‹ Critiques diversesChapitre 8 sur 41 · RATHERY · texte numérisé non relu

RATHERY

commençait, semblable au lion de Milton s'arrachant au chaos qui Tenveloppe encore, de se détirer des obscurités et des empâtements de sa native originalité. Rathery est d'une remarquable précision quand il fixe le point où l'influence française finit en Italie et 011 l'influence italienne apparaît en France. Mais n'y avait-il pas mieux à faire qu'à démêler cet écheveau brouillé, cet entrecroisement d'influences diverses et réciproques? N'y avait-il donc pas à prendre la question dans un repli plus profond et à montrer que, malgré les différences d'idiome et les nuances de mœurs, ces toiles d'araignées dans lesquelles les petits observateurs sont arrêtés comme des insectes, il n'y a eu, à proprement parler, d'action d'une littérature sur une autre que parce qu'il y avait, au fond de toutes ces littératures, unité de génie et souche commune d'une même race d'esprits? Qui sait? les grandes questions littéraires, comme les grandes questions politiques, sont peut-être latines. Ce qu'on nomme les influences italiennes, françaises, espagnoles, — et, tout circonscrit qu'il est à l'Italie, Rathery est bien obligé de parler aussi de celles-là, — n'est peut-être que les transpirations d'un même génie, >— le génie latin, — exposé à différentes latitudes. Grave question que Rathery, enfermé dans un programme, ne pouvait pas creuser comme elle méritait d'être creusée. Mais aussi pourquoi étrangler sa pensée dans un pareil nœud coulant quand on a assez de talent pour avoir

besoin d'indépendance, quand on est fait pour nous donner un livre 'étoffé et corsé au lieu des maigreurs d'un Mémoire, — fût-il même couronné par l'Académie ?

EUGÈNE CHAPUS

Quand on a parlé du livre retrouvé de Balzac sur la vie élégante (2), comment ne pas penser à un esprit charmant qui a écrit aussi autrefois une Théorie de l'élégance, véritable travail de fée que n'ont point oublié ceux qui aiment toute cette dentelle métaphysique? Eugène Ghapus est l'auteur de deux publications encore : Les Chasses royales depuis i 589 jus^ (juà i 84i , Qi Le Turf 3). C'est encore de la vie élégante que ces livres; mais ce n'en est plus la théorie : c'en est l'histoire. Personne n'était plus digne qu'Eugène Ghapus de l'écrire. Ghapus est un de ces rares esprits distingués par tant de tournure et une aristo-

1. Les Chasses royales depuis lo89 jusqiià /84f ; Le Turf {Pays, 22 juin 1853).

2. V. Romanciers d'hier et d' avant-hier [Les Œuvres et les Hommes, IIP série).

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