SÉPARATION
2 '1 juin 1878
Séparation. — Certes, il était beau de niamanler l'ombre et d'argenter tout un ciel, rien que par l'heureux arrangement de douze syllabes ; mais ces miracles ne seront plus faits désormais, parce qu'ils sont devenus inutiles. Montrer l'obscure clarté des astres ou la sereine blancheur de la lune, c'est désormais a (Taire au lampiste, et la magie se paiera au mois, comme le chauffage et le balayage. La iière poésie, qui n'a besoin de rien et de personne pour régner sur le monde, retournera à l'ode et à l'épopée ; quant au théâtre, il sera envahi par deux courants très divers. D'un côté la féerie, embellie par les derniers progrès mécaniques et photogéniques ; de l'autre la comédie réaliste, moderne, bourgeoise, allant droit au fait, affectant de plus en plus la concision d'un siècle affairé et du style télégraphique.
5 août 1878
Désillusion. — Certains drames gagnent à être entendus dans une langue étrangère qu'on connaît à demi. Le mouvement des scènes, l'expression draina tique du chant, le jeu des acteurs, la pantomime éveillent des idées claires et qui s'enchaînent bien ; une tragédie vraie et touchante se construit d'elle-* même dans notre cerveau. Mais si, au contraire, les