UN PASSAGE DE KART SUR LE CERCLE VICIEUX, BTG
faculté quelconque, puisque le faire» en tout, a pour condition la possibilité de mal faire. L'époque difficile et critique est venue, et dure déjà depuis longtemps, chez les peuples qui commencent ù pratiquer les libertés de réunion, d'association et de presse. Elle se prolonge outre mesure, en France particulièrement, à cause de l'aveuglement des gouvernants qui ne peuvent se résigner à subir les effets de la crise, et préfèrent laisser la nation indéfiniment engagée dans le cercle vicieux de l'apprentissage de la liberté, sans même éviter ainsi les mouvements convulsifs, sans peut-être les atténuer, plutôt que d'accepter les conditions nécessaires de rétablissement des nouvelles habitudes sous un régime libre.
Ce n'est pas que le philosophe entende condamner absolument les atermoiements de ceux qui ont le pouvoir et qui, forcés par les circon" stances, ajournent le don d'une liberté. Nous voici à la question de r «opportunisme ». Autant il est nécessaire de subir les inconvénients de Tinit^ation^ en matière de droits à exercer pour un peuple, autant il est visible que le passage de la servitude à la liberté n'étant jamais l'œuvre d'un moment, ni exempt du danger des réactions que tout changement grave est dans le cas de provoquer, ceux qui ont le pouvoir ont à se poser des questions de possibilité, d'opportunité, et à prendre garde d*agir sous la probabilité dua résultai à attendre de leur action mime^ et qui serait diamétralement opposé à celui qtiils se proposent d*obtenir. Tel est le sens réel de la «force des circonstances» dont parle Kant. Nécessité des transitions, en fait, à cause du principe de l'habitude et de Topposition des intérêts; danger des réactions^ obligation morale et matérielle des transactions entre les majorités et les minorités; examen des possibles et supputation des probables, tout cela est compris dans la force des circonstances et doit entrer dans les préoccupations de l'homme politique. Le principe dominant, pour l'homme politique consciencieux, reste toujours la liberté de tous, comme but, avec la conviction raisonnée de Timpossibilité d'en franchir sans inconvénients ni abus l'époque d'apprentissage.
Enfin, Kant ne sépare pas la liberté religieuse de la liberté politique, toutes deux étant comprises dans le principe général de l'autonomie. Le passage du texte, auquel se rapporte la note sur la liberté que nous avons reproduite, renferme une protestation d'une extrême énei^ie contre les prétentions des prêtres à imposer aux peuples des croyances fondées sur des révélations impossibles h prouver, et contre les habitudes autoritaires et sacerdotales conservées par les protestants eux-mêmes, « qui cependant ont fait un faible progrès dans la liberté de penser, et se regardent pour ainsi dire comme ennoblis depuis qu'ils ont secoué le joug d'une croyance servile ». Rbhouvier.
A L nSAGE DES ECOLES PRIMAIRES LAÏQUES
— SDITE —
^. -r Les voisins. Devoirs envers les voisins.
Le Toisinage est une espèce d'exlension de la famille, et comme une relation intermédiaire entre l*is liene étroits de la parenté et de la maison et les liens plus larges de la confraternité civile. Si vos proches voisins vous sont beaucoup moins que vos parents, ils tous sont quelque chose de plus que vos autres concitoyens. Vous devez faire votre possible pour vivre en bonne intelligence avec eux. Gomme amis, ils peuvent vous être utiles en bien des circonstances, et, comme ennemis^ vous nuire beaucoup. D'ailleurs il n*y a rien de pire que ce petit esprit d'antagonisme et de rivalités mesquines qui s'établit souvent entre des gens à qui des rapports inévitables rendraient la sympathie précieuse et désirable.
Vous observerez que si le mot rival a la môme origine et la môme signiûcation ancienne que le mot riverain, ce qui tient incontestablement à ce que les riverains ont aisément rivalités et disputes entre eux, ce fait même n'établit que mieux combien vous êtes obligé d'apporter d'attention et de bonne volonté à faire en sorte que le rapprochement amène l'amitié là 011 si souvent il engendre des divisions et peut occasionner jusqu'à des crimes.
Celui qui vit dans un désert ou dans les bois est plus libre que l'habitant d'un village ou même d'une cité populeuse. Mais s'il est moins gêné, ayant moins de relations, il est aussi privé de T assistance des autres, et ne tarde pas à apprendre que des liens sociaux étroits sont plus avantageux que la solitude. L'homme de bon sens supporterait donc volontiers les inconvénients attachés à Tordre social, quand même il ne penserait qu'à ses avantages matériels et qu'il oublierait tout ce qull doit à la société pour l'éducation ée son cœur et de son esprit.
Mais nous n'avons en ce momont à nous occuper que des voisins. La première chose à faire pour parer aux difficultés qu'on pourrait avoir avec eux, et ne garder que les agréments du voisinage, c'est de s'entendre clairement et sans équivoque avec eux sur leurs droits et les nôtres. Après cela, que chacun se tienne à ce qui est stipulé et tout ira bien.
Par exemple, un homme est autorisé à se promener dans le jardin d'un voisin ; il n'a pas pour cela le droit d'y cueillir une fleur, même des phis communes, ou de goûter une simple fraise. Mauvaises raisons que celles-ci : u Oh ! ce n'est
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qu'une fois ! » ou • Cela ne fait tort h personne d : car ce qui est grave, c'est de passer votre droit et de faire bon marché de celui da voisin , et non pas d'agir ainsi en un point plutftt qu'en un autre.
Dans certains cas, des voisins ont par droit ou convention expresse la jouissance commune d'un lavoir ou d'un séchoir. Personne ne doit alors empiéter sur le temps dû au voisin, ou laisser la place malpropre. On ne peut dire où s'arrêteraient les suites de tels abus, attendu qu'un fait de représailles conduit promptement aux mauvais propos et aux plus améres querelles. L'honnête homme prendra donc le parti de la politesse et des bons procédés, dût-il s'imposer quelques sacriûces. Dans certaines circonstances il abandonnera son droit strict en faveur de ses voisins ou colocataires. S'il se trouve des malades dans la maison, il évitera, le pouvant, les travaux bruyants. S*il rentre chex lui tard, il fera attention à ne pas troubler le sommeil des autres. S'adonne-t-il à des ezercioes de muaiqut instru'* mentale ou du chant, il cherchera pour s'y livrer les moments les plus coBve* nables. A-t-il des enfants ou des domestiques turbulents et criards, il y mettra ordre de manière ou d'autre ; et le tout sans que personne ait le droit de Ty obliger. Lorsque, en dépit de toutes ses précautions, le mécontentement et les querelles sont venus, son devoir est d'éloigner sans fracas la cause du mal, autant qu'il est en son pouvoir. L'hostilité est comme une mauvaise semence qui pousse toujours et étouffe tout si on ne la déracine à temps. Il faut en pareil cas se garder de prêter l'oreille aux bavardages des domeiliquea ou des gens peu sensés, dont le xèle prétendu exagère ou défigure toutes choses en les rapportant. Au sujet d'un ami ni d*un ennemi nous ne devons rien accueillir légèrement de ce qui serait à son désavantage : d'un ami, à cause de l'amitié ; d'un ennemi, parce que nous avons bien plus alors à nous défier de nous-mêmes, et que la justice à lui rendre nous impose pitls d'attention et de peine.
Bien des gens qui ont l'habitude de vivre en mauvais termes avec leurs voisins sont portés en conséquence à changer de logement. Ils feraient mieux de réformer leurs penchants. Le vieil ennemi les suivra dans l'habitation nouvelle. Et puis, c trois déménagements valent un incendie, » a dit Franklin.
Les voisins doivent s'entr*aider au besoin. Cela est sage, et cette sorte d'assistance, qui est la plus proche, est aussi la meilleure souvent et la plus efficace. Avant que votre frère ou votre sœur, qui demeurent au loin, viennent à votre secours, le temps sera passé de mettre à profit leur bonne volonté. On éteint sans peine une étincelle. On ne vient pas s bien & bout de la flamme qui s' es répandue.
PRÉCEPTES
Gardez-vous, dans vos relations avfx vos voisins ou colocatairks, altakt que vos devoirs vous le permettent, de tout ce quh vous savez être de nature a les indisposer contre vous.
N'empiétez pas, et si peu que ce soit, sur lb droit du voisin. Soyez plutôt prêt a céder quelque chose du vôtre.
PETIT TRAlxi BS UOUAUB. 919
Nb NÉGuasz niEff db ce qui est en yqtrb pouvoir et qui peut contenter
LES DÉSIRS honnêtes 1)U VOISIN.