‹ Critique et littérature musicales (volume 2)Chapitre 11 sur 25 · Un vol. petit iii · texte numérisé non relu

Un vol. petit iii

218 GRlTiaUE ET LITTÉRATURE MIISICILES.

Avec une entière sincérité, le vieillard répondît : c J'étais fort content de S88 premiers ouvrages; « mais quant aux derniers , j'avoue que je ne les « comprends pas. Il me semble toujours qu'U écrit c des fantaisies ^ »

Le jugement d'Haydn sur Beethoven est à peu près celui que portent tous les hommes de génie sur leurs successeurs immédiats. C'est le'jugement de la génération qui a épuisé la sève de vitalité doat elle était pourvue, et qui ne voit dans celle qui lui succède qu'une postérité sans discipline, parce qu'elle s'écarte de la route tracée. On pourrait appliquer à' la mort le mot de Voltaire sur Dieu : « Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer, > ne fût-ce que pour interrompre la domination de certaines idées qui ne peuvent disparaître qu'avec les hommes qui les avaient affirmées. Quoi qu'il arqve, le ûls pense toujours un peu autrement que son père, et le disciple est forcé par la nature des choses de mo4ifier d'une manière ou d'une autre l'enseignement qu'il a reçu du maître. Les premières œuvres de Beethoven, ses trios pour piano, violon et violoncelle, les sonates, le septuor^ et jusqu'à la symphonie en ut majeur, cjuiest de l'année 1801, et qui fut dédiée à ce môme docteur van Swieten, Tami d'Haydn et l'auteur des paroles de la Créortion et des Saisons , ces premières compositions du grand symphoniste révèlent une imitation directe du style d'Haydn et de Mozart, dont il était le sucoessem*. Aussi Beethoven n'aimait-il pas qu*oin lui parlât de ses premières productions, et surtout du septuor. Il

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