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CHAPITRE IV

LES SACREMENTS {suite) L'Eucharistie

189. Définitions du concile de Trente. — 190. Les objections. — I. Le DOGME ET l'histoire. 191. L'institution de l'eucharistie: les quatre récits du Nouveau Testament. — 192. Prétendue inter' polation de tout le récit de iinstitution. — 193. Authenticité des paroles : Faites ceci en mémoire de moi. — 194. La présence réelle : sens réaliste des paroles <tCcci est mon corps*. — 195. Témoignage de saint Ignace d'Antioche. — 19G. Rcalité et symbole dans V eucharistie. — 197. Témoignage de saint Cyprien, — 198.de saint Augustin, — 199. d'Or i gène et de l'Eglise des premicrs siècles. — 200. La transsubstantation : les paroles de la consécration. — 201. Doctrine de saint Cyrille de Jérusalem. — 202. Apparition et légitime succès du mol a transsubstantiation 1. — 203. La transsubstaiïtiulion et les écrits du pape Gclase et de l'école d'Antioche. — 204. L'eucharistie sacrifice : avant saint Cyprien, — 205. dans le Nouveau Testament. — 206. /?«fulation de quelques objections. — H. Le dogme et la raison, 207. La doctrine eucharistique dans le catéchisme du concile de Trente. — 208. Ce qu'il y a d'impérissable philosophie dans celle doctrine. — 209. Exposé théologique thomiste de la doctrine catholique : la conversion totale d'une substance dans une autres — 210. La relation de présence consécutive à celte conversion. — 211. La présence eucharistique. — 212. Cons<'qucnces de ce mode de présence. — 213. Le sacrifice de la messe.

189. « Si (juclqu'un nie que le corps et le sang, en mùme leinp.s que l'àiue et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Clirist, et par conséquent tout le Clirisl, soient contenus vraiment, réellement et .substantiellement dans le saficmcnl de la très sainte eucharislie,

178 CrUTlOUE Kl CAIHOI.IUUE

OU i\i[ (\\ïïU\ sont sculoinciil comme dans un signe, ou une lii;ure,ou parleur clTicacilé; qu'il soil analhème.

« Si quelqu'un dit que dans le très saint sacrement de reucharislie reste la substance du pain et du vin en même temps que le corps et le sang deNotre-Seigneur Jésus-Christ, et s'il nie cette admirable conversion de toute la substance du pain dans le corps et de toute la substance du vin dans le sang, qui ne laisse subsister que les apparences du pain et du vin, conversion que l'Église catholique appelle très justement Transsubstantiation; qu'il soitanathème.

« Si quelqu'un dit que, dans la messe, on n'ofïre pas à Dieu un vrai sacrilice, au sens propre du mot, ou (proiïrir ce sacrilice n'est pas autre chose (jue nous donner le Christ à manger; qu'il soit anathème '. »

190. Ce ne sont pas seulement les vérités dogmati(jucs enseignéesdans ces canonsdu concilcde Trente qui sont rejetées par les incroyants; c'est encore le fait môme de l'institution de l'eucharistie par le C^lirist qui est aujourd'hui contesté.

Pour M. Loisy, la fvactiondu pain dont parlent les Actes n'était qu'un repas commun, symbole du festin messianique auquel les fidèles étaient conviés, repas . oii Jésus ressuscité était invisiblemenl présent et où les l'rrres se réunissaient « avec lui et en mémoire de lui ». C'est saint Paul cjui en a fait \\\\ mémorial du Crucifié et d(; la rédemption. « Ce doit être lui (pji, le premier, a couru et pr«''sent(; la coutume <.'lir<''tienne «omme une institution fondée sur une volonté que Jésus aurait exprimée et figurée dans la dernière

• Concile de! renie, scss. xiv, can. \ cl 2, cl sess. xxii, cnn. 1, Enchii., n. 883, 884 el 948 (763, 764 et 825).

l'eucharistie l'O

Cène*. » Les paroles : « Ceci est mou corps >' et ... : « Faites ceci en mémoire de moi », expriment clairement rinslilution de l'eucharistie, comportant la présence réelle telle que l'entend l'Église, mais elles ne sont pas du Christ.

Les critiques protestants qui, plus historiens que M. Loisy, reconnaissent l'authcnlicilé des paroles précitées, n acceptent pas pour autant leur interprétalion obvie etsoutiennent qu'à s'en tenir aux croyances primitives de l'Église, reucharislic n'est qu'un symbole (lu corps et du sang de Noire-Seigneur Jésus-Christ. A les en croire, d'illustres Pères comme Origène, Cyprien et Auguslin,rauraientexplicilement enseigné, et les témoignr s du Nouveau Testament et des Pères apostoliques ne seraient pas tellement clairs qu'on dût y voir la foi à la présence réelle du Christ ressuscité, sous les apparences du pain cl du vin. La croyance àlatranssubstanliation serait encore bien plus récente, puisque le pape Gélase l'aurait explicitement niée au v* siècle. La notion de la messe comme sacritice ne remonterait pas au delà de saint Cyprien.

Ce serait donc à une modification injustifiée de la croyance primilive que nous devons les dogmes anliralionnels de linconcevable présence réelle du Chiist sous les espèces consacrées du pain et du vin, la nolion scolastique de la transsubslantiation et celle d'un prétendu sacrilice eucharistique où il n'y n pas d'immolation.

Pour répondre à ces objeclions, il nous suffira de citerquelques faits de l'histoire des origines du dogme de l'eucharistie et d'en esquisser l'exposé théologique.

* Les évangiles synoptiques, t. ii, La Cène, p. 541.

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Nous verrons une fois de plus que T Église est restée tulèle à renseignement do Notre Seigneur et des apôtres, et (jue les mystères de cet enseignement, s'ils surpassent et déconcertent la raison, n'ont rien d'absurde et de contradictoire.

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