‹ Critiques et récits littérairesChapitre 10 sur 32 · RÉCIT DE FILE-TON-NŒUD · texte numérisé non relu

RÉCIT DE FILE-TON-NŒUD

Après avoir vu s'effacer et s'engloutir dans leis flols l'immense apparition lumineuse qu ils avaient pri$« pour le rivage californien, les passagers reprenaient tristement le chemin des écoutilles, tous avaient un air profondément abattu; quant à File-ton-Nœud, ce n'était pas un garçon à se désoler pour si peu.

— Eh bieni quelle mine vous avez, vous autres! criait-il; tout ça parce que la Californie est ajournée au prochain numéro. Bah ! ce qui est différé n'est pas perdu, demain matin nous en verrons une Californie^ et une vraie cette fois, sans effet de soloîl et autres décorations d'opéra-comique. Crédié ! quelle noce nous ferons! les feslins de Balthazar sont enfoncés : moi d'abord, je veux boire de l'or à mes repas; tiens, onni<^ bien de l'or dans l'eau-de-vie de Dantzic, pourquoi n'en meUrait-on pas dans le vin blanc? C*est une idée!

u toiftoiv D*oà. i^

El lançant en Tair son chapeau de paille dans un élan (l'enthousiasme, il le reçut sur sa tête sans se dé-

ranger.

— Dites donc, capitaine, continua-t-il, et vous, vous ne dites pas ce que vous ferez de vos richesses? vieux sournois ! Va-t-il en flanquer à fond de cale des lingots ! ça sera tout profit pour lui, il n*aura pas à payer les

colis.

— Moi, mon garçon, je ne vais pas chercher de Tor; je mené les passagers, je les ramène I C'est là ma Californie.

— Il est encore bon là le capitaine 1 dit File-ton- Nœud en s^adressant à la foule des passagers, qui commençait à entourer les deux interlocuteurs : il ne va pas chercher le magot, lui; c'est le magot qui vient le irouverl Qu'est-ce que vous en dites, vieux? continua-til en frappant familièrement sur le ventre d'un gros Péruvien , qui revenait plus triste et plus mortifié que les Autres de la déception qu'ils avaient éprouvée.

I^ pauvre homme, sans comprendre, répondit par un soupir et un signe de croix; et le capitaine, en joyeux ^rapère, pour relever le moral de son équipage, s'adressa à File-ton-Nœud, dont la verve et les lazzis avaient 'c privilège d'égayer les assistants.

"^ Ah çà, mon garçon, tu m'avais promis ce matin de "ïe raconter les aventures de ton voyage en Icarie.

20 CO.Tm ET VOTA&IS.

— Ça, c'esi \Tai : pour pra que ça vous lasse plaiâr, capitaiiie, on va vous narrer la chose.

— Ça va! mats il serait à propos de te graisser le gosier d*un verre de rhum.

— Ça n'est pas de refus !

— Ohé! Anchise, vociféra le bonhomme Jack, ime ration de rhum au petit Parisien.

Les passagers, pittoresquement groupés dans leuis manteaux, s'étaietU rapprochés; en quelques secondes, File-ton-Nœud se trouva le centre d'im cercle assex recommandable.

La chaleur était suffocante, le ciel commençait i se charger de gros nuages qui dessinaient à Thorizon leurs formes monsttoieuses, les voiles pendaient flasques le long des mâts, et le navire glissait doucement sur les flols immobiles comme un cygne endormi.

Le mousse Anchise apporta le verre de rhum, que Fileton-Nœud avala d'un trait; puis, lorsqu'il eut rallumé;» pipe par une large aspiration : Y sommesnaous? demaftda-t-il. Je frappe les trois coups. Attention !

— Pour lors, commença File-ton-Nœud, je ne faisais rien de rien dans ce satané Paris. Vous allez peut-être penser, vous autres, que je suis un faignarU, un pn^ * rien, un laupeur! pas du touti Excepté David, ici présent, qui travaille comme un rhinocéros... faut me voir quand la besogne donne ! Mais, voyez-vous, quoique Paris suit une ruche bien grande, il ny pas encore déplace

LA TOISON B'oB. 24

pour toutes les mouches à miel ! Dans ce pays la gmiape est forcée; n'y a pas à dire, mon bel ami, c est comme ça; un jour on gagne ses quatre francs comme un banquier, et puis le lendemain, vlan I le patron vous remercie, vous voilà sur le pavé, c'est très-bien. . .

— C'est dur ! dit le capitaine.

— Le pavé? reprit File-ton-Nœud. Pas du tout! Il y a des trottoirs superbes, des bitumes de première qualité, OH Ton dormirait très à son aise, n'était le sergent de \ille qui vous embête considérablement!

Pour lors, quand j'étais dans cette situation gênée, comme j'ai pas mal de ficelles à mon arc, je me livrais à toute espèce d'exercices, il n'y a pas de sotà métiers, comme dit l'autre, je cirais donc les bottes du bourgeois, j'abaissais le marche-pied des voitures; je plaçais un morceau de drap sur le tranchant des roues quand les duchesses descendaient de fiacre, et j'appelais les gardes nationaux mon général ! ça les flattait, ces hommes ! Tout n me faisait bien vivoter pendant le chômage, mais jamais un sou devant moi. L'Ambigu absorbait tout. Crédié! comme Delaitre était beau dans le Smnmr de Saint- Paul, et Albert dans Abeilard ! comme il disait à Tbéodorine , une bien belle femme aussi : Votre oncle Fulbert est un monstre! et il est de fait , entre nous , que ce Fulbert était une franche canaille ; on ne se conduit pas comme ça en société... Enfin, c'est pour vous dire que j'étais malheureux comme les pierres, et

%i C09TS$ I^T VQTAGSS.

que quelquefois je n>vais pas un arlequin à me mettra sous la denl. Voilà qu'i^u jour, je rencontre David. Qu'esi-çe que lu fais? qqe je lui dis. -s-Rien, qu'il me répond, Touvirage np donne plus. — C*esi les tlrûtoij que je lui riposte, qui ne veulent pas faire travailler l'ouvrier. David me répond : Mon petit, les riches oui leur débine tout comme nous; d'ailleurs, ce qu'ils ont est à eux. Ainsi, à bas les pattes ; la misère ne vient pas de là, elle vient de ce que la chose de la société est mal emmaDchée pour le quart-d'heure, suite des tremblements qui se sont opérés dans la boutique. II faut dutemps, etbeivcoup, pour faire aller le tourne-broche à la satisfaction de tout le monde; enfin, un tas de raisonnements tous plus philosophiques et plus embêtants les uns que les autres. — J'admets ta raison, que je lui réplique, mais c'est dur tout de môme de crever de faim ! — On ne meurt pas de faim, qu'il me dit, on s'associe; avec l'associatioBf on peut faire do grandes choses ! — L'association ! que je m'écrie. Je connais ça, le phalanstère! des petites baraques bien alignées, où l'on mène une vie de satrape, avec un œil au bout de la queue ! Ça me va 1 nous auroos une queue de sixpieds; fichtre! dans notre état oa nous sera un peu utile pour toiser ! — Tais ton bec! qu'il m'apostrophe, je pars demain pour l'Icarie; veux-tu venir a\ec moiî — C'est-y bien loin? — Dam! qu'il me répond, ça n'est pas ici, mais nous fonderons une ville de travailleurs! Société choisie ! tenue soignée et de bon genre. — Ça va.

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que je lui dis; moi, d'abord, je mon le un (liéâire icarien, phalaiistérien, tout ce qu*ou voudra, et j'engage Frédéric fuand nous itérons richcb ! Le lendemain, nous parlions pourleliavre eu chemin de fer, trajet direct!

Au Havre, on nous empile sur la Belle-Amélie, capitaine Mouton 1 un vieux marsouin, un dur-a-cuire, qui se fichait de nous depuis le matin jusqu'au soir, il nous traitait d'ànes, de crétins, d'imbécilles; il nous rabâchait que noits crèverions de faim dans le pays où nous allions, «Uendu que ce n'était pas même un pays, vu qu'il n'avait jamais aperçu son nom sur la carte. Moi, je ne comprenais pas trop ce que cela voulait dire, parce qu'à cette époque-là je ne connaissais que les cartes de restaurateurs pour en avoir entendu parler par des modernes pendant que j'astiquais leur chaussure, et je me demandais ce qu'il y a\ait d'étonnant que l'Icarie ne filt pas sur la carte du gargotier. Enfln, ce Mouton enragé me tannait énormément parce que je me faisais une idée de Vlearie... Mais passons!

Nous arrivons à New-York. — Je demande à David qui est un savant, où l'on est quand on est à New-York, il ^ rtpond qu'on est en Amérique, ea me paraît un peu fort de café, mais enfin... Vive la France! Beau port! une forêt de mâts I des polissons de bateaux à vapeur qui sautent comme des carpes dans la poêle à frile, c'est ^^-t^ntill Nous visitons la vill^... nous allons au JardiNes-Plaptes , figurez-vous qu'il n'y a pas une seule

béte féroce dans co jardin-là ! et ils appellent ça un Jardin-des-Plantos !... Enfin, c'est leur idc^*; mais voîlà-H 11 pas qu'au moment de partir pour T [carie, mon salaw David ne veut plus démarrer? Le cœur «5tait pris, un sentiment quoi ! une bêtise. Nous sommes tous mortels...

A cet endroit de son récit, File-ton-Nœud reçut « forme d'interruption, un coup de pied que lui administra son ami David placé derrièi*e lui.

— Oh! s'écria l'intrépide narrateur, comme j'aurais paré la botte si j'avais eu ma queue de six pieds et M au bout! Nous nous embrassons en pleurant commoli fontaine des Innocents. Il reste, et moi je pars surun gredin de vapeur où la tristesse m'empoigne, que j'en s^ rais devenu idiot sans mon idée , le phalanstère que jf croyais trouver en Icarie... Enfin, nous débarquons dans un pays, que les naturels appellent le Texas, sans qu'on ait jamais pu savoir pourquoi. Un frère du pèfv (labet vient à nous, qui nous dît : Mes amours, l'Icarif est à deux pas, tournons à gauche, et toujours tout droit; nous marchons, nous marchons, que les jambes me rentraient dans l'estomac. Enfin, un beau matin, nous arrivons dans une grande plaine, le guide s'arrôte et dit : La main aux dames, voilà l'Icarie! Je ne vois rien. Ah ! c'fJi ça ricarle, tr^.s-bien. Arrive un vieux bonhomme, celai qui remplaçait le père Cabet. Comment que ça vaT qu'il nous dit. — Pas mal, et vous-même? — Donner-vous donc la peine de vous asseoir. Vous ie\m avoir faim?—

LA TOISON d'or. 25

Un peu.— -Alors on nous sert un plat de pommade de pomme de lerre. Je mange comme quaire, je bois de reau claire, et je vas trouver le chef de la communauté. — Vous n'y êtes pas, que je lui dis, vous vous êtes complètement blousé, mon vieux ; c'est pas ça le phalanstère, pas ça du tout.

— Le phalanstère, qu'il me répond en ouvrant de grands yeux, le phalanstère, petit malheureux, qui t'a jamais parlé d'un phalanstère?

—Vous ne connaissez pas ça? Travail attrayant ! courtes séances I amours à la papillonne !

— Horreur !

— J'ai vu, moi, un phalanstérien de naissance, un phalanstérien sans le savoir , qui m'a converti sans s'en douter! Travail attrayant 1 courtes séances I et il les faisait bonnes! C'était un agent de change chez qui je remontais la charpente de l'écurie. Et tout en travaillant, je le contemplais dans son enfilade de chambres à coucher. Il ^ levait à huit heures, et tout de suite, sans se faire tirer Toroille, il se mettait au travail : il se frisait, se bichonnaît, se pommadait; il faisait travailler ses bras, quoi ! A neuf heures, il lisait ses lettres, ses journaux, — travail de cabinet. A dix heures, c'étaient les mâchoires ; un rude travail, il déjeunait. Après ça, il se promenait sur le boulevard; histoire de faire travailler ses jambes... Puis, il montait en tilbury et allait à la Bourse travailler à gagner

de l'argent; enwvenant, il recevait en catimini mademoi-

CONTEfl ET VOTÀfllS.

selle Carabine. NûIok qu'il avait fin légitime, niairi eVtitit pour occuper h paplUonne. Le soir, il trouvait encore meyéA d'aller travailler la musique à TOpéra : un rade piocheur, celui-là! Mais, travail attrayant! counn séances ! de sorte que, converti par cet exemple , je m'écriai un jour : 0 honnête homme, je jure d*ètre phalanstérien 1

A ce moment un éclair déchira la nue et fut suIm d'un coup de tonnerre dans le lointain.

— Abrège, mon garçon, dit le capitaine.

— Trois minutes, et c'est fini!... Je n'eus pas plolJt

raconté la chose au bonhomme, que voilà qu'il se met î

m'agonir; c'est fameux que je me dis; nous ne oasserons

pas longtemps nos croûtes ensemble. Ah I tu crois que je

vais rester plus longtemps dans ta baraque de mona^

tërel Merci! Je vends ma tocante, et, ni vu ni connu,

je file mon nœud sans demander mon reste. Me \oili

dans des pays où le diable n'y connaissait goutte; je ne

nourrissais de cricris, de glands de chêne. Pas unrhaL

je ne savais où j'étais, ma parole d'honneur. J'aurai?

donné dix sons pour rencontrer un sauvage; mai$ 1^

sauvage est un animal très-rare qu'on ne voit plus qu'ai

Café des Aveugles. Je vas toujours de l'avant; un beau

jour je tombe sur un être humain : c'était un serpent à

sonnettes, ainsi nommé, comme dit l'autre, parce que

ses piqûres font venir des cloches. Cré coquin ! j'ai iV

eu peur! Enfin, pour achever la ehos#, je panîensi

joindre une earavane. Ah I il y a un Dieu I que je m'écrie. Je m'offre comme domestique , on m'accepte, et, insensiblement, j'arrive à Mazaitan, où je retrouve David qui m'emmène avec lui en Californie , à cette fin de ramasser des cailloux d'or pour enfoncer tous les Rothschild de la rue Laffitte. Et voilà ! . . .

En ce moment, un craquement terrible se fit entendre au-dessus du navire.

—Place à la manœuvre! En bas les passagers! cria le capitaine, dont les yeux inquiets suivaient depuis quelques instants la marche des nuages.

Le ton du capitaine annonçait un danger prochain et avait glacé d'efîroi l'équipage.

— D paraît, dit File-ton-Nœud, que nous allons dan* ser la chaloupe orage^ise. . .

En nn instant le pont fut vide ; les matelots fermèrent les écoutllles.

La n^er grossissait, les nuages s'amoncelaient en grondant, et roulaient si près des flots , qu'on eût dit deux océans prêts à lutter. Le vent qui soufflait du sud-ouest, tourna subitement au nord, et la Mouette, prise par lô travers, faillit chavirer.

— Serrez les voiles! cria Jack aux matelots qui montaient aux vergues, et il s'élança lui-même à la barre.

Son ordre ne put être exécuté. Une horrible rafale prit une seconde fois la Mouette par le flanc, et brisa ses deux <nàt8 qui tombèrent lourdement avec un bruit sdUrd , en

28 CONTES BT VOYAGES.

engloutissant dans les flots ou broyant sur le tillac les malheureux matelots occupés à serrer les voiles. Celte catastrophe avait été prompte comme la foudre. Désespéré, furieux et les joues inondées d'une sueur froide, le capitaine poussait des imprécations terribles et s*effor^ d'amarrer la barre pour saisir une hache et débarrasser le pont, lorsque, par toutes les écoutilles, surgirent, avec des cris effrayants, les passagers de la Mouette,

— Perdus! perdus! criaient -ils dans toutes les I«dgues.

Les mâts, qui pendaient à bâbord et frappaleal comme deux béliers la co<|ue du bâtiment, venaient <le déterminer une voie d'eau ; le flot montait dans lentr^* pont; mais les malheureux qui fu} aient la mort couraient d'un déluge à un autre. Toutes les cataractes do ciel venaient de s'ouvrir à la fois; la foudre éclatait; (h éclairs précipités enveloppaient le brick d'un cercle de feu... Au milieu de cette foule, que la violence des secousses aussi bien que la foi, précipitait à genoux sork plancher ruisselant et incliné du navire, Tom et Da^id. armés de haches, s'efforçaient de déblayer le pont de» débris de la mâture, quand tout-à-coup une lame énorme, une montagne d'eau soulevée par l'ouragan balaja le pont dans toute sa largeur I

A cette vue, une immense clameur avait surmonté un instant le bruit de l'ouragan; mais, un moment après, quand le brick se releva, toute voix humaine s était

éteinte. Sur le tillac désert , deux hommes sunivaient seuls : l'un tenait dans ses mains raidies le manche d'une hache dont le fer avait presque traversé d'outre en outre un des madriers du pont; Tautre était, pour ainsi dire, enroulé autour du tronçon qui marquait encore la place du mât de misaine. Ils revinrent à eux, leurs yeux se rencoutrërent, et, avec un cri d'une expression indicible, ils se jetèrent dans les bras Tun de l'autre. -Toml

— David!...

—Nous sommes condamnés, dit Tom... Mais au moins je ne mourrai pas sans avoir serré la main d'un honnête homme I

— Et mon petit! dit David en essuyant avec sa man* ehe l'eau de mer et les larmes qui l'aveuglaient. Mon pauvre File-ton-Nœud !

A ee mot, une voix glapissante et bien connue répon* dit du fond de l'abime :

— Présent !

David et Tom , malgré les mouvements du navire , se précipitèrent au bastingage et virent le jeune Parisien qui sortait de l'eau, et, jouant des pieds et des mains, se .servait du mât brisé gui pendait dans les flots, comme d'une échelle. En un instant, il sauta sur le pont avec la prestesse d'un baigneur sortant du canal Saint-Martin.

Les irois amis se tinrent longtemps embrassés.

— J'ai bu uu coup, dit File-ton-Nœud, et la limonade

tO CONTES ET VOTàGBS.

Q*est pas sucrée. Mais, me voilà!... Haintenanc, cette vieille careasse n'en a pas pour longtemps. Bon pied, bon œil, et tftcbons de déguerpir.

— Par quel moyen?

— Un radeau I comme dans le Naufrage de la Méduse! Ah \ saperlottei nous avons la chaloupe!

L'eau remplissait déjà Tentre-pont. A mesure que le brick enfonçait, les mouvements devenaient moins sensibles. En un clin d'œil , la chaloupe fut à la mef . Les deux Parisiens s'y précipitèrent, et Tom, qui retenait l'amarre, allait les suivre, quand un dernier coup de met arraeha la corde de ses mains et entraîna la chaloupe loin du navire avec la rapidité d'une flèche.

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