‹ Critique et catholique (volume 2)Chapitre 60 sur 66 · Il ne faudrait cependant point penser (|ue notre · texte numérisé non relu

Il ne faudrait cependant point penser (|ue notre

• Autre est le cas du cadavre du Christ. N'ayant pas cesse un seul instant de recevoir soq être foucier de la personne du Verbe à laquelle il restait uni, il devait nécessairement rentrer dans la constitution du corps de Jésus ressuscité.

• Nous n'avons fait qu'exposer la belle thèse de l'ém. cardinal Hillot sur les conditions de l'idenlité du corps des ressuscites, Quxstionea de novissimis, lliesis xiii, 184. Cette thèse est le développement de principe» posés par saint Thomas dam le Contra génies, I. IV, c. lxxii.

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corps recoiislilué avec ses caractères iiulividuanls se retrouvera dans le même étal qu'avant la mort. Ce sera à la vérité le même corps, mais exerçant ses propriétés individuelles selon le mode cl les conditions de sa vie nouvelle qui est la vie de la résurrection.

Ces nouvelles conditions de vie sont brièvement indi(|uées dans le lexte suivant de la I" épîlre de saint Paul aux Corinthiens, dont nous donnerons le' commentaire d'après l'enseignement «ommunde nos théologiens. L'apùtie compaïc notre corps au grain (|ui, jeté en terre, y pourrit pour redevenir l'épi dont la graine renouvelée et multipliée se diversifie cependant selon le type du grain semé, puis il ajoute : « Le corps semé dans la corru{)tion ressuscitera dans l'incorruplion; semé dans la honte, il ressusciloia -dans la gloire; semé dans la faiblesse, il ressuscitera dans la puissance ; semé corps animal, il ressuscitera corps ^pirituel » ;ch. xv, 43-45).

Celte descri[)tion ne s'applique complètement (ju'aux corps glorieux, mais les corps ressuscites des pécheurs eux-mêmes parlicipeionl à celles des modalités de la vie nouvelle qui relèvent de sa qualilé de vie désormais inamissible.

Le corps semé dans hi corruption ressuscitera dans Hncorruption. La corruption, aussi bien que la génération dont elle est la condition et la contre-partie, n'a plus de place dans un monde dont la vie est sous- Iraile ô l'évolution du temps. Elle apj>artiendra donc également à tous les ressuscites, aux méchants comme aux justes. Dans le monde de l'éternité, plus de mort, plus dre naissance et par consiqucnt plus aucun des phénomènes de nutrition et de génération qui sont la consé(|uence du mouvement cpii nou^' emporte du

i^CO cniTiouE i:t catiîoliour

berceau h la tombe. Kaul-il dire aussi : phis d'orji^anes lie génération el de nutrition? Non. Ces organes se retrouveront, eux aussi, dans les eorps re.ssuscités, dont ils sont parties intégrantes. Ils seront, chez les damnés, en même temps que le souvenir du honteux usage qui les a soumis au péché, rinstrumeni des formes diverses que revêtira la peine du sens selon les divers péchés ipii l'auront méritée, lis ne procureront pas aux élus les émotions charnelles qui sont liées à leurs opérations terrestres et que nous partageons avec les animaux. Mais ils concourront avec le reste du corps à la plénitude de celle conscience mystérieuse de la vie de ressuscité, dont le charme «loil compléter la béatilude de lïlme dans Taulre vie.

I /incorruption présuppose une certaine impassihilil(''. la r(''sistance victorieuse du corps à toute moditication qui en altérerait la substance, mais non pas celte impassibilité qui rendrait les facultés sensibles incapables de recevoir une impression quelconque.

Les corps de tous les ressuscites, désormais défendus contre toute altération, restent susceptibles de recevoir loutes les impressions sensibles qui alimenteront, chez les réprouvés, la peine du sens et, chez les élus, la joie de leur vie de sensibilité glorifiée, d<''fendue contre toute sensation pénible.

282. Spmr dans la honte, il ressuscitera dans la gloire. Le cadavre n'a plus rien de la l)eauté du corps humain ; le peu qu'il conserve d'apparences auxcpielles peut s'attacher encore la complaisance ijue nous avions à regjiider le corps vivant dont il est le mi->/r;tb!<- ir^h* disp.uaît bientôt pour faire place à un

amas informe de repoussante corru{»lion que nous avons liâte d'ensevelir. Celle ignominie n'aura qu'un temps. Au jour de la résurrection, notre corps relrouveia une beauté supérieure à celle de nos corps vivants.

Il nous charme déjà, le rayonnement de vie qui se dégage des formes, de riiarmonieuse proportion et de l'incarnai de nos corps morlels. Mais ce charme est bien diminué par lesdilTormités manifestes qui sont en chaque individu la tare des accidents inévitables de sa génération ou de sa vie et aussi par les impres.si(jns troubhiiilcs (|uo celte chair de péché éveille tlans notre sensibilité de pécheur. Combien plus ravissante sera l'éclatante beauté du corps des élus ressuscites! Bien plus que nos corps actuels ils seront éclatants de ce rayonnement de la vie de l'âme (jue nous avons déjà tant de plaisir à contempler dans le regard et sur la ligure de ceux que nous aimons, aux heures où une intensité plus grande de vie donne à ce regard son maximum d'expression. Tout ce qui dans notre corps actuel est dillormilé accidentelle ou infirmité de l'enfance, de la vieillesse, sera corrigé de façon que notie corps glorifie soit l'expression plastique aussi parlaileque [)ossible de notre individualité Ix'alitiéc. Knlin rien ne viendra troubler limpression de ravissement (jue nous donnerons et que nous recevrons dans une chair spiritualisée désormais soustraite à tout désordre passionnel. Cette glorieuse beauté, celle clarté, comme disent les théologiens, aura naturellement ses degrés, selon que l'unie, (|ui en sera la source, sera elle-même plus élevée en sainteté et en gioire. Hélas 1 et on comprend pounpioi, à ce privilège des élus ressuscites les pécheurs n'auront aucune pari;

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leur âme ne saurait communiquer à leur corps de péché une beauté qu'elle n'a pas^

283. Semc dans la faiblesse, il ressuscitera dans la puissance. Celle puissance lui viendra de sa parfaite soumission à toutes les impulsions de l'âme grâce au privilège de Y agilité. « Par ce don d\iffiliie, nous dit saint Thomas, le corps glorieux est parfaitement soumis à l'âme en tant qu'elle est son principe moteur; il devient tout à fait dispos et habile à obéir à l'esprit dans tous les mouvements et opérations de l'âme ^. » Non seulement l'âme commandera si bien à son corps qu'elle lui communiquera quelque chose de la mobilité de sa pensée et le conduira très rapidement d'un lieu à un autre, selon cette parole d'Isaïe : « Ils courront sans peine et se promèneront sans lassitude-*»; mais, à en croire saint Thomas, nous pourrons gouverner parfaitement l'impression que nous produirons sur les aulres et nous rendre à volonté visibles ou invisibles, comme le Christ lui-même après sa résurrection''.

284. Semé corps animal, il ressuscitera corps spirituel. Nous avons, dans ce quatrième privilège, que les théologiens appellent don de subtilité, la raison des deux précédents. 11 ne s'agit pas ici d'une propriété qui permettrait au corps glorieux de pénétrer les autres corj)s en occupant le môme lieu qu'eux. Saint

* Sum. theol., Suppl., q. lxxxv.

• î'er dolem agiiilalis siihjicilur animse-^ fn rfucnituui estmctor; Ul hcilicet sii cxpeditum et habile ad obediendnm spiiilui in omnibus molibus et actionibus an'uiirc. — Loc. cit., q. Lxxxiv,a. 1.

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