‹ Critique philosophique (volume 2)Chapitre 57 sur 144 · II., VII 445-464. XX · texte numérisé non relu

II., VII 445-464. XX

(9) n., V, 10, et 23-24.

DB c FORCB DIVINS » DANS l'iLIADB. 273

c'est Hermès qui conduit Priam à la tente d* Achille, afin de racheter le cadavre d'Hector, et qui ensuite ramène le vieux roi dans sa ville éplorée(l).

Troie est peut-être servie plus fidèlement par les dieux qui ont pris parti pour elle. Dans le nombre, Apollon, Xanthos ont à venger des injures personnelles. Apollon n'abandonne Hector qu'au dernier moment, après que Zens a solenellement pesé les destinées des deux adversaires (2). Artémis, Lètdy sont étroitement unies avec Apollon. Apollon a cependant quelque indulgence pour les Grecs, lorsqu'ils chantent en son honneur un beau psan (3). Ares, en tant que dieu anthropique, montre la plus grande inconstance ; il est vaincu et blessé à deux reprises, lorsqu'il combat pour les Troyens (4). Aphrodite fait-elle du bien ou du mal à son parti? Mère du troyen Éoée, elle défend son fils. Mais sa prédilection pour Hélène et pour Pftris est la cause divine de la guerre, et par conséquent des malheurs et de la ruine d'Ilion.

De tout ce qui précède, il résulte clairement que la distribution des dieux homériques en deux camps, n'est rien moins que rigoureuse. Ce dualisme est épique, il n'est ni ethnique ni moral. Les dieux qui agissent pour les Troyens ne sont regardés, ni comme moins grands, ni comme moins bons que ceux qui tiennent pour les Grecs. Les uns comme les autres ont des amitiés ou des haines privées, bien plutôt que publiques. La piété, dans Homère, est une sorte de contrat entre les hommes et les dieux, mais non pas entre tous les hommes et tous les dieux indiflMremment. Ulysse rappelle à Athènè qu'elle Ta toujours protégé; Diomède, qu'elle a protégé son père Tydée (5). La divinité protectrice est donc comme liée à un héros, tout au plus à une famille. Dans les supplications publiques, tous les dieux sont invoqués. Mais dans les circonstances privées, chacun sait très bien sur quel patron il peut compter. Si le dieu prend parti pour le héros, il faut qu'à son tour le héros prenne parti pour le dieu. Ménélas blesse Aphrodite pour obéir à Pallas (6). Combien Pallas n'est-elle pas flattée, lorsqu'elle s'entend invoquer en première ligne par Ménélas (7) ! Les dieux se disputent les louanges et les prières des hommes, comme leurs sacri* fices et leur encens.

Toltaire disait : c Si Dieu a fait l'homme à son image, l'homme le lui a bien rendu. » On peut considérer les dieux olympiques comme s'étant

(i) IL, XXIV.

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