chapitre m. — Devoirs corporatifs
Des associés ont les uns envers les autres des devoirs plus étroits que toutes les autres personnes, au moins sur ce qui fait la matière de leur association. Ils ont en effet les devoirs communs des hommes dans tous les cas; ils ont ceux des parents, des amis, des voisins, s'ils se trouvent ôtre parents, amis ou voisins, et ils ont de plus ceux qui résultent du contrat qu*ils ont fait entre eux en s'associant. En effet, une association est une réunion de deux ou d'un plus grand nombre de personnes qui, en vue d'un certain objet dont ils conviennent, se promettent entre eux et apportent en commun certains travaux ou autres contributions de diverses natures, et règlent également les avantages qu'ils doivent en retirer suivant un certain mode de partage. Tout ce qui est ainsi stipulé, tout ce qui est promis d'un côté et attendu de l'autre, constitue des devoirs et des droits particu-
liers aux associés. Ils doivent être observés rigoureusement, et toutefois ils doivent Tôtre largement ; rigoureusement, c'est-à-dire que sous aucun prétexte il ne faut se permettre d'en prendre et d'en laisser, puisque c*est convenu; largement, c'est-à-dire qu'au lieu de s'efforcer toujours, comme le font certaines gens, de tirer toutes choses à soi et à son intérêt par des interprétations plus ou moins suspectes de partialité, il faut apporter un parfait esprit de justice à chaque règlement, en chaque rencontre, ou lors de chaque débat grand ou petit. En agissant de cette manière, non-seule^ ment on se conformera aux préceptes généraux sur les devoirs des hommes, mais on se reconnaîtra une obligation plus stricte qu'elle n'est en dehors de toute association, et plus dangereuse à éluder, parce que des associés, à part môme ce qui est dans leurs conventions, se doivent entre eux plus d'égards que les premiers venus, et que les suites des fautes qu'ils pourraient se reprocher sont ordinairement de plus grande conséquence.
Dans ce qui est dit ici, on suppose premièrement que l'objet de l'association est légitime en lui-même ; secondement, que les règles et stipulations de l'association sont conformes aux lois.
PRÉCEPTES
Nh vous ASSOCIEZ POINT POUR ATTEINDRE UN BUT CONTRAIRE A LA MORALE OU
320 PEUT TRArri de xokale.
INTERDIT PAR LÉS LOIS, NI POUR ATTEINDRE UN BUT LtolTIlfB^ MAIS PAR DÉS MOYENS CONTRAIRES A LA MORALE OU AUX LOIS.
Que LES RÈGLEMENTS DE VOS ASSOCIATIONS SOIENT LÉGAUX; Qu'iLS NE SOIENT JAMAIS SECRETS ET CONNUS DES SEULS ASSOCIÉS. La PUBUCITÉ DE VOTRE ASSO- CIATION ELLE-MÊME EST UNE GARANTIE QUE VOUS DEVEZ A TOUS CEUX QUI n'EN
font pas partie et qui doivent savoir qu*il ne se trame rien contre eux, ni rien de menaçant pour la sécurité générale.
Observez envers vos associés tous les devoirs communs, en y apportant VOTRE BONNE VOLONTÉ LA PLUS PARTICULIER; ET LES DEVOIRS NÉS DE
vos conventions, avec scbupulk, en craignant de vous avantager par la manière dont vous estimez vos parts de peines ou de profits et les parts des altres.
Choisissez vos associés de telle manière que vous puissiez compter sur
LEUR probité, sur LEUR EXACTITUDE ET SUR LEUR CAPACITÉ POUR s'aCQUITTER
des obligations dont ils se chargent. Pesez bien vos propres forges et
NE vous engagez A RIEN d'iNCERTAIN OU DE DOUTEUX.
(A suivre.)
THE FORTNIGHTLY REVIEW Edited by John Morley (London, Chapman and Hall^ 4 93, Piccadilly).