UNE LETTRE DE M. AG0LLA
On a pu lire dans le Bien public (n* du 6 février 1876) la lettre sui* unie, adressée par M. Acollas au président d'une réunion publique du 5* arrondissement de Paris :
Citoyen président,
Je TOUS prie de vouloir bien faire ce soir, à la réunion publique des électeurs da cinquième arrondissement, la communication suivante :
Je ne me désiste pas devant la candidature inopinée du citoyen Louis Blanc dans cet arrondissement ; je ne me désisterai que devant le refus de concours de ceux qm m*ont offert la candidature. Et que Ton comprenne bien que ceUe question ne saurait être, à mon point de vue, une question de personnes, que je la pose uniquement dans la région des principes.
Quelqu'un a dit à la réunion publique présidée^ mercredi dernier, par Victor HogOy que le nom du citoyen Louis Blanc était, à lui seul, tout tm programme i je ne sais pas de parole plus antirépublicaine et plus antidémocratique que cefle-tt.
le demande que le citoyen Louis Blanc soit invité à s'expliquer sur divers points lor lesquels, pour mon compte, je me sépare de lui.
1* Sur la question de gouvernement :
Le dtoyen Louis ^nc est partisan do système représentatif; je veux la réalisa* lion progressive du gouvernement direct,
2* »Sur la question de Forganisation administrative de la France :
Le citoyen Louis Blanc est partisan du dogme de la République une et indivisible ; je veux conune bases l'autonomie de la commune et celle du département.
3* Sur la question religieuse :
Le dtoyen Loms Blanc est acquis au théisme et au panthéisme, je n'ai jamais m nettement auquel des deux ; je repousse Tidée de Dieu comme antiscientifique. Je la repousse ainsi que les désastreuses conséquences sociales que le citoyen Louis Blanc en a tirées.
4* Sur la question de la propriété et sur celle de la justice distributive :
Le citoyen Louis Blanc est partisan du droit social et de la justice distributive GiiT* raikos. V. ^ 3
'^ uni: lettre bb m. acollas.
par les mains de l'État ; je yexsx la consécration du droit indÎTÎduel et la jaslice disr tributive par le libre jeu des lois naturelles.
5° Sur la question de la politique pratique :
Le citoyen Louis Blanc est-il franchement à la suite de M. Gambettii pour le système de transaction et de désertion des principes républicains, ou bien est-il contre ? Quant à moi, je suis contre.
6** Sur son altitude durant la Commune :
I^e citoyen Louis Blanc n'a pas déposé son mandat, il a continué de siéger à Versailles durant la Commune, je demande qu'il s'explique à cet égard devaot