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GRITiaUE ET LnTÉRATUUE MUSICALES. 2*27
Corneille ou Beethoven, cette mesure, cette pondération déKcale de l'esprit et de la sensibilité qui se nomme le goût, et vous leur enlèveriez peut-être quelque diose de la force qui leur a été nécessaire pour accomplir l'œuvre que nous admirons. Tout ce que dit M. Oulibichef sur certaines aberrations harmomques qu'on rencontre dans les œuvres de Beethoven^ les passages qu'il cite, et qui avaient déjà été rdevés soit par M. Pétis, soit par d'autres bons esprits de l'Allemagne, tels que Fauteur bien connu (wohlbe^ kcmnten) des charmantes lettres sur la musique que iwus avons appréciées depuis longtemps*, sont inconteslaUement des erreurs ou des caprices de génie que riea ne justifie ; mais M. Oulibichef ne va-t^il pas trop loin, et son excellent esprit ne se laisse-t-il pas égarer par des subtilités indignes d'un appréciâr teiir des belles choses, quand il méconnaît le prix de il'«imûrabl& morceau, Ycmdante seherzando, de la symi^ome e^fa? Ici nous sommes entièrement de l'avis de M. Berlioz, qui a dit de ce morceau : « Cela tombe du ciel tout entier dans la pejisée de l'artiste. >
M» Oulibicbef est bien plus dans la vérité large du sen^' commua lorsqu'il réfute les* sophianes de M. de h&at et autrea illuminés, qui proclament que les symphonies de Beethoven « sont des événements de l'hislûire universelle plutôt q^ des productions musicales de plus ou moins de mérite. » « Dans tout ce fatraa de l'illuminisme musical, dit M. Oulibichef, je n'ai trouvé qa'une chose qui ressemble de loin à un
1. Musikalische Briefe^ Wahrheit ïiher Tonkunst und Tonkûnstleir.
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argument» et qui peut-être vaut la peine qu*on y réponde. Les adeptes en appellent à Vavenir pour l'intelligence des œuvres de Beethoven aujourd'hui incomprises, se fondant sur ce que d'autres grands inventeurs ont été raillés de leur vivant au sujet des plus sublimes découvertes. Dans les sciences, oui ; en littérature, fort rarement; en musiqvSy jamais.- Tous les grands compositeurs, depuis Josquin, 'Orlando di Lasso et Palestrina, jusqu'à Monteverde et Meyerbeer, ont été appréciés à leur juste valeur et quelquefois surtaxés par les contemporains K »
Trois hommes, aussi différents par le génie que par le caractère, ont créé la musique instrumentale et ce magnifique poëme qu'on nomme la symphonie: ce sont Haydn, Mozart et Beethoven. Du grand atelier de formes et de combinaisons harmoniques de toute nature qui constitue l'œuvre colossale de Sébastien Bach, et particulièrement des sonates pour clavecin de son fils Emmanuel, qui déjà avait mis dans son style quelque chose de cet agrément et de cette légèreté qui devaient prévaloir dans la musique moderne, Joseph Haydn tire une partie des éléments dont il compose successivement son œuvre admirable. H entremêle ces emprunts faits à l'art un peu sévère de son pays de l'étude des maîtres italiens, surtout d'un nommé Sammartini, homme de génie, dont l'œuvre prématui'é, comme celui de notre Gossec, est resté inconnu, et paraît avoir beaucoup servi à l'éducation du père de la symphonie. Haydn est un musicien de premier ordre qui, par l'abondance des idées mé-