‹ Critiques diversesChapitre 7 sur 41 · Didot · texte numérisé non relu

Didot

plus aisément mirage à la pensée, il faut apporter dans Tétude qu'on s'en propose les qualités des esprits positifs poussées jusqu'à l'outrance. Kathery les possède ; mais on ne les a jamais assez. La thèse qu'il soutient répond très péremptoirement à un lieu commun longtemps exploité (car, si suffisants que soient les Français, ils ont des jours de singulière modestie), à savoir que, littérairement, la France doit tout à la Renaissance et à Tltalie. Rathery a fort bien montré que, si à certaines époques de notre histoire les influences italiennes ont versé leur âme dans notre génie national, avant ces époques, assez modernes du reste, l'Italie, elle, était sous le coup de l'influence française et que la littérature des troubadours se réverbérait dans toutes ses inspirations. Rien n'est plus vrai et rien n'est mieux prouvé maintenant.

Rathery n'a point inventé cette thèse ; elle est partout ; mais il l'a mise en saillie avec beaucoup de justesse et d'agréable érudition. Sans remonter bien haut, dans le Jacques Cœur (1) de Pierre Clément, dont nous parlions récemment, nous nous rappelons un excellent chapitre sur la littérature du xv* siècle qui prouve, avec une grande autorité, combien déjà au xv^ siècle le génie httéraire de la France avait de vie intime et de force, et avec quelle puissance il

Page 1