines formules auxquelles il tient et qui appartiennent alors à la substance du message, parce que, sans elles, la lettre ne serait point ce que le maître a voulu qu'elle soit. D'autres fois, le maître livre simplement au serviteur la pensée que celui-ci doit exprimer au mieux des personnes auxquelles il la transmettra. Cette pensée est alors toute la substance de la lettre, le secrétaire pourra choisir entre les quelques formules qui l'expriment exactement.
Les sacrements sont des messages, messages de grâces, porteurs du bienfait divin qu'ils annoncent. Us sont causes de l'cflet surnaturel qu'ils signifient'. C'est donc leur signification qui est l'élément important, et voici les sages remarques que cette pensée suggère au cardinal Dillot. A qui objecte à la thèse de
évinciez Tridentino ubi déclarât, a Cltrislo reliclain esse Eccleiix pole-ilalein mulandi, qux sacramenloruin dtspensationetn respiciunt il salva illorum siibstanlia»: mutatio vero materiae, et forma, non ad rilum, et dispensationet/t, sed ad substanliam perlinet. Deinde, data Ecclesisn fncuHate, de. qua est serino, gratis omnino, et nrbitrario fingifur, quod Ecclesin ea risa fuerit: dicant enini qnando. quo ssecido, in qno concilio facta sit ejusinodi mu/alio'' — Ibid.
' Significando causant. S. Thomas. De veritate, q. xxmi, art 4, rnl U— .
4*>0 CRiTiouE i;t catholioue
^in^lillllion divine des îsacrcmenls la variation do leurs élémenls e^sculieis malière et l'orme, l'éminenL théologien répond que, toul en admeltanl celle variation, « il lui sera facile de résoudre robjeclion en faisant observer (ju'il peut y avoir plusieurs signes symboliques ayanl nalurellement égale aptitude à une seule et même signilicalion sacramentelle, et que cette a[)litude ne leur vient pas d'une disposition positive de l'auteur des sacrements, mais est présupposée. Il suHil donc que l'institution divine porte sur les éléments constitutifs du sacrement considérés sous la raison générale de symbole apte par ailleurs à exprimer une signilicalion sacramentelle bien déterminée, par exemplcjla transmission d'un pouvoir sacré, le choix de la matière et de la forme in individuo étant laissé à Tautorité compétente. C'est ainsi qu'avec Viini/'orvii t e quiMÛ à ce qui est d'institution divine, au signe sacramentel en tant ({ue formellement sacramentel (significatif de l'efTet du sacrement), il peut y avoir diversité yjuremenl matérielle, quantaux élémenlsdont ce signe est constitué ^ » La diversité des syndjolcs
* Facile solvilur jropos'da difficullas siquis animadvertat dari • osse ilura signa symbolica per se apque idonea ad unam eaindenique siijuificalionem sacramenlalcm et idoneilalem Inijusmodi non jrovenire in eis ex positiva disposilione insliluenlis sacravioiluni, sed aliunde prsesupponi. Suf'/icit evgo ut divina inslilulio cadul super conslitutiva saci'amcnti, snb ratiune generali cujusdam signi symbolici, aliunde apli ad cerlani quamdain signi/icationem sacramentatevi {puta significalionein traditiunis i.olestalis sacrse), relicla intérim competenli auclorilali electione .nateviic et forime omnino in individuo. Et sic, cum unifonnitate circa id quod diiinœ institutionis est scilicet circa sigiiuin sacramenlale, fonnaliter qua sacramenlale, jioterit hah^ri quœdam diversitas mère materialis qunad rlrmenla quibus constat. — De Ecclesiie tacramentis, Rome, 1896, t. i, p. 34.
LES SACREMF.NTS loi
est alors comparable à la divorsit(î des langues vis-àvis de rexpression de la même idée. « En celte hypothèse, la tradition des instruments et l'imposition des mains seraient des cércmonies qui ne diflV'reraient qu'à la façon de deux dialectes du langage sgmhoUque, comme la forme du baptême en latin et celle du même sacrement en hébreu ne sont différenciées que par la diversité de ces deux modes de langage usuel ^ » L'opinion du cardinal P>iIlol n'est pas nouvelle. C'était déjà celle des Ihéologiens de Salamanque : « Il apparlienl à celui qui inslilue les sacrements d'en déterminer la matière et la forme par une (h'termination au moins foinielle, mais il n'est pas nécessaire que cette détermination soit matérielle... Le Christ a prescrit et déterminé' comme matière du sacrement de l'ordre des signescaj)nbles de manifester la transmission d'un pouvoir spirituel. Cette manifestation, voilà l'objet de la détermination formelle. Mais le Christ n'a point prescrit et d<*terminé ([u'une telle manifestation ou rejjrésenlalion se ferait |)ar tel ou tel signe déterminé^ par la tradition du calice ou l'imposition des mains, ce (jui est (h'iermination mat(*rielle. De là vient que l'un ou l'autre de ces symboles, en usage chez les latins ou chez les grecs, suffit au sacrement d'ordre, parce que, dans l'un et l'autre cas, on a conservé le formel du symbole spécifiquement déterminé par le Christ. La diversité' de ces signes quanta leur réalit<'' ontologique est matérielle vis-à-vis du symbolisrtie propiement sacramentel institua* par le Christ. — On doit en dire
* In rnsu, tradlth» lymlrumentornm el )nanuuin impofiitio difj'errenl inler se nt duo diversa idiomatn Hnfjxiti' .ii/niholicw, non iecus ne forma hn/dlsoii in ln/ino et in fietimicu, ut duu idiotiiutii /infjU!f j<M/a/<v. — Op. 1/7 , p. 35.
i?^2 CRITK^UE ET CATHOLIOUK
aillant du mariage. Le Christ a institué comme matière du sacrement de mariage les signes capables d'exprimer le consentement des contractants. Voilà la matirre formellement déterminée par ce sacrement; mais que l'expression du consentement se fasse par tel ou tel signe, par gestes, paroles ou par écrit, ceci relève d'une détermination purement matérielle qui est accidentelle vis-à-vis du symbolisme que le Christ a formellement déterminé. Des variations sur ce point ne son! en rien préjudiciables à la valeur du sacrement et no prouvent pas que le Christ ne Tait pas immédiatement institué '. »
» Ad insliUilorem sacramejitorujn perl'inel quod delerminet materiam et forma)ii mcramentorxim detenninafione sallein for' mali : ted necessar'nun non est quod illa delenninel déterminatione inateriali... — Cfiri.stus pro materla sacramenti Ordinis assif/navil^ et deter)ninavit si(/na manifeslatiua traditionis alicujus potestatis spiriinalis; et in hac manifestalion-' consistit forinalis determinatio maleriie; sed Chrialus non assif/navit, ont delerininavil, quod talis manifestalio uut reprœsentutiu fieretpev hi£c determinale sif/na, v. g. determinate per traditionem calicis, nut per inipositionem manuinn ; quud pertinet ad delerminalionern materiie materialiter sumjdain. FA inde provenit quod quO' liljet ex illis modis vel apud iMtinos, vel apvd Graecos unitatift^ perficintur ordinis aacra^nentuin ; quia utrohique salvnlur eadem maleria furmaliter, et in specie a Christo determinafa et diver^ silas illorum signorum in esse vei est materialis respeclu materiœ pvopriu- sarramenti a Christo institutie. Ideinque dicendum est ad alind erempluni {maLi'iuxoniuin) : nani Christus instituit pro maleria sacramenti mntrimonii signa manifeslativa consensus inter eontraliputcs : et fiuec est maleria foniuiliter determinafa pro tali tacramento. Sed quod prwdiita muuifeslutio fiât per hœc, aut illa âigna, ut pula per nulus, aut verba, aut scripturn, est determinatio mère materialis, et per arcidens respeclu ma teriw, quam Christus delerminaril determi natione furmali. Unde talis va riatio nec priejudicat valori gacrameuli ; nec probat Christ uai
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Biiluart, dans sa summa, est aussi du même avis^ 179. Noire-Seigneur a donc pu instituer certains sacrements sans déterminer avec précision leur matière et leur l'orme. Il s'ensuit qu'il laut dislini^uer la question de l'institution divine des sacrements et celle de la détermination des éléments du symbole sacramentel. La première est définitivement résolue par la déiinilion du concile de Tiente; à l'apologiste de défendre cette définition. La seconde est encore un problème théologique dont les solutions sont diverses et plus ou moins certaines, selon qu'il s'agit de tel ou tel sacrement.
Ces solutions ne doivent pas se déduire a priori; c'est Biiluart qui nous donne cet averlissemcnt à propos de la discussion sur la valeur de> diverses formes employées pour le baptême ; on doit les demander à l'enseignement ou à la pratique de 1 Église '^, à l'histoire des rites sacramentels. C'est cette histoire qui nous dira quels sont, parmi ces rites, ceux qui, étant dès l'origine universellement et immuablement observés, se rattachent à un ordre précis du Christ, et quels sont, au contraire, ceux qui, ayant varié au cours des siècles ou selon les lieux, ne peuvent être que la détermination ecclésiastique de la formalité symbolique voulue })ar le divin auteur du sacrement. En cette étude, nous devons prendre garde aux hypothèses
non esse immediatum insliluloreni illius. — De sacranientis in communi, disp. VI, dub. 1"", n. 8.
* De sacramenlis in comviuni, diss. i, art. 5. solvuntur objectiones; De confivnuttione, art. 5, resp. 3 ad obj. i ; nrt. 6, rcsp. 2 ad obj. 2; De ordme, disi. ii, art. 1, solvuntur objecliones.
• liatio a priori nulla est prspler volunlalem Christi sic inslitvenlis, quse voluntas... nohis innoiescil ex pr.ixi, doctrina et de/inilionibus Ecctesiae. — De baptismo, diss. i, art. 4.
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gratuites et ne tabler «lucsindes faits oerlaiiis, comme le demande Benoll XIV; mais si une variation est constatée, nous ne pouvons pas la nier pour celte seule raison qu'on ne jKnil citer la sol(Muielle décision du concile qui l'inlroduil. Ce dccrcl conciliaire n'clait |»as nécessaire. L'autorité du rituel romain approuvé par les papes sut'tisail, et il faut en dire autant du rituel des Eglises patriarcales, à une époque où le gouvernement ecclésiastique ne pouvant pas encore être centralisé, comme il l'est actuellement, les évèquesdes grands sièges exerçaient une part de l'autorité aujourd'hui réservée au souverain pontife. Une autre remarque s'impose : si c'est à l'histoire de la pratique ecclésiastique que nous devons demander ce ([ue le Christ a déterminé pour ch;H|ue sacrement, il laut nous attendre à ce que les conclusions théologiques, appuyées sur la documentation abondante dont nous bénélicions au xx*" siècle, ne soient pas en parfaite concordance avec les conclusions de saint Thomas et des théologiens du xiii" siècle, qui n'avaient à leur disposition que des moyens d'information sommaire sur Ihistoire de nos rites et qui, sur la question des sacrements, s'en rapportaient au témoignage de la Hiérarchie ecclésiastique du pseudo-Denys, comme au\ dires d'un conten)[)oiain des apôtres.
Mais si l'histoire mieux étudiée peut a|)porler des modificalions à certaines opinions théologi(jues ^ relativement à la détermination des éléments du symbolisme de chaque .sacrement, elle ne nous donne aucun fait rpji puisse ôtre mis en opposition avec la définition conciliaire ens'ign.int (|U(^ Noire-Seigneur a iusliludj
* Noiib ne pouvons aborder, «lans un court essai d'apolog^ li({UL', la (li5n u.'^oion de ces lliest'ij.
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chacun de ces sacrements '. Bien plus, malgré le laconii^mc et les lacunes des écrits du Nouveau Testament fjui ne sont point une histoire complète des origines, il est facile à l'apolomisLe d'y retrou vor parfois la preuve et au moins la trace de cette institution.
180. 11 a fallu (juehjue peu et même beaucoup d'audace au\ modernistes pour nier que Notre-Seigneur ait institué le baptême. M. Loisy ne l'aurait pas osé, si cette insliUilion n'était pas incompatible avec sa théorie d'un (^hrisl absolument ignorant de sa destinée et sans volonté aucune vis-à-vis de la fondation et de l'organisation d'une Église qu'il ne prévoyait pas. Du seul fait que, dès le premier jour -, le baptême est une prali(pie impost-e à quiconque veut s'agrégera la communaul*' clirélienne, on aurai! le droit de conjecturer avec grande probabilit»'- (pie le choix de ce rite, déjà connu, mais non point d'usage universel dans le judaïsme, se rattache à une volonté du Maître. Beaucoup de conjeetuies criticjues ne sont pas mieux fondées. Mais la probabilité de cette hypothèse devient certitude, quand on lit dans l'Kvangile que Jésus luimême a inauguré sa mission publicjue par un baptême où il y eut manifestation de la Trinité, que ses apôtres bnplisaient ceux qui venaient à lui, d'un baptême qui [l'était pas encore le baptême chrétien, mais sa prc-
* Nous pensons, avec M. dv Ilacls. que le concile de Trente n'a pas condainac la llicse de saint lionaventurc sur l'institution nirdiate de certains saciements; cf. Quelle question le concile de Trente a entendu trancher louchant rinslitution des sacrements vnr le Christ ? dans la Itevue thomiste, 1906, p. 31 ; mais nous ne croyons pas que celte dislinclitm soit de {,'rande utilité pour lapolo/ïélitpic cl surtout ({uc la thèse soit vr.iie en cllc-iuéme.
' Acl., il, jiS b<i.
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paralion, et (lu'enfin, après sa résurrection, Jésus a donné l'ordre de baptiser au nom du Père, du Vih et du Saint-Esprit. Pour élre prononcées par un ressuscité, ces dernières paroles n'en étaient pas moins perceptibles aux sens aussi bien que l'apparition. A ce titre, elles appartiennent à riiistoire de Jésus pour tons ceux qui l'ont vu et entendu et pour ceux aussi qui ont cru à la parole des témoins immédiats de la résurrection, il n'y a aucune raison plausible de déclarer interpolé le texte de saint Matthieu qui les rapporte \ A supposer que les apôtres aient baptisé au nom du Christ, au nom de Jésus, ce qui reste douteux, il ne s'ensuivrait pas que cette pratique fût en opposition avec le texte contesté et pût en faire suspecter l'authenticité. Les mots: « Baptisez-les au nom du Père, du l'ils et du Saint-Esprit », ne signifient pas nécessairement : « Baptisez-le en disant : au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », mais: « Baptisez-les en la puissance du Père, etc., et dans la foi en cette puissance », ce qui laissait aux apôtres la liberté de baptiser au nom du Christ, au nom de Jésus. Baptiser au nom de Jésus, c'est encore baptiser au nom et dans la foi du Dieu Trine, puisque la foi à Jésus im[>lique la foi au Père, dont il est le Fils, et au Saint-Esprit, dont il est l'Oint *.
» Cf. ch. I, La Trinité, p. 26.
• InsLiLulio Clirisli in no)niue l* . et F. et S. à« non intelliyilur quoad has voces, sed quoad sifjnificala eoriun. Et cum dupliciter possit enrum sif/iiificatuin inveniri, scilicet implicite vel explicite ; et Chiistus neutrnm refutaverit modum ; salis inslilulio ejits saltnlur si omnes Personae invocantur per nomen seu nomina implicite vel exf/licite. G'" Cajetanus, Commentarium in II I'", q. lxvi, art. ti, n. 6.
181. Le nom du sacrement de confirmation n'est pas inscrit dans le Xouveau Testament, mais on y letrouv<î la rt^alilé fjue ce nom désigne, une communication du Saint-Ksprit, distincte de la grâce baptismale, habituellement dépendante d'un rile extérieur, conférée en vertu d'une promesse du Christ, et parles seuls apùtresou chefs de la communauté. La promesse (pie Notre-Seigneur avait faile aux t<*moins de son Ascension de leur envoyer l'Esprit-Sainl ', ne s'adressait pas seulement aux apôtres. Tous ceux qui étaient avec eux, au cénacle, le jour de la Penlecùte, eurent part à l'elïusion de l'Esprit. C'était la réalisation de la prophétie de Joél annonc^ant une communication plus abondante de l'Esprit de Dieu pour tous les enfants du royauin<' messianique-. Saint Piene, qui rappelle cette prophétie, distingue, dans la conclusion de son di.scours, le don de lEspril, de la rémission des péchés assurée par le baplôiue ^. En elVet, ce don est tellement distinet de la grâce baptismale que les clirétieiis de Samarie, baplis('s par le diacre Pliilippe, ne le reçoivent (pi'au moment où les apôtres Pierre et .lean viennent leur imposer les mains (Act., vni, 10-18 . Le centurion Corneille le reçoit miraculeusement avant le baptême (Act., x, 44-48,; mais cette exception, qui confirme la distinction du don du Saint-Esprit d'avec la grâce baptismale, est motivée par la U(*cessité de manifester la volonté de Dieu au sujet de la réception
» l.no, XXIV, 49 ; Act., i, 8 ; Jean, xvi, 13, 14.
• JoiM., m, 1 à 5; Act., ii, 16-21.
• '< Faites pénitence, et que chacun de vous soil hnpli*;»^ annom <lt; Jrsiis-Chri^t, pour la rémission de vos pétlics. et vuus recevrez le don de l'Esprit. » Act., il, 38, 3y.
des gentils dans TÉglise. Saint Lnc nous dit assez quelle est la pratique ordinaire, quand il nous raconte coninient sainl Paul, quelque vingt ans aprc'vs, eonTèro encore le don de ri']s|>ril en imposant les mains aux Kphésiens qu'il vieni del)a[)liser (AcL, xix, 5-8'.
Voici quelles conclusions un critique protestant, M. llollzmann, tire des laits que nous venons de ci 1er: « Dans les trois passages (Acl., vin, 16; x, 44-48; xix, 6), une idôe commune esl exprimce : le baptême n'est pas la date initiale à lajpielle (oui croyani reçoit l'I'^sj)rit '. » Le môme criliquedit encore: « A Tcpoque où l'auteur des Actes écrit, on consid(>re comme un privilège rcservt' à certaines personnesle pouvoir de comnmniqucr l'Esprit par l'imposition des mains; et à l'origine, c'étaient sans doute les apôtres qui en étaient investis... Ce don de l'Esprit étant tenu pour un complément du baptême, nous possédons là les points de départ pour le futur sacrameninm con/irmntioms-. » De tels points de départ sont déjà les traits essentiels d'une pratique rituelle qui recevra plus lard la forme développée et le nom que nous lui connaissons aujourd'hui, mais qui, introduite par les apôtres en exécution d'une promesse du Christ, esl bien, dès l'origine, le .sacrement de confirmation dont saiid Thomas a pu écrire, sans se mettre en contradiction avec l'histoire : " On doit dire (pie le Christ a institué le sacrement, non pas eu le montrant, mais en le promettant '. »
• lliind Coniinentar zum Neiien Testament, die Aposlrlf/etchirlite, Tul)inf:ue et I.eip/.ig, 1901, p. C».
• Lrhr/,ucfi lier neuteslameiillichen Tfieulo'jie, Fribonrg el L»Mpzi(?, 1891, t. i,p.382.
■ Uicendum est quod Chrislus instituit hoc sacntmi-iitiuu, non
Nous parlerons de linslitution de l'eucharistie et de la pénitence dans les chapitres suivants où nous étudierons spécialement chacun de ces deux sacrements.
182. Au sujet do rexlréme-onction, nous n'avons qu'à rappeler et à justifier les propositions sanctionnées au concile de Trente: « La sainte onction des infirmes a été instituée par le Christ Notre-Seigneur, comme un vrai sacrement du Nouveau Testament; ce sacrement, insinué dans Marc \ a été recommandé aux fidèles et })roniulgué par ces paroles de l'apôtre Jacques, frère du Seigneur : u Quelqu'un est-il malade parmi vous? qu'il appelle les prêtres de l'Église ; ([ue ceux-ci prient sur lui el l'oignent d'huile au nom du Seigneur; la prière de la fui sauvera le malade el le Seigneurie soulagera, et s'il est en élat de péché, ses péchés lui seront remis -. >»
erhibcndo, s€<l promittendo, secundion illud Joannis, xvi ; «. Si non abiero, Paraclilus non véniel ad vos : si autenx ahicro, mittam euvi ad vos » et hoc ideo quia in hoc sacramento datur pleniludo Spirilus Sancli, qusn non erat danda anle Christi resurrectioneui et ascensionem, secunduni illud Joannis, vu : « Non erat Spirilus daliis quia Jésus nonduni erat glorificatus. » Sum. IheoL, III*, q. lxxii, art. 1, ad l"".
L'esquisse que nous donnons sur la question de l'inslilulion du sacrement de confirmation sera très utilement compJclce parla lecture de l'article Confirmation^ dans le Dictionnaire de théologie catholique, de Vacant, Paris, 1908, t. m, col. O'.') à 1077. Lapremif'Te partie de cet article, '"o/i//r//jfl//o/j(/a7Js lasainte Écrilure, par Mgr Huch, est traitée de main de maître.