‹ Critique philosophiqueChapitre 29 sur 164 · ADMINISTRATIVE · texte numérisé non relu

ADMINISTRATIVE

Un journal orléaniste, le Soleily vient de publier sur les sous-préfets, les maires et les préfets un article intéressant, dont la politique des réformes peut faire son proGt. Nous le reproduisons :

Pourquoi y a-t-il des arrondissements ?

L'arrondissement n'est qu'une circonscription administrative, sans vie ciyile.

Le département et la commune ont une existence qui leur est propre. Il y a un budget départemental, il y a un budget communal.

Le département et la commune possèdent comme l'État, et comme l'État font des dépenses obligatoires couvertes par des recettes correspondantes.

L'arrondissement n'est qu'une fiction. G est un rouage qui a eu son utilité, lors" qu'il a été créé en 1789, mais qui est maintenant une supcrfluité.

En 4789, il n'y avait ni télégraphes, ni chemins de fer, ni routes. Il fallait beaoeonp de temps pour se rendre d'une localité rurale au cheMieu du département.

L'arrondissement était alors une station intermédiaire indispensable entre la commune et le département. Le sous-préfet reliait les maires au préfet.

Les affaires gagnèrent à cette création plus de célérité et plus !e facilité. Aujourd'hui elles s'expédient, au contraire, moins vite, à cause du temps qu'on perd au cheMieu d'arrondissement. On y arrête tout au passage.

Un maire qui aTait à traiter une question locale avec l'autorité supérieure ne pouvait, en 1789, entreprendre sans souci un voyage au chef-lieu du département. C'était pour lui toute une grosse affaire qu'une pareille eicursion.

Aujourd'hui on se rend de la commune la plus éloignée au chef-lieu du département avec tant de facilité, que ce n'est plus qu'une promenade. Maintenant les maires auraient plutôt fait d'aller voir le préfet, que de lui écrire. Mais la hiérarchie les condanme à s'arrêter chez le sous-préfet, qui ne peut rien résoudre, rien décider.

11 dut que le soa»^ réfet soumette au préfet toutes les affaires dont les maires CBiT. rai LOS. V. ~ lo

146 LES TROIS PREMIERS POINTS DE lA RÉFORICB ADMINISTRATIVE.

reotretiennent. Ce ii*est plus qu'un intermédiaire dont on pourrait se passer. Cet intermédiaire a pu être utile. Il n'est plus que nuisible.

Le sous-préfet n'est plus qu'une boîte aux lettres où tout séjourne, un bâton dans les roues, oae semaine d'arrôt. Un maire lui adresse une lettre, il la copie et l'en- Toie au préfet. U reçoit du préfet une réponse. II la copie également et l'adresse au maire.

Si le maire avait pu adresser sa demande ou sa question directement au préfet, il aurait eu la môme réponse : seulement il l'aurait eu un mois plus t6t.

Nous ne comprenons pas irès bien l'utilité de ces jeux de bureaucratie, et nous nous étonnons que les ruutes, les chemins de fer et les télégraphes, qui ont amené tant de changements dans Tinduslne, n'aient pas fait disparaître l'arrondissement.

Puisqu'on \eut des réformes, en voilà une qui se recommande, aux esprits sérieux ; puisqu'on demande des économies, en voilà une qui peut se faire sans nuire à aucun service.

Une autre réforme de nos mœurs publiques, qu'il serait temps d'introduire dans les idées du parlement et dans les régions du gouvernement, c'est la complète séparation de la politique et de Tadministralion...

Les meilleurs préfets et les meilleurs maires sont ceux qui conservent longtemps leurs fonctions, parce que ce sont ceux qui, ayant pu le mieux étudier les intérêts dont la gestion leur est confiée, sont le plus en état de les servir avec un dévouement éclairé.

Un préfet n apprend qu*avec le temps à bien connaître son département, et im maire, qui ne peut tout faire en un jour, a aussi besoin du temps pour améliorer la situa tipn de &a commune.

Le temps est l'allié nécessaire de tous les bons administrateurs...

La mobilité des institut ions, ^in^>ttfbilité des gouvernements semblent être de Tessence particulière de noire pays et de notre temps.

Si le personnel des préfets et des maires doit suivre le même mouvement, s'il doit changer quand les institutions et les gouvernements changent, on n'aura plus qu'une administration inexpérimentée, qui se gardera bien, sachant à quel degré les ministres sont in:»tables, à quel point les idées sont mobiles, de poursuivre l'exécution de plans et de projets d'une réalisation lente et laborieuse, quelle qu'en puisse être l'utilité...

Entre le maire et la population dont il gère les intérêts, il s'établit facilement, au bout de quelques années, une sorte d'inlimilé familière qui aide beaucoup à la solution des questions locales.

Le maire qui a longtemps exercé des fonctions, dans lesquelles on sait qu'il apporte un dévouement tout à fait désintéressé, est presque dans sa commune un chef de famille que Ton consulte et que l'on écoute avec conÛance... Il y gagne une influence personnelle considérable, et cette influence protite à l'intérêt public, parce qu'elle l'aide à vaincre les rébiatances qu'on rencontre toujours, surtout lorsqu'on veut fait e des choses utiles.

Il en est d(! même du préfet qui reste de longues années à la tête de l'administration d'un département. Dans cette nature de fonctions, la connaissance des hommes est l'une des pramières qualités que l'on doit posséder.

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