‹ Critique philosophiqueChapitre 154 sur 164 · LA COOPÉRATION ET LE CONGRES OUVRIER DG PARIS · texte numérisé non relu

LA COOPÉRATION ET LE CONGRES OUVRIER DG PARIS

La première de ces opinions consiste , comme dans le rapport Finance , à nier complètement Tefficacité attribuée au principe coopératif en tant que solution du problème social. La seconde opioion affirme que ce n'est pas le principe en luimême qui est mauvais, mais seulement les conditions dans lesquelles on ap^ilique ce principe ; et^ enfin, par la troisième et dernière opinion, on croit que par Tapplication générale de la coopération sous ses trois formes, telle qu'elle est pratiquée depuis quarante ans : crédit, production et consommation, il est possible d'affranchir le travail, et par conséquent de résoudre le problème social.

Un certain nombre d'opinions secondaires sont ensuite venues se grouper, soit en les développant, soit en les atténuant, autour de ces trois principaux systèmes. C'est surtout parmi ceux qui , sans nier l'efficacité de V association coopérative, trouvent mauvaises les conditions d'application du principe, que l'on rencontre le plus de varié ir> dans les opinions.

Ainsi, tandis que les uns recherchent la solution du problème dans l'association de consommation, les autres , au contraire, ne voient dans cette forme qu'un palliatif ou un moyen transitoire d'acquérir le capital nécessaire au rachat de l'outillage social, et ce, à l'aide des bénéfices réalisés ; les autres, au contraire, veulent d'emblée arriver à la production en constituant le capital social à l'aide d'autres procédés, tels que ; 1 ^ au moyen d'actions amortissables ou non, productives ou non d'intérêt ; 2^ ou bien encore au moyen de cotisations comme le font les simples sociétés civiles fondées en dehors des prescriptions de la loi de 1867, et ce, sans dividende ni amortissement. D'autres encore cherchent des combinaisons dans l'application simultanée de l' association de consommation et de celle de production, telles qu'on les applique aujourd'hui, mais reliées entre elles par des attaches fédératives, les bénéfices en résultant devant être employés, à mesure de leur réalisation, au développement du mouvement coopératif, et finalement arriver au rachat complet du capital industriel , qui, des mains de ses détenteurs actuels, passerait petit à petit aux mains du travailleur.

Enfin, d'après d'autres systèmes exposés , le capital social ou l'outillage social, ce qui est la même chose, ne doit pas' être approprié ni par des individualités, ni même par des groupes d'individus ; mais il doit, en vertu des principes de solidarité si hautement affirmés aujourd'hui, être la propriété impersonnelle , indivisible et inaliénable de la masse des travailleurs considérée soit en tant que corporation, soit en tant que département, ville, canton ou commune.

La majorité de la commission, comme la plupart des orateurs qui ont parlé sur ce sujet, est d*avis que l'association de l'avenir doit reposer sur l'institution syndicale.

Les trois opinions principales dont il vient d'être parlé étaient, citoyens, représentées dans votre commission, qui a, avec toute Tattention que comporte une aussi grave question, examiné les unes après les autres toutes les opinions produites, et, sur les points principaux, nous n'avons pas tardé à nous mettre d'accord.

C'est ainsi qu'à l'unanimité votre commission, citoyens, s'est prononcée en faveur de l'association coopérative comme moyen radical d'affranchissement du travail et de suppression du paupérisme.

Il restait à s'entendre sur les conditiona d'application de ce principe.

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