‹ Critiques et récits littéraires (volume 2)Chapitre 11 sur 27 · LE PLACER · texte numérisé non relu

LE PLACER

An placer! au placer! c'est-à-dire au plaisir 1 aux délices! — Dans celte langue espagnole, langue galante et romanesque, le placer, c'est le lieu du rendez-vous, c'est la promenade où Ton cligne de l'œil entre belles et cavaliers, c'est le salon où l'on se réunit le soir, c'est partout où l'on aime, où l'on joue, où l'on chante , où l'on s'amuse. Le placer était donc alors et avant tout l'endroit mu l'on trouvait l'or, où l'on passait de l'extrême pauvreté ;t l'extrême opulence; étonnez-vous que de tous côtés on n'entendît que ce mot : Au placer!

Tel est le cri que répétait gaiment l'hôtelier lui-même r en surveillant les préparatifs du départ.

LA TOISON D OR. Oi

Le lecteur comprendra cette gaîté et l'importance du marché que venait de conclure John Marshall, quand il saura que le rusé Américain n'avait pu encore élever, faute d'ouvriers, un hangar portatif dont il avait le plus grand besoin pour mettre ses chercheurs et ses laveurs dur à l'abri du soleil : il aurait payé vingt et même vingtcinq dollars la journée d'un charpentier s'il ai ail pu eu trouver un seul dans toute la contrée qui eut daigné se contenter d'un salaire aussi mince vu le renchérissement de toutes les denrées. Mais les ouvriers de San-Francisco avaient tous déserté leur profession, chacun travaillait aux mines pour son compte, et l'aubergiste dut considérer comme un secours du ciel l'arrivée de deux charpentiers étrangers, ignorant les usages du pays et les prix de toutes choses. Il suffisait de les entraîner dans une dépense supérieure à leurs ressources pour obtenir d'eux, comme équivalent du solde de leur compte, rengagement de construire la charpente tant désirée; ainsi qu'on l'a vu, le plan avait réussi. Les deux nouveaux débarqués étaient tombés en plein dans le traquenard de l'hôtelier.

John Marshall , ses domestiques et les deux Parisiens étaient montés chacun sur une mule aux jambes fines, au poil court et lustré , la véritable mule de selle [mula * xilla). L'hôte ne laissait à son bnarding-home que. te vieux James, chargé de garder l'établissement en son absence.

Quand les cavaliers furent affermis sur leurs étriers,

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John poussa un petit cri sauvage, et les mules partirent comme un flèche, à la grande satisfaction deFileton-Nœud, qui ne pouvait assez admirer la surprenante vélocité de ces intéressants quadrupèdes.

— C'est égal ! pensait-il, la Californie est un pays trèsamusant ; nous n'avons pas encore trouvé beaucoup d'or, mais rien qu'à voir la manière dont l'argent se dépense, il doit être facile à gagner.

— piles donc, patron, demanda-t-il à John, est-ce que c'est loin où nous allons?

— Ètes-vous déjà fatigué? dit John en riant.

— Moi ! j'irais comme ça jusqu'au Pérou ! Oh ! les chevaux, ea méconnaît; à Paris, quand j'en menais à l'abreuvoir, je les montais à poil, et j'entrais à l'eau à fo»J de train.

— Ne tourmentez pas trop votre mule, parce qu'elle^ Irès-entctée, comme ses pareilles.

— Entôtée! s'écria File-lon-Nœud, je voudrais voir ça !

Et il marcha au grand trot vers un buisson de cactus et de lianes qui longeait la route à quelques centaines de pas.

— Retenez votre ami, dit Marshall à David, il va se faire désarçonner.

— Ne craignez rien, répondit David.

File-ton-Nœud venait de lancer sa mule au galop; il

lui parlait, la flattait, la caressait en poussant un cri semblable à celui que l'hôte avait fait entendre au départ; h

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nule, arrivée prè3 du buisson, s'arrêta tout court; mais rïle-ton-Nœud la mania de tant do façons, en lui passant a main sur le cou, en l'excitant et en jouant avec elle , juVlle se décida enfin à franchir l'obstacle.

— Bravo ! s'écria Marshall; plus d'un franc muletier l'aurait pu en faire autant. Mais ne nous amusons pas à 'es bagatelles, ajouta-t-il, nous avons près do quarante milles à courir, il faut que dans cinq heures nous soyons sur les bords de San-Joaquin; c'est là où est situé mon placer.

— Houp 1 houp! cria File-ton-Nœud, qui venait de les rejoindre; des jambes, ma petite, et gagnons du terrain.

Les trois voyageurs couraient, emportés à travers un pays superbe, où s'épanouissait, sous une température tiède, une végétation luxuriante et pittoresquement accitloniée; une chaîne de petites collines vertes et fraîches s «'levait à leur gauche; à droite se déroulait une immense nappe de prairies et de champs couverts de moissons, coupée par des bouquets d'arbres et des ruisseaux semblables aux rivières d'un jardin anglais. Le soleil brillait dans toute sa splendeur; mais une brise légère rendait supportable la chaleur de ses rayons. A voir les» riches cultures de cette contrée bénie du ciel, on s'attendait à rencontrer à chaque pas une population nombreuse, aux mœurs patriarcales ; mais dans les villages et les hacienda* (fermes) régnait un silence de mort, et ce beau pays, malgré ses troupeaux, ses prairies et ses abondantes mois-

sons sur pied, semblait une terre maudite dont les habitants avaient fui, chassés par quelque terrible fléau.

— C'est gai comme un enterrement ! lit observer Fileton-Nœud ; on se croirait au cimetière Montmartre.

— Chacun est aux mines, répondit John. Voulez-vou> qu'on s'amuse à sarcler du blé ou à planter des citrouilles quand à trois pas plus loin on remue l'or à la pelle ?

Vers quatre heures les mules hennirent et s arrètèrem tout court. On était au placer du San-Joaquin.

La vallée du San-Joaquin est assez triste; la végétation en est riche, il est vrai; mais elle est interrompue par J** vastes langues d'un sable gris-noir. Quelques arbuste raehitiques, disséminés dans la vallée, rompent seul* U monotonie de celte perspeetixe droite et plane. Le San- Joaquin roule ses eaux limpides et tranquilles entre d^iv rixes tellement rapprochées à certains endroits, qu'elle lui donnent l'apparence d'un simple ruisseau. Les ca\:iliers aperçurent des points de toute couleur qui se détachaient en relief aux bords de la rivière : c'étaient il* chercheurs d'or.

— Voici le placer, dit John Marshall en se jetant au bas de sa mule essoufflée.

Le plus singulier spectacle s'offrit alors à la vue deux Parisiens; ils virent un assemblage d'individu* l<plus étranges : ici, des Indiens se pavanant dans des démises de calicot aux couleurs éclatantes, — les manière du sauvage sous les vêlements de l'homme civilisé. Là, d<*>

igures bronzées, des corps maigres et musculeux dont les ormes fines et le regard ardent annoncent la race espa- ;nole, causaient avec des Yankees aux cheveux blonds,

la figure en lame de couteau, gens habiles a conclure m marché et toujours prêts pour les coups; plus loin, à a chemise de laine rouge ou bleue on reconnaissait le uatelol déserteur de quelque baleinier. Plus loin encore,

étaient des Nègres marrons qui, en cherchant de for, causaient avec toute la volubilité particulière à leur race, élançaient leur tète laineuse, ou riaient aux éclats, en "ivrant jusqu'aux oreilles une bouche immense quegarlissem toujours deux rangées de dents blanches comme 'ivoire.

John Marshall alla tranquillement attacher les mules à m pi<% après avoir jeté sur chacune d'elles une grosse ouverture de laine, car aux placers tout le monde, femmes et animaux, vit dehors, môme aux heures où on se repose. Les tentes dressées, le long de la rivière, °nt tellement étouffantes en été, qu'il n'est possible d'y Ajourner que pendant la nuit.

L'arrivée de deux étrangers avait produit une certaine lotion dans la colonie nomade; on craignait qu'ils ne

Hissent pour leur compte au pays d'or {gold district) , ce

1UI eut diminué d'autant les chances des premiers occu-

fents; mais toute crainte cessa bientôt quand on entendit

tohn Marshall leur dire, en leur présentant des haches,

ta vrilles, des scies et tous les outils nécessaires au tra

vail delà charpente, qu'ils eussent à se meure au plus toi à l'ouvrage pour la construction du hangar.

Les dpux amis prirent les outils et se mirent irumédi*tement à l'œuvre.

Ils travaillaient tout au bord de la rivière ; mai* , pta malheureux encore que Tantale, il ne leur était pas \>\ mis de se plonger dans les flots où l'or nageait en pailltttes; ils entendaient les cris de joie, les exclamations i surprise que soulevait de temps en temps une trouvait merveilleuse; alors, ils se mettaient à l'ouvrage avec un; sorte de fureur. File-ton-Nœud surtout avait peine à w(r dérer sa mauvaise humeur, et il ne trouvait plus aussi favorable le marché qu'il avait conclu le matin.

Cependant, ils suivaient du regard tous les mouvement des chercheurs d'or, et prenaient en quelque sorte des leçons pour le jour où, devenus libres, ils pourraient, eiu aussi, se livrer à la pôche miraculeuse.

Les moyens employés par los chercheurs d'or étaieoî des plus simples.

Le San-Joaquin , comme la plupart des ruisseaux ûu l'or est charrié en parcelles entremêlées au sable, est un torrent qui se précipite de la montagne à travers des n>chers, Le sol qu'il traverse est d'un rouge jaunâtre. Lïr fin ne se trouve que dans los parties les plus basses du In du torrent.

L'explication de ce phénomène est facile à donner presque tous les rochers de )a haute Californie sont d'ut*

omposition molle, friable et incapable de résister à Façon dissolvante des variations de l'atmosphère. A une porjue reculée, ces montagnes se sont affaissées sur elles- )?mes et pulvérisées en maint endroit. L'or qui s'y trouait a été par ce fait dégagé des autres matières adhérents au granit des rochers. Les lingots d'un certain poids

ont pu <Hre arrachés des flancs des montagnes, mais or fin, réduit en imperceptibles parcelles , a été entraîné usque dans les vallées par les pluies et les courants «'elles formaient. C'est donc dans le gravier, et au mi- •eu de cette terre rougeâtre qui formait le lit de la rivière, ue l'or se trouvait en plus grande abondance. On le dé-* agcaitdu sable, auquel il était môlé, au moyen de langes opérés avec des terrines d'étain ou des vases de terre.

File-ton-Nœud fit observer à David le mouvement de dation que les laveurs faisaient opérer à leurs tamis att «ornent où ils séparaient les paillettes de la partie la plus Fossière du sable. Il les voyait, quand le tamis ne content plus que l'or môlé à un sable très-fin, exposer au ;o'eil le tout sur des planches ou sur des fourreaux de lraPi puis, quand l'humidité était absorbée, souffler, soit la bouche , soit avec un soufflet , pour enlever le }ab|e, tandis que l'or restait, grâce à son poids spécifyueplus considérable. Les deux amis remarquaient que, ?ar ce procédé grossier, une assez grande partie de l'or e Plus fm était emportée avec le sable.

Quelquefois on découvrait dans le sable étendu au soleil,

des grains aurifères de la grosseur d'une lentille, et même d'une noisette; ces petits lingots nommés en espagnol pepitas, pépins, noyaux, à cause de la ressemblance qu'ils offrent avec les noyaux de certains fruits, étaient de formes diverses, et contenaient encore dans leurs flancs quelques veines et fragments de quartz.

D'autres mineurs avaient aussi recours à des machin* très-simples, et dont la forme ressemblait à des berceaux d'enfants. L'action de bercer répondait au mouvement , circulaire que les premiers imprimaient à leurs écuelte L'eau, la bourbe et le sable fin s'échappaient par le fond de la machine, sur une série de barres croisées qui oppo- *■ saient un obstacle suffisant au passage des grosses parti* de l'or. Au sommet du berceau , ils plaçaient un taraicomposé de larges mailles sur lesquelles ils jetaient I? terre sulfureuse. La machine étant mise en mouvement, l'eau qu'ils versaient dans le tamis entraînait au fond For et le sable fin, pendant que le gravier était retiré.

Mais toutes ces méthodes très-imparfaites condamnaient les travaux à une lenteur considérable, et faisaient perdit la moitié du précieux métal qu'on aurait pu recueillir.

Le soir venu, et les travaux terminés, le placer se tranv formait en un rendez-vous de plaisir, et méritait bien sor nom. Tous les rangs étaient mêlés, confondus; c'était l'égalité devant l'or. Les magistrats, les médecins, te ouvriers, tous jouaient, causaient, mangeaient ensemble Les dames espagnoles qui avaient suivi leur? maris orga-

hk Toisoa d'or.

isaient chaque soir un fandango sur le gazon devant les ?ntes. Le fandango qui, dans lu principe, désigne une spèce de danse , s'applique dans ce pays à une soirée ansante. Les sons joyeux de la guitare et du violon se îêlaient aux cris des danseurs et des danseuses. Une sscmblée des plus pittoresques formée en cercle, où chaun fumait son cigare, applaudissait les danseurs qui fanaient comme les autres. Les danseuses, dont ou ne xmvait trop admirer les brillants costumes et les gracieux mouvements, ne semblaient pas seulement danser les pieds et des jambes, mais de tout le corps. File-ton- Sœud avait la tête tournée par ces fandangos, et il y ouait son rôle avec une verve et un entrain qui le faisaient d'autant plus remarquer qu'il brodait admirablement sur le canevas de la danse espagnole les fioritures scheveléesdu cancan paiisien.

A une heure assez avancée de la nuit, les danses cessaient; on allait chercher le sommeil sous les tentes pendant que les sentinelles placées autour du camp veillaient, le fusil au bras, sur les trésors de la communauté.

Les deux ouvriers qui voyaient leurs compagnons s'enrichir heure par heure, pendant qu'ils -ne gagnaient, eux, lue dix malheureux dollars par jour, ne supportaient leur position qu'avec une impatience bien facile à concevoir. File -ton -Nœud surtout nourrissait contre l'hôte

«ne haine profonde depuis aue David lui avait révélé le

machiavélisme dont celui-ci avait usé envers eux pour les forcer en quelque sorte à la construction de son hangar, et il proposait à son compagnon de fuir vers un autre placer pour faire fortune.

— Nous irons au Sacramento dont nous possédons h Carte, disait-il, une rivière un peu plus poissonneuse ea lingots que le San-Joaquin !

— Nous devons cent quatre-vingt-dix-sept dollars à c* juif américain, il faut le rembourser avec de l'afgeat oa avec de l'ouvrage, répondait David.

— Mais il s'est comporté avec nous comme un rion ifc rien! s'écriait File-ton-Nœud exaspéré.

— Ce n'est pas une raison pour l'imiter. El l'homife ouvrier se remettait à la besogne,

File-ton-Nœud , tourmenté par l'idée de remboursé John Marshall, résolut d'employer l'heure et demies repos dont il pouvait disposer chaque jour après son déjeuner à chercher de l'or. Sans communiquer son projeta David, il fit semblant de se promener, remonta le cour* de la rivière à un quart de lieue du placer, et rapport» un peu de poudre d'or, mais en si petite quantité, qu'il était presque désespéré.

H recommença pourtant son excursion le lendemain Cette fois, il revint triomphalement apporter à David w lingot qui pesait douze onces d'or.

— Où as-tu pris cela? demanda David.

— Pris ! répondit File-ton-Nœud ; c'est trouvé qu'A

faut dire, et il lui expliqua de quelle manière ce lingot était tombé en sa possession.

— Douze onces d'or à seize dollars Ponce cela fait cent quatre-vingt-quatre dollars; allons voir John Marshall, et qu'il fasse finir son hangar par qui il voudra. Dès ce moment, nous sommes libres.

— Vive la liberté I s'écria File-ton-Noeud.

Mais les douze onces d'or ne faisaient pas l'affaire de John Marshall ; il exhiba le traité signé avec trop de précipitation par les deux ouvriers pour qu'ils en connussent les clauses. Par ce traité, David et File-ton-Nœud s'étaient engagés à payer l'hôte en travail, c'est-à-dire jusqu'à la parfaite construction du hangar ; Y attorney gênerai de la reine des îles Sandwich, à qui la fièvre de l'or avait fait abandonner son poste et qui se trouvait ail placer, ayant été consulté sur cette grave question , donna complètement raison à John Marshall.

File-ton-Nœud écumait. Quant à David, dont le parti était pris après ce qui venait de se passer, il fit semblant de se soumettre, mais, en revenant au chantier, il dit à son ami :

— Nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour rembourser cet homme, notre conscience ne peut donc non nous reprocher désormais ; nous décamperons à la première occasion.

— A la bonne heure! répondit File-ton-Nœud. Mon Jton de fuite est arrêté.

— Quel est-il?

— Ce soir, c'est à mon lour de relever les sentinelles ; je suis le caporal de la chose ; à onze heures, quand tout dormira au camp, je viens te prendre, je dis le mot d'ordre et nous filons.

— C'est convenu, le reste à la grâce de Dieu.

Et ils se remirent au travail comme les jours précédents.

Le soir tout s'exécuta comme l'avait dit File- ton- Nœud. Les deux amis armés chacun d'un fusil dirent le mot d'ordre et passèrent. File-ton-Nœud, caporal, ce soir-là, allait relever la dernière sentinelle, c'était dans l'ordre; mais, parvenus à cette dernière vedette, restait une difficulté à résoudre; la sentinelle qui ne se voyait pas relevée laisserait-elle passer les deux fugitifs! File-ton-Nœud paya d'audace: Camarade, dit-il au dernier factionnaire, on craint quelque attaque pour cette nuit; on a vu tout le jour rôder autour du placer des figures sinistres; j'ai reçu l'ordre d'aller poser une sentinelle perdue dans ce fourré là-bas (il désignait un bouquet d'arbres situé à deux cents pas environ]; attende! quelques minutes, et je viens vous relever.

— Muy bien (très-bien), répondit l'homme en faction qui était mexicain.

Apres avoir franchi le poste, les deux amis marchèrent d'abord en silence et sans presser le pas. Leurs cœurs battaient. lisse croyaient arrivés au terme de leurs vœux ; ils étaient libres, ils foulaient le sol californien, f

no s'agissait plus que de parvenir aux bords du Sacraraento, et de retrouver, grâce à la carte qu'ils possédaient, les jalons des mines merveilleuses découvertes par l'ami de l'Américain.

Arrivés au cœur du fourré, ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, et passèrent rapidement leurs fusils en bandoulière.

— Maintenant, jouons des jambes, dit File-ton-Nœud, ei bonsoir la compagnie !

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