RÉPONSE AUX OBJECTIONS DE M. CH. SBCRÉTAN
Formulées dans k GHRiTUSN ÉVANO^LionB, revue religieuse de la Suisse
romande (20 décembre 1875).
Nous venons un peu tardivement nous occuper d'un aimable et profond article de compte rendu que M. Ch. Secrétan a bien voulu consa-* crer à la Critique philosophique, dans un recueil religieux de la Suisse. Toutefois le retard n'est pas pour les idées, qui ne vieillissent pas si vite, et qui peuvent attendre. Il est pour les remerctix^nls dus à la bienveillance sérieuse de l'auteur, à TetFort impartial' qu'il fait pour se transporter à notre point de vue^ et à l'intelligence beaucoup plus qu'ordinaire — on y sent un fruit de bonne volonté — avec laquelle il aborde un système d'idées qu'il lui serait souvent plus facile de traiter en adver* saire. Nous ne voulons pas dire que M. S. ait toujours pénétré jusqu'au cœur môme de ces idées en ce qu'elles ont ou semblent avoir de contraire aux siennes. Il dit lui-même spirituellement : « Nous craignons toujours de ne pas comprendre, sachant combien il est rare d'être compris b, et en effet on ne sait que trop combien, de philosophe à philosophe, il y a généralement peu d'ouverture d'esprit. Mais ce que nous pouvons affirmer, c'est que les objections qu'il nous fait sont écrites et logiquées — ceci n'est pas commun non plus, quoique indispensable — de manière à instituer une discussion dans laquelle on se parle, on se répond et on sait ce qu'on veut dire. Nous avons quelquefois montré de la répugnance à ouvrir des polémiques réglées dans notre Revue : c^était dans des cas où nous ne nous promettions rien d'utile du choc confus des affirmations, ou du moins oh nous avions à craindre trop d'explications avant d'arriver à l'établissement d'un terrain convenable pour un débat utile. Ici, rien de pareil : arrivons donc au fait.
Les objections de M. S., ou les éclaircissements qu'il nous demande portent principalement sur la question religieuse. Il y a cependant une question purement métaphysique, dont il dit deux mots en commençant, et qui exige de nous aussi deux mots d'explication.
CB.T. PaiLOS* V. — 7