‹ Critique philosophiqueChapitre 18 sur 164 · RÉPONSE AUX OBJECTIONS DE M. CH. SECRÉTAN · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX OBJECTIONS DE M. CH. SECRÉTAN

M. S. constate la prétention que la Critique philosophique avoue de soumettre aux penseurs une doctrine à caractère vraiment positif et d'une complète unité systématique» Il ne veut, quant à lui, ni garantir ni résolument nier ce mérite de l'unité que nous réclamons : « Nous n'entendons pas bien, par exemple, dit-il, comment une vive espérance de l'immortalité personnelle se concilie dans celte unité avec la radiation de l'idée de substance, solennellement opérée sur les tables de l'entendement. Cela tient sans doute à ce que la vraie portée d'une telle élimination nous échappe, elles explications de ce point délicat, que la Critique a récemment multipliées avec une rare complaisance, n'ont pas dissipé nos obscurités. » Nous nous garderons ici de revenir sur des explications qu'on paraît trouver à la fois excessives et insuffisantes. Il serait trop difOoile de montrer en quelques lignes que l'idée de substance — l'idée métaphysique — est absolument étrangère à toute conception, à toute relation, à toute affirmation soit scientifique, soit religieuse. Mais nous pouvons placer une remarque, qui, nous l'espérons^ paraîtra claire et topique.

Les philosophes qui admettent et l'existence de la substance rnéta^ physique et la doctrine de l'immortalité de l'&me sont obligés de prou-> ver: 1^ qu'il y a une substance de l'âme; 2*^ que cette substance est impérissable. Les démonstrations qu'ils ont données de ces deux points étant d'une rigueur justement contestée, ces philosophes, ou, si l'on veut, les hommes religieux se trouvent réduits à faire reposer l'espérance de l'immortalité sur des relations (n'importe ici de quelle nature) auxquelles il faut croire. De son côté, le criticiste, qui conteste toute valeur de réalité à la substance métaphysique, cherche les raisons de l'immorta-» lité, à savoir de la continuation des Mémoires personnelles après la mort, dans les lois qui régissent la conscience et dans celles qu'il est permis de supposer à Tunivers, à l'ordre des//nsde l'univers. Ce sont encore des relations qu'il est question de croire et qu'on a des motifs de croire. Nous ne voyons donc point en quoi l'unité systématique du criticisme est compromise par l'abandon d'une notion qui n'est plus d'aucune utilité pour ceux qui la conservent, mais qu'ils sont forcés de remplacer par des arguments d'une nature toute relative (1).

Passant à la question religieuse, M. S. félicite la Critique philoso* phique d'avoir reconnu qu' a entre la famille et la cité il y a place légi-

(1) Ua mot encore sur une expression, sans doute irréfléchie, de M« S. qui nous hnpute la radiation solennelle de ridée de substance sur les tables de l'entendement. Évitons de disputer des termes. Widée de substance^ c^est -à-dire ridée catégorique du rapport de sujet à attiibut, flfure à sa place dans les tables dont il s'agit, sous le titre de catégorie de qualité. Elle se retrouve d'ailleurs partout. Est-ce possible autrement? Vviée de substance comme être métaphysique n'a rien à faire avec les relations, et n*a par conséquent point à figurer au nombre des lois de l'entendement.

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