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Voy. les Analyses de piano y p

CRlTIttUE ET LITTÉRATURE MUSICALES. 225

de M. Oubilichef est à peu près celle de M. Fétis, dont le nouveau biographe accepte assez volontiers les ju* gements, M. Oubilichef analyse successivement les productions de Beethoven qui appartiennent à chacune des trois périodes, dont il s'efforce de caracté* riser le style par des observations judicieuses, puisées dans les lois essentielles de l'art. Nous ne suivrons pas M. Oubilichef dans les menus détails de «on analyse de l'œuvre du grand maître ; quelques observations suffiront pour donner une idée de l'esprit qui dirige sa critique.

M. Oubilichef commence l'analyse des compositions de Beethoven qu'il range dans la seconde période de sa carrière féconde par les réflexions suivantes : « Les circonstances biographiques qui dominent la seconde période de la vie de Beethoven se réduisent à une surdité croissante, aux progrès d'un amour malheureux, et au pouvoir funeste que son frère Charles acquit sur le moral et les déterminations du grand artiste. De ces trois causes de perturbation, l'une pouvait- stimuler le génie de Beethoven ; les deux autres étaient évidemment de nature à réagir sur lui d'une manière défavorable. Le caractère du , grand artiste s'altéra ; il perdait de plus en plus le sentiment de certains effets harmoniques et acoustiques.... Peu à peu le caprice et la mauvaise humeur troublèrent les inspirations de Beethoven ; des règles importantes furent mises en oubli ; l'originalité véri* table et difficile, qui consiste à trouver Yinconnu dans le beauy toucha par accès ou par boutades à la bizarrerie et à la déplaisance qui constituent Yoriginalité facile, à la portée de tout le monde. Il arriva aussi au

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grand artiste de se complaire dans ses idées, de s*oublier dans leur développement jusqn^à perdre de Tue le point essentiel en toutes choses, je veux dire le trop et le trop peu, ce redoutable écueîl de Feffet et du succès, qui ne s'obtiennent qu'autant qu'on a su éviter l'un et l'autre. » « Certains critiques, égarés par lenr enthousiasme, ont prétendu, pour justiffer BeethoTçn, que l'idée de longueur en musique est purement relative, que tout dépend de Fabondance cm de la disette (fes matériaux qu'on met en œuvre, que d'ailleurs ce qui semble trop long à l'un peut sembler trop court à l'autre, etc. CTest là une opinion radicalement fausse. Si eHe était vraie, il n'y aurait plus rîen de vrai ou de faux pour la critique ; tout serait relatif, les beautés comme les imperfections*. j> Ce sont là de bonnes et excellentes paroles. M. Oulibichef y soulève ia grande question de la certitude dans l'appréciation du beau, qui est une des faces de la certitude dans la connaissance. Il n*ést pas possible de méconnaître la vérité des principes sur lesquels s'appuie la critique de M. Oulibichef ; on peut douter toutefois que ces principes soient justement applicables à la partie de l'œuvre de Beethoven qu'examme le biographe. M. Oulibichef ne nous semble pas suffisamment pénétré dç cette vérité, puisée non pas dans les lois abstraites de la pensée, mais dans la nature vivante des choses et des hommes,-que certains défauts sont l'accompagnement nécessaire des plus admirables créations du génie. Donnez à des hommes comme Danie, Shakspeare,

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