‹ Critique philosophique (volume 2)Chapitre 58 sur 144 · IL, I · texte numérisé non relu

IL, I

(4) IL, V. 825 >q. XXI, 406.

(QlL,Y,115etl3itq.

CO IL, XVll, 567-568. a. Od., III, 52.

peu à peu conformés aux différents caractères des héros qu'ils protégeaient. Â leur histoire naturelle, symbolique, s'ajoute une histoire humaine, épique : elles finissent par se confondre à tel point, que plusieurs héros, Achille, Ulysse, ont pu à leur tour être regardés, par la critique moderne, comme des personnifications de phénomènes physiques (1). Les héros sont avant tout, et bien plus évidemment, les moules du nK)nde divin. Tout dieu a été tenu pour tel, que son génie, ses qualités, ses passions dominantes, ses actes, pussent donner raison du: génie, des qualités, des passions dominantes, et des actes de celui ou de ceux qui se réclamaient de lui. Si la fable attribue à beaucoup de héros une généalogie divine, la critique doit renverser Tordre de filiation ; elle peut aisément, dans les traits et dans le caractère des dieux, discerner Torigine humaine et l'empreinte héroïque. Zeus est associé avec les souverains, aussi bien avec Priam qu'avec Agamemnon : tous deux tiennent de lui leur sceptre. Aphrodite est la compagne des mortels, hommes ou femmes, dont la beauté adorable enflamme tous les cœurs. Les dieux qui ne se sont point particulièrement attachés à un mortel, qui ont plusieurs favoris de caractères différents, ou qui encore sont versatiles dans leurs affections, n'ont pas un type accusé, une personnalité distincte. Tels sont Ares, Hermès, LètA, Artémis. Athènè ellemême, la sage Athènè, n'est-elle pas quelque part « la vierge insensée » (2)? C'est que dans Tlliade, elle n'est pas seulement la patronne d'Ulysse, mais aussi celle de Diomède et d'Achille, dont le tempérament emporté dépasse si souvent les bornes de la prudence et de la raison. Pallas n'atteint sa perfection typique que dans l'Odyssée : elle garde son ardeur belliqueuse, mais toujours tempérée par la réflexion : elle est le câti divin du caractère d'Ulysse. Elle ledit elle-même, bien nettement; il lui est impossible d'abandonner Ulysse dans le danger. Est-ce par affection, par bienveillance? Sans doute, mais il y a une autre raison : c'est qu' « Ulysse est un homme persuasif, un génie prompt et fécond en ressources » (3). Eh bienl ne sauraitril donc se conseiller et s'aider lui-même? C'est précisément ce qu'il fait. L'assistance tout idéale d' Athènè rappelle à chaque instant le proverbe : < Aide-toi, le ciel t'aidera. >

Cependant les dieux olympiens sont encore loin de répondre à la formule:

Minerve est la sagesse, et Vénus la beauté.

De même que par leurs caractères naturalistes, ils dépassent le numen

(1) Ce mode d'interpréution ne me lemble guère applicable, tf ee quelque tniiembltnee, qu'an perioimage d'Hélène.

(2) Cette injure est, il est Trai, plaeée dans la bouche d'Ares (U., V,87&) auquel l'hyoïM homérique donnera plus tard le sang-froid d'Athènè.

(3)0d., XIII, 331.

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